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Environnement
Dossier : Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen

Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen : un comité "pour la transparence et le dialogue" après la catastrophe

- Mis à jour le -
Par , , , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu

Deux semaines après l'incendie à l'usine Lubrizol à Rouen, un comité "pour la transparence et le dialogue" a été installé en présence de trois ministres ce vendredi 11 octobre. Objectif : assurer le suivi des conséquences de la catastrophe industrielle du 26 septembre 2019.

Ce comité réunit l’ensemble des acteurs concernés : habitants, élus, industriels, syndicats, associations environnementales et monde médical.
Ce comité réunit l’ensemble des acteurs concernés : habitants, élus, industriels, syndicats, associations environnementales et monde médical. © Radio France - Coralie Moreau

Rouen, France

Le comité "pour la transparence et le dialogue" réunit l’ensemble des acteurs concernés par l'incendie à l'usine Lubrizol et ses conséquences : habitants, élus, industriels, syndicats, associations environnementales et monde médical. Trois ministres sont à Rouen ce vendredi 11 octobre 2019, deux semaines après la catastrophe pour installer ce comité : Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, Agnès Buzyn, ministre de la Santé et et Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture. Une centaine de personnes participaient à la réunion qui s'est tenue ce vendredi. "Ce comité a pour but de suivre dans le temps l’évolution et les conséquences de la catastrophe industrielle pour en tirer les enseignements et mieux les dépasser" a expliqué le préfet de la Seine-Maritime en introduction.

Le principe pollueur-payeur s'appliquera pleinement - Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique

"Nous attendons des industriels qu’ils soient au rendez-vous pour l’accompagnement des territoires, notamment sur le plan financier" a déclaré Elisabeth Borne ce vendredi. "Le principe pollueur-payeur s'appliquera pleinement, intégralement" a-t-elle également affirmé alors que le président de Lubrizol France était interpellé par le député communiste Hubert Wulfranc sur le montant des indemnisations qui seront versées aux victimes. Le député de la rive gauche de Rouen déplore l'absence d'engagement chiffré de la part de Lubrizol et de Normandie Logistique. "Ça suffit ! Il faut que ces deux grandes entreprises mettent les chèques sur la table."

Impossible d'interroger la direction de Lubrizol en clôture de comité. Pas de précision sur l'enveloppe réservée aux indemnisations des victimes. Le chiffre de 50 millions d'euros évoqué par Les Échos a été démenti par Lubrizol. "Nous ne savons pas d'où ça vient" a assuré la directrice générale de Lubrizol.

L'avis de l'agence de sécurité sanitaire de l'alimentation "en début de semaine prochaine"

Parmi les plus touchés par la catastrophe industrielle, les agriculteurs ont eu la confirmation ce jeudi qu'ils seraient indemnisés par le groupe Lubrizol. "Les producteurs laitiers seront payés dans les tout prochains jours" a précisé le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, sur France Bleu Normandie ce vendredi. Didier Guillaume qui a insisté auprès de l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) pour qu'elle se prononce au plus vite afin que le préfet puisse lever dès ce vendredi le gel des récoltes et des productions (voir carte ci-dessous et consulter la liste des 112 communes concernées par le gel des récoltes et des productions). "Il faudra partir à la reconquête du consommateur" a-t-il ajouté. Des déclarations que le président de l'association écologiste Robin des Bois, Jacky Bonnemains, a peu appréciées. Il a dénoncé les pressions du gouvernement, tout comme les administrateurs de l'Anses. D'ailleurs la réponse du directeur général de l'Anses au ministre a été claire : "Nous publierons notre avis en début de semaine prochaine. La levée des restrictions n'est pas de notre ressort". Le patron de l'agence sanitaire a toutefois indiqué que les résultats sont "satisfaisants" mais qu'il faut"des confirmations". Pour autant, les restrictions sur le lait devraient être levées ce vendredi après-midi a assuré Didier Guillaume en fin de réunion.

Voir la carte en plein écran

Une démarche rigoureuse de surveillance - Agnès Buzyn, ministre de la Santé

Pour Agnès Buzyn, la "non-mise" sur le marché des produits agricoles est un principe de précaution nécessaire en particulier pour éviter les dioxines. Au-delà des conséquences de la catastrophe sur l'agriculture, la ministre de la Santé a indiqué que "l’analyse des données épidémiologiques traduit un impact réel mais modéré". Selon elle, il y a eu 246 passages aux urgences et neuf hospitalisations depuis le 26 septembre dernier. Les patients sont tous sortis. Concernant les risques à long terme, "il faut une démarche rigoureuse de surveillance" fondée sur trois principes : 

  1. identifier les contaminants; 
  2. mener une campagne de prélèvements eau, sols, air; 
  3. réaliser une étude de risque sanitaire en prenant en compte l’exposition chronique. 

Les résultats de cette étude seront connus dans quelques semaines. 

Pour les professionnels de santé et en particulier les médecins libéraux, les informations ont également manqué. Autour de la table ce vendredi matin, Antoine Leveneur, président régionale de l’union des médecins libéraux a expliqué que la profession est démunie face à l’inquiétude des patients. Certains sont traumatisés. "Nous sommes dans l’embarras pour pouvoir réellement sécuriser les patients" a-t-il affirmé. "Nous avons besoin de directives claires" a-t-il ajouté à destination de l'Agence régionale de santé. "Il y aura un suivi des populations, les enfants notamment, mais pour donner des directives, il faut savoir précisément ce que l'on cherche et nous ne le savons pas encore" a répondu Agnès Buzyn.

Arrivée d’Elisabeth_Borne et Agnès Buzyn, respectivement ministres de la transition écologique et de la santé, en préfecture de Rouen. - Radio France
Arrivée d’Elisabeth_Borne et Agnès Buzyn, respectivement ministres de la transition écologique et de la santé, en préfecture de Rouen. © Radio France - Coralie Moreau

Le directeur de Normandie Logistique interpellé

Le député communiste Sébastien Jumel a quant à lui interpellé le directeur général de Normandie Logistique (site voisin de l'usine Lubrizol, également mis en cause dans l'enquête pour avoir stocké une partie des produits de Lubrizol). Sébastien Jumel a rappelé à Christian Boulocher qu'il était censé fournir jeudi 10 octobre la liste exacte des produits brûlés et leurs quantités. Christian Boulocher les a promis pour ce vendredi soir "avec des points à contrôler". Dans le même registre, le socialiste Christophe Bouillon s'est interrogé sur la connaissance des produits qui ont brûlé. Une intervention appuyée par l'association Robin des Bois qui pointe la dangerosité de ces produits et le manque de mesures de sécurité depuis l'incendie. "Après le drame du Cuba Libre (NDLR, un incendie accidentel dans un bar de la rive gauche de Rouen au cours duquel 14 personnes ont trouvé la mort), il y avait eu renforcement des contrôles des bars. il faut faire pareil sur des sites industriels" a rappelé Yvon Robert, maire socialiste de Rouen et président de la métropole rouennaise.  

La communication des autorités mise en cause

Le maire de Déville-lès-Rouen, Dominique Gambier, comme l'UFC Que Choisir, ont dénoncé le manque de clarté dans la communication lors de l'incendie. "Il faut tirer le bilan des graves difficultés dans la communication entre les services de l’Etat et les communes. Et il faut le faire vite" a martelé Dominique Gambier. L'association de consommateurs, quant à elle, réclame plus de formation au risque pour les habitants. Idem sur le sujet du recueil des débris d'amiante. Les habitants sont mal informés mais ça ne doit rien leur coûter a affirmé Damien Adam, député LREM. 

Le préfet de la Seine-Maritime sera entendu par les élus de la région Normandie ce lundi 14 octobre. En attendant, le président la région, Hervé Morin, a évoqué ce vendredi la question des conséquences de la catastrophe pour le commerce de proximité et pour l'image de la métropole rouennaise.

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