Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus

Coronavirus et qualité de l'air : jusqu'à 80% de pollution en moins au bord des grands axes routiers isérois

-
Par , France Bleu Isère

"Atmo Auvergne Rhône-Alpes" vient de rendre publique une étude sur l'impact du confinement de la population sur la qualité de l'air qu'on respire. Si le bilan est mitigé pour les particules fines, la pollution au dioxyde d'azote liée au trafic routier enregistre un baisse spectaculaire en ville.

Vue aérienne de Grenoble un jour de pollution (illustration)
Vue aérienne de Grenoble un jour de pollution (illustration) © Radio France - Véronique Saviuc

Les Riverains de la rocade sud de Grenoble ou ceux de l'A43 à l'entrée de Lyon respirent beaucoup mieux depuis le début du confinement. Pas de bouchon matin et soir, beaucoup moins de voitures chaque jour et une chute vertigineuse du taux de dioxyde d'azote dans l'air : jusqu'à 80% par endroit dans les bassins grenoblois et lyonnais. Gladys Mary correspondante territoriale pour l'Isère chez Atmo (l'organisme qui mesure la qualité de l'air en Auvergne Rhône-Alpes) est l'invitée de France Bleu Isère pour commenter cette étude qui vient d'être rendue publique.  

Gladys Mary est l'invitée de Nicolas Crozel sur France Bleu Isère

Après plus de deux semaines de confinement, est ce qu'on respire mieux ?  

Oui clairement. on constate une nette amélioration de la qualité de l'air notamment sur les polluants qui sont liés au trafic. On observe une diminution très sensible du taux de dioxyde d'azote en proximité routière. On peut atteindre jusqu'à 80% de baisse dans des zones à proximité d'autoroute par exemple ou aux abords d'une rocade comme celle de Grenoble. 

On remarque une baisse plus modérée en milieu urbain, mais quand même de l'ordre de 40%. Le "milieu urbain" étant par exemple les centres-villes de Grenoble, Voiron ou Bourgoin-Jallieu, ou les habitations sont assez éloignées des grands axes routiers. On est aussi sur des taux équivalents en zone résidentielle.

Pour les habitants les plus proches des grands axes, ceux qui ont le nez sur la rocade de Grenoble ou l'autoroute c'est considérable ? 

Oui c'est une baisse très importante qui s'explique par la forte baisse du trafic routier, notamment des voitures des particuliers. La diminution est plus faible au niveau des poids-lourds car l'économie continue de tourner, mais quand même. Plus on habite en zone exposée traditionnellement aux voitures, plus la baisse est forte. Elle est évidemment beaucoup moins marquée à la campagne mais c'est normal puisque les taux habituels sont aussi beaucoup plus bas.

La circulation a baissé mais qu'en est-il de la pollution liée à la production industrielle ? 

Effectivement, toutes les usines ne se sont pas arrêtées et donc la pollution industrielle continue d'exister même si elle diminue malgré tout. Et on s'attend à ce qu'elle baisse encore, car certaines usines fonctionnent avec des fours qui ont une inertie importante et des "process" longs pour arrêter leur production. Ces industriels n'avaient pas forcément mis leur activité à l'arrêt pour un confinement de seulement deux semaines, mais comme la durée a été prolongée, ils vont peut-être devoir le faire.  

Par contre le constat est différent quand on regarde la pollution aux particules fines ?  

Oui car ce polluant est produit certes par les véhicules, mais en petite quantité, et il est surtout le fruit du chauffages au bois "non-performant". Or les isérois, comme les autres français, sont confinés chez eux au quotidien, les températures ont baissé ces derniers jours, et donc ils allument plus leur chauffage et le font durant toute la journée. Du coup, on a bien une baisse de 10% du taux de particules à proximité routière mais si on regarde la moyenne du département, on observe plutôt une stabilisation, voire par endroit une hausse, de la pollution aux particules fines. 

Il faut aussi noter une hausse du brûlage des déchets verts des particuliers, même si c'est interdit. Ceux qui sont confinés chez eux et qui ont un jardin s'occupent en coupant leurs haies ou tondant leur pelouse et les déchetteries sont fermées. D'où la tentation de brûler à l'air libre, ce qui est très polluant. Il faut aussi ajouter l'épandage agricole assez important en ces derniers jours de mars. On est toutefois loin des niveaux de pics de pollution pour le moment.

Comment vous avez travaillé ? Sur quelles bases vous avez fait ces comparaisons ? 

Alors on a mené une double étude. D'abord on a comparé ces deux semaines du mois de mars avec une moyenne des périodes équivalentes ces cinq dernières années pour se dédouaner de la météo et observer l’évolution selon des normes saisonnières.  Et puis on a comparé deux journées : celle du 21 mars, donc en période de confinement, avec celle du 12 mars, donc avant le confinement, deux journées avec une météo similaire.   

À la vue de ces résultats, faut il ouvrir ses fenêtres ? 

Alors oui, plus que jamais car l'air intérieur est très pollué. On est exposé aux peintures, aux solvants, aux colles. C'est valable en temps normal et là c'est d'autant plus vrai qu'on est confiné toute la journée et souvent à plusieurs dans les habitations.  Donc il faut ventiler, aérer. Rappelons aussi que la pollution de l'air au quotidien fragilise les voies respiratoires. Que toutes les personnes qui habitent dans des zones qui ont une exposition chronique toute l'année sont plus fragiles et donc potentiellement plus vulnérables à la propagation du coronavirus.     

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu