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Des chercheurs mesurent la pollution à bord d'un bateau de la Penn ar Bed

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu

Dans le cadre d'une étude sur les émissions de particules fines du transport maritime français, une équipe de recherche effectue actuellement des mesures à bord du Fromveur II de la compagnie Penn ar Bed, entre Brest et Ouessant. Des relevés sont aussi prévus sur un navire de la Brittany Ferries.

Le Fromveur II, construit en 2011, possède deux moteurs diesel de 1650 kW.
Le Fromveur II, construit en 2011, possède deux moteurs diesel de 1650 kW. © Radio France - Nicolas Olivier

Avec ses gros moteurs diesel et ses deux cheminées crachant une ostensible fumée noire, le Fromveur II n'est pas vraiment un modèle en terme d'empreinte environnementale. Construit en 2011, le fleuron de la flotte de la Penn ar Bed pollue au moins autant que ses aînés trentenaires Enez Eusa III et Enez Sun III. Faute de réglementation, le transport maritime a longtemps esquivé ces considérations. Ce n'est plus le cas de la compagnie finistérienne, qui a engagé une réflexion sur la transition énergétique et a accepté d'accueillir à bord une équipe de chercheurs de l'Ecole supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (Estaca).

Lancée en septembre 2019 pour trois ans, l'étude Capnav vise à mesurer les émissions de particules du transport maritime français. Soutenue par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), elle doit permettre d'établir un diagnostic précis de cette pollution pour différents types de navires. La Brittany Ferries a également décidé de jouer le jeu : des mesures seront réalisées au printemps 2022 sur un bateau de fret propulsé au GNL (gaz naturel liquéfié).

On a eu beaucoup de refus d'armateurs.

ECOUTEZ Benoît Sagot, enseignant-chercheur à l'Estaca et chargé du projet Capnav

L'enseignant-chercheur Benoît Sagot (à droite) avec son équipe et leur matériel de mesure, à bord du Fromveur II.
L'enseignant-chercheur Benoît Sagot (à droite) avec son équipe et leur matériel de mesure, à bord du Fromveur II. © Radio France - Nicolas Olivier

Des capteurs ont été placés à la sortie de l'une des cheminées, reliés à un caisson qui enregistre en temps réel les concentrations de particules fines et très fines. "On regarde les particules inférieures à PM1 (1 micromètre), les plus pénétrantes dans les poumons, explique Benoît Sagot, l'enseignant-chercheur chargé du projet Capnav. Les suies typiquement sont extrêmement nocives pour la santé. On veut avoir une quantification des émissions à la fois sur des points stabilisés et en dynamique, dans les manœuvres portuaires. Et puis quand on fait des mesures, c'est toujours intéressant de les répéter pour voir un peu la variabilité en fonction des conditions de mer par exemple."

Sur ce plan là, l'équipe a été servie avec la météo exécrable le week-end dernier, jusqu'à 55 nœuds de vent au cours de la traversée vers les îles (101 km/h). Les mesures doivent se poursuivre jusqu'à jeudi 27 mai, dans un temps plus calme.

Polluer moins grâce à des additifs pour gazole ?

Les résultats seront regardés de près par la Penn ar Bed. "L'enjeu est de déterminer à quel niveau d'émissions de particules on se situe. Bien sûr qu'on réfléchit à ce qu'on peut émettre dans l'atmosphère, et à ce qu'on peut faire pour justement limiter cet impact environnemental", justifie Arnaud Le Campion, directeur technique de la compagnie maritime. La filiale du groupe Keolis étudie notamment les nouveaux modes de propulsion, comme la pile à combustible qui fonctionne à l'hydrogène. A plus court terme, elle va tester des additifs pour gazole censés permettre de limiter les émissions polluantes. L'équipe de l'Estaca reviendra en juillet pour en mesurer les effets.

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