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Quelle histoire se cache sous le lac d'Issarlès en Ardèche ?

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Par , , France Bleu Drôme Ardèche

Plusieurs chercheurs de Clermont-Ferrand, Bordeaux et Toulouse vont étudier des carottes de sédiment prélevées dans le lac d'Issarlès, sur la montage ardéchoise. Ils veulent comprendre l'histoire climatique, sismique et volcanique de la région.

Il y a 50 000 ans, le lac d'Issarlès était un volcan
Il y a 50 000 ans, le lac d'Issarlès était un volcan - Athos environnement - droits réservés

À quoi ressemblait le climat sur la montagne ardéchoise, il y a 50 000 ans ? Des chercheurs de Clermont-Ferrand, Bordeaux et Toulouse vont tenter de répondre à cette question en étudiant des sédiments prélevés dans le lac d'Issarlès.

Il y a 50 000 ans environ, le lac était en fait un volcan, un maar. Pendant quelques mois, il est entré en éruption, avec des explosions violentes et puis son activité s'est arrêtée. Le trou laissé par le cratère et l'anneau de matières déposées autour éruption après éruption s'est rempli d'eau, mais au fond du lac plusieurs couches de sédiments se sont accumulées, des sédiments qui renferment l'histoire du lieu.

Certains scientifiques sont donc à la recherche d'éléments pour comprendre l'environnement autour du lac il y a plusieurs dizaines de milliers d'années. "En regardant les pollens par exemple, on peut reconstituer le paysage végétal régional qui bordait le lac, explique Emmanuelle Defive, géographe, maître de conférence à l'université Clermont-Auvergne. Par ce biais, puisque la végétation est liée à l'ambiance climatique, nous pouvons raconter à la fois l’histoire des fluctuations climatiques et celles de la végétation."

Les prélèvements ont été réalisés depuis cette barge, ancrée sur le lac.
Les prélèvements ont été réalisés depuis cette barge, ancrée sur le lac. © Radio France - Athos environnement - droits réservés

Reconstituer l'histoire volcanique de ce secteur de l'Ardèche

Dans les sédiments, les chercheurs peuvent aussi trouver des traces d'éruptions volcaniques, de volcans plus ou moins éloignés du lac d'Issarlès : "l'un des buts, c'est aussi de reconstituer l'histoire volcanique régionale, ce qui n'a jamais été fait dans ce secteur" explique Emmanuelle Defive, "on construit ce qu'on appelle une échelle téphrostratigraphique. Il en existe pour la chaîne des Puy, mais pas pour le haut bassin de la Loire et de l'Ardèche. Et c'est intéressant parce que ce volcanisme est contemporain de Néandertal puis de l'homme moderne. Il y a eu au moins une génération d'homme préhistorique, ou des parties de générations qui se sont succédé, qui ont dû voir de près ou de loin les volcans en éruption."

Des carottes de huit mètres de long

Pour mener à bien ces recherches, plusieurs carottes de sédiments ont été prélevées au fond du lac. L'entreprise Athos environnement a installé une barge sur le plan d'eau, "puis nous avons fait descendre un carottier", explique Antoine Thouvenot, le directeur général de l’entreprise. "Nous le descendons jusqu'au fond du plan d'eau. La carotte est remontée à la force des bras avec un treuil manuel." Ils ont prélevé une carotte de 8 mètres de haut, une première sur le lac d'Issarlès.

Cette étude scientifique est menée par le laboratoire Géolab et l'université Clermont-Auvergne ; le laboratoire Géode à Toulouse et l'université de Toulouse Jean Jaurès avec Emmanuel Chapron, sédimentologue spécialiste de l'histoire des lacs ; le laboratoire Pacéa à Bordeaux avec la collaboration de Jean-Paul Raynal, professeur émérite. Yannick Miras et le laboratoire Histoire Naturelle de l'Homme Préhistorique collabore également à l'étude. Elle est notamment financée par le Géopark des Monts d'Ardèche et la Maison des sciences de l'homme de Clermont-Ferrand.

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