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Crise climatique, coronavirus : des "petits effondrements" avant-coureurs pour les Creusois collapsologues

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Par , France Bleu Creuse

Des magasins dévalisés, une économie à l'arrêt, la nature qui reprend ses droits : la crise du coronavirus a bouleversé nos manières de vivre. Pour certains Creusois "collapsologues", elle montre à quel point nous ne sommes pas très loin de l'effondrement.

La Gartempe, en Creuse
La Gartempe, en Creuse © Radio France - Olivier Estran

La fin du monde serait-elle pour demain ? La question est provocante, mais elle a le mérite de traduire une inquiétude partagée par beaucoup : après la crise du coronavirus, qui nous a mis à l'arrêt pendant deux mois, et avec la crise climatique dont on sent les effets jusqu'en Creuse, plusieurs Creusois adhèrent à la "collapsologie", une réflexion autour de l'effondrement prochain de notre société industrielle, et les manières de préparer "l'après".

La crise climatique cimente les inquiétudes

Près de Guéret, Cathy réfléchit sur ce thème de l'effondrement depuis bien avant le coronavirus. L'une de ses prises de conscience majeure concerne le climat : "l'été dernier, en me promenant près de chez moi le long de la Gartempe, j'ai été choquée. Il n'y avait plus de quoi tremper les pattes d'un moineau ! Je n'ai jamais vu ça. A Guéret, à chaque fois qu'on tournait le robinet, on se disait 'si ça trouve, il n'y a plus d'eau qui coule'.

Myriam, elle aussi collapsologue, appuie : "Je m'intéresse aux rapports du GIEC, aux espèces qui disparaissent ... à 40 ans, je me rends bien compte que le climat change, qu'il n'y a plus de neige par exemple. Tout ça mis bout à bout, on se dit qu'on ne va pas dans la bonne direction." La fin ou la raréfaction des ressources, la disparition de la biodiversité et la question des pollutions sont quelques uns des thèmes majeurs de la collapsologie, avec la montée des inégalités. 

Autant de risques systémiques qui laissent augurer d'un effondrement dans un avenir proche, pays par pays, selon ses tenants. "Pendant très longtemps, on a pensé qu'on s'en sortirait, argumente Myriam. Avec la collapsologie, on dit 'on y est, on accélère, on n'a pas fait les changements à temps, et c'est trop tard.'" A ses yeux, la crise du coronavirus fait partie de ces signes avant-coureurs. 

Et pas besoin de connaître le mot "collapsologie" pour s'inquiéter : "Mes voisins de 80 ans me disent 'oh là là, c'est incroyable, si tu voyais les oiseaux qui ont disparu par rapport à avant', explique Myriam. Même si on n'utilise pas le terme, on se rend compte que beaucoup de gens ont conscience que nos modes de vie ne sont pas pérennes dans le temps." 

Le repli sur le local, et le besoin de devenir autonome

Une fois ce constat posé, que faire ? Agir, répondent Cathy et Myriam, pour ne pas se laisser abattre : "Tout peut se passer localement, affirme Cathy. On ne se réjouit pas que tout s'effondre, on espère plutôt la décroissance." Les deux Creusoises parlent de lutter contre la société de "surconsommation" : "Je ne vais plus dans les supermarchés, mais chez les producteurs locaux. J'essaie d'éviter de prendre la voiture, j'achète des habits d'occasion", liste Cathy.

Pas de survivalisme, mais de l'autonomie

Myriam défend elle aussi un changement d'échelle : "On a installé des panneaux photo-voltaïques. Je me suis mise au jardin, aux conserves. Même en ayant grandi à la campagne, je ne l'avais jamais fait !", sourit-elle. Ce qui n'exclut pas l'entraide, bien au contraire : "Pendant le confinement on a fait des achats groupés, et raisonnés pour tout le village." "Ça n'est pas du survivalisme, prévient Cathy, mais de l'autonomie".

Cette autonomie, les deux femmes l'ont aussi cultivée en lisant beaucoup, sur internet ou ailleurs, les thèses des collapsologues comme Pablo Servigne par exemple. "Il faut avoir un certain niveau de conscience, avoir réfléchi, souligne Cathy. J'en ai parlé quelques fois autour de moi, mais on me prend pour une cinglée ! C'est vrai que c'est effrayant au premier abord de parler d'effondrement." Plusieurs groupes Facebook rassemble également des collapsologues de tout le pays. Parmi eux, La collapso heureuse, dont elles sont membres, compte un peu moins de 30.000 membres.

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