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De nouveaux travaux pour limiter les odeurs d'œufs pourris à Frontignan

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Par , France Bleu Hérault

Du mardi 13 au vendredi 16 avril 2021, des travaux sont réalisés dans le canal du Rhône à Sète, à Frontignan (Hérault). Cette opération, commandée par Esso, groupe auquel appartient Exxon Mobil, vise à limiter les odeurs nauséabondes que les riverains subissent depuis une trentaine d'années.

Le plongeur a un scaphandre qui lui permet de respirer sous l'eau et de communiquer avec ses collègues, restés à quai, qui l'aident et lui apportent les outils dont il a besoin.
Le plongeur a un scaphandre qui lui permet de respirer sous l'eau et de communiquer avec ses collègues, restés à quai, qui l'aident et lui apportent les outils dont il a besoin. © Radio France - Clara GUICHON

Les odeurs d'œufs pourris à Frontignan (Hérault) vont-elles enfin disparaître? Le groupe pétrolier Esso (auquel appartient Exxon Mobil) a commandé des travaux, dirigés par Antea Group, une société d'ingénierie spécialisée sur les questions environnementales. Les professionnels interviennent dans le canal du Rhône à Sète, du mardi 13 au vendredi 16 avril 2021.

Deuxième opération de travaux

Des travaux avaient déjà été réalisés, à l'été dernier, pour tenter de venir à bout de ces odeurs nauséabondes qui persistent depuis une trentaine d'années. Des canalisations avaient été nettoyées voire remplacées. Mais le problème n'avait pas été réglé. 

Depuis sept mois, le groupe pétrolier réalise d'autres analyses en partant d'un constat de base : les odeurs nauséabondes sont dégagées lorsque le niveau de l'eau du canal est bas

"Il y a des trous et des fissures sur les parois du canal, explique Hervé de Gréef, responsable de l'environnement du groupe Esso. C'est par ici que les nappes phréatiques - souillées d'hydrocarbures à cause de l'ancienne raffinerie Exxon Mobil de la ville - sont déversées dans le canal. Ce qui est classique. Le problème, c'est que quand le niveau est bas, ces sorties d'eau sont au contact de l'air. Cette réaction chimique produit de l'hydrogène sulfurée (H2S), ce qui dégage ces odeurs."

Le but est donc de travailler sur ces interstices. Et cette tâche revient à trois plongeurs de Satif, une entreprise de travaux dans les milieux aquatiques. À tour de rôle, scaphandre sur la tête, ils s'immergent dans l'eau pour détecter ces interstices et les compenser.

"C'est de la plomberie, explique Hervé de Gréef. On va mettre un tube, en forme de coude, au niveau des trous, de façon à faire descendre l'eau un peu plus bas et on va colmater les fissures. Le problème, c'est que le quai est très abîmé. Lors des premières analyses, on avait détecté cinq spots. En fait, il y en a le double. Il est donc possible que les équipes reviennent quelques jours de plus."

Cette solution est temporaire. Les hydrocarbures qui ont pénétré dans les nappes phréatiques viennent sans doute du site de l'ancienne raffinerie d'Exxon Mobil. La dépollution du lieu doit commencer en 2022.

Des résultats à suivre dans les prochaines semaines

Cette nouvelle hypothèse n'est pas si nouvelle : "Ça avait déjà été plus ou moins formulé", précise Hervé de Gréef. Alors pourquoi des recherches pendant près de trois ans ? 

Depuis le mois de janvier, la société procède à des excavations, sur l'ancien site de la raffinerie, sous une tente géante. Elle a permis de faire des tests. "Les équipes étaient aussi sur place, ce qui a permis de faire des rondes autour du canal à chaque épisode d'odeurs nauséabondes".

Alors pourquoi des recherches pendant près de trois ans? Explications de Hervé de Gréef, responsable environnement du groupe Esso

L'hypothèse que le problème vienne de là n'est pas la seule, mais elle est la plus pertinente, selon Hervé de Gréef : "Il est possible qu'il reste des odeurs, je pense par exemple au fait que l'eau des égouts s'écoule par ici." Les résultats d'analyse devraient arriver d'ici au mois de mai. "Nous ferons en sorte que ces odeurs s'arrêtent, quoi qu'il arrive, ajoute Olivier Laurent, maire-adjoint délégué à la prévention des risques, à la lutte contre les pollutions et aux économies d’énergie. Si ce n'est pas le cas, nous continuerons les recherches."

"J'espère qu'on pourra se balader à côté du canal sans avoir l'envie de vomir." - Céline Laurens, habitante de Frontignan qui milite contre ces odeurs depuis trois ans.

Du côté des riverains, ces nouvelles sont rassurantes. Céline Laurens habite dans une rue parallèle au canal. Elle milite contre ces odeurs nauséabondes depuis 2018. Elle est aujourd'hui la présidente de l'association des habitants du quartier du Près-Saint-Martin et du canal du Rhône. "Je suis contente et je remercie Exxon, sourit-elle. Mais je ne suis pas si étonnée. L'ingénieur de notre association était arrivé à la même conclusion..."

Elle reste prudente. "Ils disent bien que ça va 'limiter' les odeurs et non les faire disparaître", souligne-t-elle. Si les odeurs ne disparaissent pas, elle n'hésitera pas à faire de nouveaux signalements. Elle appelle également à faire des analyses des sédiments du canal.

Après 7 mois de recherche, Esso pense avoir trouvé la source de ces effluves nauséabondes

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