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Inondations en Gironde : "L'État sera aux côtés des communautés de communes", assure Éric Suzanne

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Par , France Bleu Gironde

Trois semaines après les inondations spectaculaires qui ont frappé le Sud-Gironde, les communes touchées attendent toujours l'arrêté de catastrophe naturelle. Les communautés de communes espèrent recevoir un véritable soutien financier de l'État, notamment pour refaire les digues.

Le pic a été atteint jeudi 4 février à La Réole.
Le pic a été atteint jeudi 4 février à La Réole. © Radio France -

L'inquiétude grandit dans les communes frappées par les inondations au début du mois de février dans le Sud-Gironde. Trois semaines après les événements, les élus et les habitants attendent toujours l'arrêté de catastrophe naturelle. Il devrait paraître au journal officiel mercredi 24 février et permettra aux sinistrés de se faire indemniser par les assurances mais aussi aux communautés de communes de bénéficier d'une aide financière de l'État pour réparer les digues. 

Ces dernières ont été particulièrement endommagées : sept brèches au total. Les travaux d'urgence ont déjà commencé mais il va falloir aller plus loin et revoir tout le système : "Ça peut coûter très cher. Aujourd'hui on estime les réparations que l'on peut envisager à plus de 500.000 euros mais rien ne nous dit que ça ne coûtera pas plus cher, explique Fancis Zaghet, le président de la communauté de communes du Réolais. On attend une aide minimum de 80% de l'État puisqu'on ne peut pas se limiter à la solidarité locale donc on en appelle à la solidarité nationale". Qu'est-ce que l'État envisage ? Explications avec Éric Suzanne, sous-préfet de Langon. 

France Bleu : L'arrêté de catastrophe naturelle doit paraître mercredi pour la Gironde. Il existe déjà pour les communes du Lot-et-Garonne. Pourquoi cela prend autant de temps ?

Éric Suzanne : "Oui, ça prend du temps. D'abord, le nombre de communes est plus important. Nous en totalisons 49 et une cinquantième est arrivée ce lundi matin. En pratique, il y a une réunion qui est intervenue le 8 février à Paris, une réunion interministérielle. Nous n'avons pas pu accrocher celle-là. En Gironde, nous avons accroché celle du 18 février. Il faut savoir qu'autrefois, on mettait beaucoup plus de temps pour l'obtenir. Cela pouvait prendre des mois entiers. Aujourd'hui, la population ne le veut plus et je le comprends bien donc nous travaillons à réduire ce temps. Sur ces 49 communes qui ont présenté un dossier, par les éléments dont je dispose, l'immense majorité sera reconnue."

Les élus s'interrogent aussi sur la prise en charge financière de la réparation du système d'endiguement. Qu'est-ce qu'envisage l'État ?

"La réparation d'urgence et les travaux de confortement relèvent des communautés de communes qui ont récupéré cette compétence. Pour ce qui est des travaux d'urgence, les sept brèches qui sont intervenues, je l'ai dit aux élus, nous interviendrons. Il s'agira de remplir des dossiers. Concernant les travaux de confortement, qui dureront plusieurs années, avant de lancer des travaux chers nous allons nous retrouver pour voir quelle stratégie adopter. Là encore, il y aura des financements qui interviendront. C'est prévu. Mais j'insiste sur le besoin de bien séparer les travaux d'urgence et les travaux quasi stratégiques pour savoir quel système d'endiguement on veut. Mais je le répète, l'État sera aux côtés des communautés de communes."

Certaines personnes habitant près des digues vont-elles devoir déménager, par exemple ? Cela peut être l'une des stratégies à adopter ? 

"C'est une stratégie qu'il faudra regarder ensemble. J'ai pu lire que, dans certaines situations, il serait moins cher de racheter une maison. Que la puissance publique intervienne pour mettre les gens à l'abri, les reloger ailleurs, plutôt que de faire des travaux à grands frais avec des digues qui dans 5, 10 ou 50 ans seront ébréchées parce qu'on aura eu un événement exceptionnel. Oui, c'est une réflexion qu'il faut avoir."

Le bilan des inondations dans le Réolais aura lieu le 24 février. Peut-on dire que les communes et leurs habitants étaient assez préparés face à de telles inondations ? 

"La réponse est non. Je m'en étonne parce que les élus ont fait un travail important d'information en urgence. Nous avions dit que nous aurions un épisode supérieur à la crue de décembre 2019 et décembre 2019, ce n'est pas en 1981. C'était il y a à peine un an. Donc non, je pense qu'il y a eu une sous-évaluation d'une partie de la population, pas tout le monde. Je peux comprendre le désarroi lorsque la crue vous frappe mais j'ai beaucoup plus de mal à comprendre le manque de culture du risque. On ne peut pas vivre comme si on vivait sur les coteaux, ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas la même manière d'habiter. C'est ça que je veux dire, sans jeter la pierre à personne. Je pense tout de même que nous avons un véritable effort à faire en matière de signalisation du risque. Rappeler qu'à tel endroit, en 81, il y a eu quatre mètres d'eau et qu'on ne vit pas ici comme on vit sur les coteaux ou loin du fleuve."

Des habitants disent tout de même avoir été surpris car les prévisions ont beaucoup changé...

"La prévision a donné une indication à 9,30 mètres, ce qui était déjà 30 centimètres au dessus de la crue de 2019. À 9,30 mètres, normalement, ceux qui ont l'habitude, les anciens, savent qu'on aura les pieds dans l'eau. La prévision était erronée et elle a été corrigée dans la nuit, mais dans la nuit, elle a eu peu d'efficacité car c'est extrêmement dangereux de sortir lorsque l'événement a lieu. J'invite simplement à considérer que la prévision reste une prévision et qu'à 9,30 mètres, ça faisait déjà beaucoup d'eau et une majorité des personnes l'ont compris. J'observe d'ailleurs qu'avec les indications que nous avons données aux maires, les véhicules ont été épargnés. Les véhicules qui, ici en ruralité, constituent un outil de travail."

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