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Entre Savoie et Isère, les sécheresses transforment les paysages et les pratiques agricoles en Chartreuse

La chaleur sévit aussi en moyenne montagne, autour de 1.000 mètres d'altitude, dans le massif savoyard-isérois de la Chartreuse. Les paysages sont en train de changer et les exploitants agricoles sont condamnés à s'adapter.Témoignages de deux sages des alpages.

Certains gazons des prairies ont disparu
Certains gazons des prairies ont disparu © Radio France - Christophe van Veen

2020 à sec. Un été de plus à guetter la pluie ! Dans le massif de la Chartreuse, on a la chance de se refaire la santé avec une fraîcheur réelle à la nuit tombée. Les journées cognent aussi dur parfois. Il fait chaud, moins qu'en vallée bien sûr, mais le mercure y cause son lot de dégâts. Des prairies brûlées, résineux morts sur pieds, risque d'incendie, sources taries... Evidemment, la situation est bien pire dans le sud-est de la France ou en vallée, mais les amoureux de la Chartreuse sont inquiets. 

Là, on a très chaud ! Au dessus de 1.000 mètres d'altitude.
Là, on a très chaud ! Au dessus de 1.000 mètres d'altitude. © Radio France - Christophe Van Veen

La sécheresse frappe la moyenne montagne, en Chartreuse. Les effets du réchauffement climatique actuel sont visibles à l'œil nu, du sud du massif près de Grenoble jusqu'au nord près de Chambéry. 

Eté 2020 en moyenne montagne
Eté 2020 en moyenne montagne © Radio France - Christophe Van Veen

Les épicéas se dessèchent, les hêtres rougissent déjà et les prairies souffrent

"Cet été, c'est un peu exceptionnel. Aussi peu de pluviométrie... Il faut bien reconnaître qu'on enchaîne les étés durs". Bruno Charles, 64 ans, vit de l'agro-tourisme au Sappey-en-Chartreuse à 1.000 m d'altitude, partie iséroise du massif. Il a un gîte au nom bien dans l'actualité "Le chant de l'eau". Et il nous décrit sa montagne qui change sous l'effet du mercure. 

Bruno Charles : "La végétation dérouille."

Il est du genre prudent, parle de "ressenti" mais il ne cache pas sa préoccupation. "On voit des taches sombre dans la forêts. Depuis quelques années les épicéas se dessèchent. En même temps, ils n'étaient pas à leur altitude climatique. C'est l'homme qui les a privilégiés car ils ont un fort rendement économique. Là, on a compris que l'épicéa autour de 1.000 mètres, c'est fini. Ce qui m'inquiète plus, ce sont les hêtres, qui eux sont à leur altitude, et qui sont déjà rouges. Ils dérouillent. J'espère qu'ils vont s'en remettre, mais je n'en suis pas certain. C'est préoccupant" 

Bruno Charles
Bruno Charles © Radio France - Christophe Van Veen

Le paysage de Chartreuse qu'il aime depuis son enfance est en pleine transformation. "Très inquiétant, le gazon des prairies qui ne se reconstitue pas. Manque d'eau. Il est cramé. Or, en Chartreuse, on a toujours vécu dans l'abondance d'herbe. Les foins n'ont plus le même rendement."

"On ne peut pas nier que le paysage se transforme sous l'effet des fortes températures. Le plus inquiétant pour l'avenir est la ressource en eau." - Bruno Charles  

L'inquiétude va plus loin. "On peut redouter des risques d'incendies qui nous ont jusque-là épargner. En 2003, il y avait eu quelques départs de feux avec des conditions qui n'étaient pas plus humides qu'aujourd'hui. Il faut en prendre conscience et s'y préparer."   

La très grande inquiétude pour l'avenir des sources

Sa quarantaine de moutons est en alpage  sur Chamechaude, plus haut, à 2.000 m d'altitude, avec quatre autres éleveurs qui mutualisent leur berger. Et là-bas aussi, le faible débit des sources est préoccupant."Sur l'autre versant, on a deux sources désormais taries. Et sur Chamechaude, le débit est très bas cette année La rosée du matin qui peut suffire à nos ovins est absente. La ressource en eau est la grande inquiétude de l'avenir."

Les vaches ont soif
Les vaches ont soif © Radio France - Christophe Van Veen
Abreuver les bêtes est un souci permanent
Abreuver les bêtes est un souci permanent © Radio France - Christophe Van Veen

Au nord du massif, partie Savoie, au Désert d'Entremont, Daniel Perrin, 70 ans, est à la retraite mais toujours actif aux cotés de ses deux fils qui ont repris l'exploitation de vaches laitières. Daniel et ses deux fils ne croient pas du tout à un été exceptionnel. L'exceptionnel se répète, hélas. "On voit des lézards devant nos maisons, à 1200 m d'altitude ! On est envahis par les pies ! Les étés chauds deviennent une habitude et il faut préparer l'avenir."

"Le pays se réchauffe. On doit s'adapter." - Daniel Perrin Le désert d'Entremont  

Daniel Perrin : "La Chartreuse doit s'adapter à la menace d'assèchement des sources".

Et l'avenir pour lui aussi, c'est la ressource en eau. "On réfléchit à des retenues d'eau. A planter de la luzerne qui a des racines plus profondes. Et en prévision on fait plus de réserves de fourrages. Le pays se réchauffe. On doit s'adapter. Peut-être qu'on est même un peu en retard par rapport à la Maurienne ou à la Tarentaise. Mais, on va les copier. Y a pas de raisons qu'on n'arrive pas à le faire chez nous !"

Daniel Perrin
Daniel Perrin © Radio France - Christophe Van Veen

Le ressenti des sages des alpages est malheureusement corroboré par les données scientifiques de l'observatoire météo du col de Porte. En 60 ans, la Chartreuse a perdu deux mois et demi d'enneigement annuel et les températures moyennes ont augmenté inexorablement : plus d'un degré et demi.

Chevaux pas vraiment au vert, à Entremont-le Vieux
Chevaux pas vraiment au vert, à Entremont-le Vieux © Radio France - Christophe Van Veen
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