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Déconfinement en Gironde : les masques, nouvelle plaie pour les générations futures

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Impossible d'échapper aux images de ces masques jetés ou abandonnés sur les trottoirs, sur le plage ou le long des routes. Un problème qui préoccupe les associations environnementales et notamment la SEPANSO. Interview avec son président en Gironde Daniel Delestre.

On estime à 400 ans la durée de vie d'un masque chirurgical. On estime à 400 ans la durée de vie d'un masque chirurgical.
On estime à 400 ans la durée de vie d'un masque chirurgical. © Maxppp - Maxppp

France Bleu : Masques, lingettes, le Covid a amené une nouvelle forme de pollution. Ça vous inquiète ?

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Daniel Delestre : Cette affaire est un peu symptomatique de notre société. On résout à court terme un problème réel, la pandémie, est on oublie de réfléchir à ce qu’on va faire de tous ces masques qui vont se retrouver à la nature, sans penser à la filière de recyclage. C’est un problème de santé publique parce que ces masques jetés dans la rue font peser des risques sur les agents de propreté. Ça pose aussi un problème pour les familles et les enfants qui peuvent être tentés de les récupérer. Et ça pose un problème environnemental parce qu’ils vont ensuite dans les rivières, les fleuves ou dans la mer. Puis dans l’estomac des poissons, des tortues. Ces masques chirurgicaux en polypropylène ont une durée de vie extrêmement longue qu’on estime aujourd’hui à 400 ans. Les générations futures vont retrouver ces millions, voire ces milliards de masques.

On découvre aujourd’hui qu’une des causes de la crise, c’est l’hyper mobilité des biens et des personnes qui a facilité le déplacement du virus. Il faut se poser les vraies questions. Sinon cette crise n’aura servi à rien.

On aurait pu faire autrement ?

C’est dommage qu’on n’ait pas pensé à la filière déchet. Il y avait une autre solution. C’est l’utilisation de masques recyclables, lavables. Ça permet de limiter la production de déchets qui paraît insensée. Des millions en France, des milliards dans le monde. Personnellement je n’ai utilisé en tout et pur tout deux masques pendant le confinement. Il faut revenir à un certain civisme. C’est comme les mégots, on ne les jette pas dans la rue. Ça ne sert à rien de se protéger si c’est pour balancer ensuite le virus dans la rue. 

C’est le paradoxe de cette crise sanitaire où on a beaucoup parlé de protection de la nature…

Ce sont les contradictions de l’espèce humaine. Je pense qu’il y a eu un travail de prise de conscience quelles que soient les générations. J’espère que cette crise va modifier notre conscience des enjeux, va encourager les circuits courts, la production locale. Non seulement de masques mais de beaucoup de choses. On découvre aujourd’hui qu’une des causes de la crise, c’est l’hyper mobilité des biens et des personnes qui a facilité le déplacement du virus. Il faut se poser les vraies questions. Sinon cette crise n’aura servi à rien. 

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