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Environnement
Dossier : Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen

Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen : dans quelle mesure les produits brûlés sont-ils toxiques ?

La liste des 5.000 tonnes de produits chimiques qui ont brûlé lors de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen il y a une semaine est désormais connue mais toutes les inquiétudes ne sont pas dissipées.

Le site de l’usine Lubrizol au Petit-Quevilly près de Rouen, le 27 septembre 2019
Le site de l’usine Lubrizol au Petit-Quevilly près de Rouen, le 27 septembre 2019 © AFP - LOU BENOIST

Plus de 5.000 tonnes de produits chimiques ont brûlé lors de l'incendie à l'usine Lubrizol à Rouen jeudi 26 septembre 2019. Inquiètes pour l'environnement et leur santé plusieurs milliers de personnes ont défilé mardi soir pour réclamer plus de transparence sur les conséquences de cet incendie. Francebleu fait le point.

Quels sont les produits qui figurent sur la liste publiée par les autorités ?

La préfecture de Seine-Maritime a indiqué que 5.253 tonnes de matières ont été détruites dans l'incendie et mis en ligne 479 fiches sur "les caractéristiques des produits et les risques associés" en cas de combustion.

Selon un tableau communiqué par les autorités, près des deux tiers (62,88%, soit 3.308 tonnes) de ces produits étaient des "additifs multiusages" composés à 44% d'huile minérale obtenue par raffinage de pétrole. Il s'agit de lubrifiants, d'anti corrosions et de solvants. 

Quels sont leurs effets sur la santé ?

Selon Jean-François Narbonne, professeur honoraire de toxicologie à l'université de Bordeaux, sur cette liste, "il y a des produits qui en eux-mêmes ne sont pas extrêmement dangereux". "La grande question, ce sont les produits issus de la combustion, de type dioxines. Cela peut donner des mélanges, des cocktails. Quand ça brûle, ça fait des choses qu'il faut identifier, ça peut produire des interactions", a-t-il expliqué à l'AFP.

Un avis partagé par André Cicolella, chimiste, toxicologue et président du Réseau Environnement Santé (RES), invité de France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) ce jeudi 3 octobre. Les produits qui ont brûlé sont "de la famille des HAP, hydrocarbures aromatiques polycycliques. Elle est très présente, c'est le produit de combustion. On va appeler ça suie dans un langage courant. Une grande partie, pas tous, sont des cancérogènes, ce sont des perturbateurs endocriniens" a-t-il indiqué à franceinfo.

Pour Frédéric Poitou, expert judiciaire en chimie et en pollution, invité de franceinfo ce mercredi 2 octobre : "Ce serait très surprenant qu'il n'y ait pas de toxicité. Les dioxines sont formées dans les phénomènes d'incinération et on les retrouve à la sortie des incinérateurs. Comment voulez-vous qu’avec une telle source de produits chimiques et de métaux en combustion pendant plusieurs jours on n'ait pas de formation de produits toxiques. Je pense que cela va être vérifié lorsqu'on va analyser les suies, les suies de dépôts et les particules fines qui ont été émises. Maintenant, toutes les substances sont retombées puisqu'elles sont accrochées aux particules fines. Donc on peut aussi imaginer qu'à la date d'aujourd'hui, l'air prélevé n'est plus vraiment nocif, mais il est nocif par exposition à tout ce qui est retombé sur les sols de la banlieue rouennaise et dans les champs agricoles. Les dioxines ont une persistance longue, plus de 1

La préfecture a promis de publier les résultats des analyses sur les suies et la présence éventuelle de dioxines dans les produits alimentaires d'ici vendredi.

Certaines populations sont-elles plus exposées que d'autres ?

Pour André Cicolella, les populations les plus exposées à ces perturbateurs endocriniens sont les femmes enceintes. "C'est l'exposition pendant la grossesse qui est déterminante pour la santé de l'enfant et du futur adulte. Seveso suit depuis 42 ans un échantillon de population autour de l'usine. On a maintenant les conséquences d'une exposition à la dioxine chlorée sur 40 ans d'une exposition aux dioxines chlorées. (...) Une fois que la dioxine est dans l'organisme, cela en sort très très lentement. On va la conserver dans les graisses pendant des décennies et elle va générer tout un certain nombre de maladies. C'est très important de protéger la période de la grossesse" a-t-il déclaré sur franceinfo.

160 fûts endommagés par le sinistre doivent encore être évacués, faut-il s’inquiéter ?

"Ces fûts-là finalement sont ceux qui sentent très mauvais, mais ce ne sont pas nécessairement les plus toxiques" estime Frédéric Poitou. "Ce sont ceux qu'on utilise pour parfumer, identifier les gaz qui eux sont inodores, on rajoute quelques doses de Mercaptan pour qu'on les sente donc ça sent très mauvais. L'usine Lubrizol avait déjà été affectée par ce phénomène là il y a quelques années, mais ce n'est pas le plus toxique."

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