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Forêts du Grand-Est : les promeneurs sont de retour, les chenilles processionnaires aussi

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Alsace, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Après deux mois de confinement, ça y est : il est de nouveau possible de se promener dans les forêts du Grand-Est. Mais attention, les chenilles processionnaires pourraient bien jouer les trouble-fête. Pour éviter les démangeaisons, l'ONF vous donne les bons conseils.

Une chenille processionnaire compte environ 600.000 poils urticants
Une chenille processionnaire compte environ 600.000 poils urticants © Maxppp - Pierre Heckler

Pour ce premier week-end du déconfinement, vous êtes nombreux à vouloir retrouver la nature et profiter d'un grand bol d'air. Même si les parcs et les jardins restent fermés dans les départements en rouge (le Grand-Est n'y échappe toujours pas), il est autorisé de retourner en forêt pour se promener, qu'elle que soit la couleur de votre secteur. Mais attention, les chenilles processionnaires du chêne risquent de gâcher votre sortie, car leurs poils urticants sont de retour dans le Grand Est.

"Il faut se protéger"

"Ça chauffe, ça gratte, c'est très désagréable et ça démange vraiment beaucoup, témoigne Chantal Lemoine, responsable de l'unité territoriale du Grand Couronné près de Nancy au sein de l'Office nationale des forêts (ONF). Si on répète notre contact avec ces poils, on devient de plus en plus allergique et cela peut se terminer par un œdème de Quincke voire un choc anaphylactique."

Pour preuve, Chantal Lemoine est allergique et quand elle intervient dans les zones infectées de Lorraine, elle est obligée de prendre un antihistaminique la veille et le lendemain pour éviter toute réaction. "Ce que j'ai envie de dire aux gens avec la réouverture des massifs, c'est qu'avant de devenir allergiques, il faut se protéger. Il faut mettre des vêtements qui couvrent les membres et le cou. L'objectif est d'éviter les poils qui se glissent partout."

Au départ, c'est quelques boutons mais après ça peut devenir des plaques énormes et on peut finir aux urgences

La chenille processionnaire du chêne possède environ 600.000 poils urticants et elle peut s'en débarrasser à chaque fois qu'elle se sent menacée. Autre problème : l'animal laisse traîner ses poils partout dans la nature et ce, pendant de nombreuses semaines.

Un potentiel urticant pendant un ou deux ans !

A la fin du mois de juin, avant de se transformer, les chenilles se réunissent en procession dans les hauteurs des arbres. Et les cocons restent fixés sur les branches. "Ils peuvent rester urticants un ou deux ans après, prévient Chantal Lemoine. Avec les aléas de la météo, ils peuvent tomber au sol. Il suffit d'aller se promener avec les enfants, de marcher dessus, de refaire son lacet recouvert de poils, de se toucher le visage et là, on peut vite gonfler."

L'Agence régionale de santé Grand Est publiait l'an dernier un aide-mémoire pour éviter tout désagrément pendant votre promenade en forêt. 

Les poils peuvent aussi être transportés par le vent et se retrouver dans les parcs, les jardins et les prés. Ils touchent également les animaux domestiques. Enfin, c'est un danger pour les arbres de notre grande région. 

Les arbres sont affaiblis

"La femelle pond à l'extrémité des pousses de chênes, au printemps à la mi-avril, explique la responsable de l'ONF. Les chenilles émergent et se développent quand le chêne débourre. C'est à ce moment-là que leurs poils deviennent urticants et qu'elles s'attaquent aux feuilles et aux fleurs. On le constate sur le terrain : les branches sont sèches, et on arrive à voir le ciel à travers les feuilles."

Conséquence : à l'automne, les glands manquent et cela compromet le renouvellement des forêts. "Les sécheresses et les canicules renforcent le phénomène, poursuit la Meurthe-et-Mosellane. Quand l'arbre débourre, il a besoin d'eau. Avec une canicule, il s'affaiblit encore plus. Il se retrouve sans réserves, et la chenille en profite. Si d'autres parasites s'y mettent, l'arbre peut mourir."

"Pour autant, je ne suis pas vraiment inquiète car même si le chêne subit des attaques, il arrive toujours à mettre en place une stratégie. Par exemple, il sera capable de débourrer un peu plus tard dans certaines zones pour se débarrasser des chenilles, conclut Chantal Lemoine. La forêt trouvera toujours sa voie, et la nature apportera toujours une réponse".

La chenille n'est pas la seule bête à s'attaquer aux arbres du Grand Est : le scolyte fait des ravages, lui aussi. Ce qui oblige les agents de l'Office nationale des forêts à abattre des parcelles entières de conifères. Thierry Colin vous emmène dans la forêt de Champenoux, près de Nancy pour un reportage en photos et en vidéo. C'est à retrouver en cliquant ici.

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