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Environnement

Charente-Maritime : Aytré replongée presque dix ans en arrière lors de la tempête Xynthia

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Par , France Bleu La Rochelle

Quinze communes du littoral de la Charente-Maritime participent à un exercice submersion à l'initiative de la préfecture, depuis jeudi 16 heures et jusqu'à ce vendredi 10 heures. Parmi elles, Aytré qui a ainsi pu tester son dispositif d'alerte et d'information auprès de ses habitants.

Poste de commandement communal à Aytré (Charente-Maritime)
Poste de commandement communal à Aytré (Charente-Maritime) © Radio France - Sonia Ghobri

Aytré, France

Quinze communes du littoral de la Charente-Maritime participent à un exercice submersion depuis jeudi 16 heures et jusqu'à vendredi matin. Pour écrire le scénario la préfecture s'est inspirée de la tempête Xynthia qui a fait 47 morts dont 12 dans le département. C'était il y a presque dix ans, dans la nuit du 27 au 28 février 2010. 

Aytré est l'une des communes qui participent à cet exercice grandeur nature, notamment pour tester le nouveau dispositif d'information de la population. "A l'époque, le maire était adjoint et avec d'autres élus du conseil municipal ils sont allés frapper aux portes sur la route de la plage. Mais trois personnes sont décédées, elles n'ont peut-être pas été informées ou pas suffisamment. Alors aujourd'hui on est dans l'aboutissement d'une réflexion menée après Xynthia", explique Arnaud Latreuille, adjoint au maire à la culture et l'animation de la ville.

16h30 : le département est placé en alerte orange vent violent et vagues submersion

La situation s'est tendue progressivement lors cet exercice. Aux alentours de 16h30, le département est placé en vigilance orange vent violent et vague- submersion. Pour l'instant pas de raison de s'alarmer, la commune déploie ses mesures de sécurité habituelles : "à savoir la fermeture des parcs et cimetières, des restrictions de circulation dans certaines zones et puis on diffuse les informations sur nos différents supports de communication : panneaux, réseaux sociaux, site internet. _Mais on n'en est pas encore à ce moment-là  à l'envoie de SMS et d'appels"_, précise Stéphane Doucinot, responsable de la communication à la mairie d'Aytré et en charge de la communication dans le cadre de la cellule de crise avec Arnaud Latreuille. 

21H30 : le département passe en vigilance rouge 

Pour cela, il faut attendre que le maire et aussi Commandant des Opérations de Secours (COS) déclenche un Plan Communal de Sauvegarde (PCS). Il l'a activé dans la soirée, lorsque Météo France - qui participe également à l'exercice - a délivré un nouveau bulletin, plaçant cette fois le département de la Charente-Maritime en vigilance rouge au vent violent et vagues-submersion. 

"J'ai été appelé à 21h37 exactement. J'étais en réunion, j'ai rappelé deux minutes plus tard ; puis j'ai mis sept minutes à arriver à la mairie d'Aytré où se trouve le Poste de Commandement Communal (PCC)", raconte Arnaud Latreuille. L'adjoint s'est immédiatement immergé dans l'exercice : "Je savais que nous avions cet exercice mais je ne savais pas à quelle heure il allait commencer. On découvre les détails au fur et à mesure". 

22 heures évaluation de la situation 

La situation est certes moins stressante que s'il y avait réellement eu une tempête mais tout le monde reste très impliqué au sein de la cellule de crise : il y a des échanges d'informations avec les services de la préfecture, avec les gendarmes, les pompiers ; il faut identifier les différentes problématiques et anticiper la crise : "vers 22 heures la marée est descendante pour le moment et elle va remonter à partir de 7 heures du matin, ce sera le moment le plus fort de l'événement climatique. On est un peu en décalé dans le temps par rapport à Xynthia, lors de la tempête de 2010, le gros de la crise c'était vers 3 heures du matin. On peut tenter de mettre en sécurité la population, on peut sauver des vies", poursuit Arnaud Latreuil. 

23 heures : les habitants sont alertés 

Depuis la tempête Xynthia la ville d'Aytré s'est équipée d'outils pour alerter la population. Les habitants dont le numéro figure dans les Pages Blanches, reçoivent un appel sur leur téléphone fixe. Un serveur vocal délivre le message d'alerte et il faut appuyer sur la touche "1" pour confirmer qu'il a bien été entendu. La commune a également envoyé des SMS mais pour cela il faut s'inscrire sur le site de la mairie, www.aytre.fr, afin de communiquer son numéro de portable. 

Deux types de message ont été envoyés jeudi soir vers 22h55. L'un à tous les habitants inscrits sur la liste : "Ceci est un exercice restez calme ! La mairie d'Aytré procède actuellement à un exercice d'alerte en vigilance rouge pour vent violent et vagues-submersion. Vous recevez cette information dans le cadre du plan communal de sauvegarde (PCS) activé en mairie. Pour en savoir plus rendez-vous sur le site www.aytre.fr. Pour rappel ceci est un exercice". Certains habitants inquiets ont tout de même appelé le standard de la mairie.
Le second ciblait ceux qui ont accepté de participer à l'exercice submersion : " Ceci est un exercice. La mairie d'Aytré vous informe que le territoire est placé en vigilance rouge pour vents violents et vagues submersion. Si vous habitez entre la plage et le boulevard Clemenceau et afin de d'assurer votre propre sécurité merci d'évacuer les lieux et de gagner par vos propres moyens la maison Georges Brassens au 43 rue du 8 mai 1945. Emportez lampe torche, vos médicaments et vos animaux si possible en cage. Pour en savoir plus rendez-vous sur www.aytre.fr". 

23H20 : les bénévoles se rassemblent dans une salle communale 

La plupart des bénévoles sont arrivés moins de vingt minutes plus tard. Angéline ne vit pas dans une zone submersible mais elle voulait aider. "C'était un test pour savoir si les messages téléphoniques fonctionnaient bien et je confirme ça marche. Puis quand je suis arrivée, j'ai été dirigée vers le point d'accueil où l'on m'a demandé mon nom, ma date de naissance, mon adresse, les coordonnées de la personne à prévenir si besoin".

De la nourriture, des boissons leur ont été proposées. Les bénévoles ont pu échanger autour d'une table. Francis 63 ans est un peu déçu de l'exercice : "je m'attendais à voir des pompiers, la protection civile, je suis un peu surpris". Les pompiers sont engagés sur des opérations à l'extérieur jusqu'à 10 heures du matin ce vendredi, tout comme les agents d'Enedis ou du département. Les bénévoles ont pu regagner leur domicile aux environs d'une heure du matin. 

Francis vit près de l'océan à Aytré, il se rappelle bien de la tempête de 2010 : "Quand il y avait Xynthia j'étais sur une île. La mer n'était pas entrée dans ma maison mais j'étais encerclé. Maintenant, la digue du littoral me rassure un peu mais bon on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve : il peut y avoir Xynthia + 60 centimètres et l'eau passera encore au-dessus. Quand on voit la pluviométrie, ce n'est pas rassurant. En juin, nous avons eu une tempête hivernale je n'avais jamais vu ça. Je vis en Charente-Maritime depuis une quarantaine d'années". 

Salle Georges Brassens où les bénévoles de l'exercice submersion se sont rassemblés - Radio France
Salle Georges Brassens où les bénévoles de l'exercice submersion se sont rassemblés © Radio France - Sonia Ghobri

Cette nuit du 27 au 28 février, Thomas lui, est resté perché de longues heures sur une statue aux Minimes, jusqu'à ce que les pompiers viennent lui porter secours. L'homme âgé de 30 ans est en vacances alors il s'est inscrit pour participer à cet exercice submersion et une mission lui a été attribuée : jouer le rôle d'une personne ivre. "J'étais chez amis à Aytré pour faire la fête. J'ai bu. J'habite à Lagord qui n'est pas en zone submersible donc on ne m'a pas informé de cette tempête. Mes amis eux sont informés alors ils tentent de me dissuader de partir mais je suis ivre et je décide de rentrer chez moi à vélo à leur grand désarroi. Résultat des comptes : je me retrouve bloqué et on me ramène dans la salle pour pouvoir passer ma nuit en sécurité. _Sauf que je fais des bêtises, je me dispute avec mes voisins, jouer à cache-cache pour gérer le stress et l'énervement des gens_".

D'autres aléas ont été prévus dans le scénario. "La préfecture ne s'est pas privée de nous donner quelques soucis : un batardeau qui ne se ferme pas, des embouteillages sur les routes après l'ordre d'évacuation", sourit Alain Tuillière, le maire d'Aytré. 

Un bilan de cet exercice submersion sera dressé à la préfecture de la Charente-Maritime en fin de matinée. 

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