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L'arbre au secours de la vigne dans le Pilat

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Focus en cette journée mondiale du climat sur l'agroécologie qui gagne du terrain en particulier dans le Pilat. Cet hiver, le Parc du Pilat accompagne 9 exploitations agricoles volontaires pour planter haies et arbres autour de leurs terres. C'est le cas du viticulteur Pierre-Jean Villa à Chavanay.

Pierre-Jean Villa (au centre) débute son projet d'agroforesterie le 21 décembre avec son directeur technique Justin Prudhomme (à gauche) et le soutien du Parc du Pilat dont la chargée de mission en agroécologie Caroline Champailler (à droite).
Pierre-Jean Villa (au centre) débute son projet d'agroforesterie le 21 décembre avec son directeur technique Justin Prudhomme (à gauche) et le soutien du Parc du Pilat dont la chargée de mission en agroécologie Caroline Champailler (à droite). © Radio France - Julien Gonzalez

Face à des conditions climatiques qui se dégradent et à des périodes de sécheresse plus longues et plus intenses, certains agriculteurs et viticulteurs changent de logiciel. Dans le Pilat, neuf exploitations se sont portées volontaires pour planter cet hiver près de 9000 arbres et arbustes afin de reconstituer des haies. Des projets d'agroécologie accompagnés par le Parc naturel régional du Pilat comme par exemple au cœur de la future plantation de vignes du domaine de Pierre-Jean Villa. 

Ce viticulteur basé à Chavanay est dans les derniers préparatifs. Sur cette parcelle d'un hectare en terrasse, la terre est parfaitement bêchée mais avant d'accueillir des plants de syrah, 450 arbres et haies vont être plantés avant Noël pour protéger ses futures vignes.

"Des arbres fruitiers, des arbres à fleurs, des haies pour recréer l'équilibre naturel qui était celui de la vigne au départ" - Pierre-Jean Villa, viticulteur à Chavanay

Pierre-Jean Villa, viticulteur à Chavanay, plantera le 21 décembre 450 arbres et haies au-milieu de ses vignes pour leur donner plus de fraîcheur, les protéger davantage des parasites et diminuer l'usage des intrants.

"Ce seront des arbres fruitiers, des arbres à fleurs qui vont recréer un peu d'humidité mais pas trop parce qu'on a besoin de soleil. Ce qui devrait nous permettre de garder un peu de fraicheur, de réduire les produits de traitements. En fait, c'est recréer l'équilibre naturel qui était celui de la vigne au départ. La vigne n'a jamais poussé toute seule : elle poussait au-milieu des arbres, au-milieu de la forêt". 

Face au défi climatique, les mentalités agricoles ont commencé à changer selon ce viticulteur et des projets d'agroécologie et d'agroforesterie font partie des clés pour la sauvegarde des vignobles. 

"On a gagné presque un mois de vendange en moins de 20 ans, on s'aperçoit qu'on a des étés hyper secs, que nos vignes meurent de façon prématurée donc l'agroforesterie est une piste qui nous permet d'envisager l'avenir de façon un peu plus sereine" - Pierre-Jean Villa

Selon Pierre-Jean Villa, l'agroécologie et l'agroforesterie sont des options pour protéger et sauvegarder les vignobles afin de transmettre à ses enfants le plus de vignes dans de bonnes conditions.

"Il y a dix à quinze ans, quand on plantait une parcelle, la première chose qu'on faisait, c'est que ce gros chêne on l'aurait fait tomber parce qu'il faisait de l'ombre, parce qu'il était proche d'un mur, qu'il allait nous causer des problèmes de racines alors qu'aujourd'hui, on a fait le contraire : on a bâti la chaillée autour de ce chêne parce qu'il nous apporte de la fraicheur et de l'ombre. J'ai une deuxième génération qui va probablement prendre la suite et je me dis que c'est maintenant qu'il faut essayer d'anticiper un peu. On a gagné presque un mois de vendange en moins de 20 ans, on s'aperçoit qu'on a des étés hyper secs, on s'aperçoit que nos vignes meurent de façon prématurée.... Tout ça, ce sont des questions qu'on se pose et l'agroforesterie est une piste qui nous permet d'envisager l'avenir de façon un peu plus serein". 

Car ce viticulteur ne veut pas faire comme avant. Il a déjà 17 hectares de vignes avec parfois 10 à 15% de pertes sur les plus jeunes d'où ces arbres protecteurs qui vont représenter tout de même 10 % de l'ensemble de ces terres. Un sacrifice en apparence mais un projet pour des vignes plus rentables à l'avenir comme l'explique Justin Prudhomme, directeur technique du domaine.

"On perd en productivité immédiate mais on va lisser la production à l'avenir notamment sur des millésimes extrêmement compliqués d'un point de vue climatique" - Justin Prudhomme, directeur technique du domaine de Pierre-Jean Villa

Le directeur technique du domaine viticole, Justin Prudhomme, explique que ces arbres et haies sur 10% de la parcelle permettront d'obtenir à terme plus de qualité et plus de rentabilité des vignes.

"C'est essentiellement une histoire de pérennité du vignoble. On sort de la monoculture qui est de plus en plus problématique avec les contraintes climatiques que l'on a d'années en années. Alors forcément à court terme, le fait d'introduire des arbres dans les parcelles, on perd en productivité immédiate mais par contre on va lisser la production à l'avenir notamment sur des millésimes extrêmement compliqués d'un point de vue climatique." 

Un projet d'agroforesterie qui demandera tout de même du temps. Mais pour la première récolte, dans 4 ans, tous deux espèrent bien que la future cuvée sera une vraie réussite. Et ils sont loin d'être les seuls enthousiastes face à ce type de projets comme le raconte Caroline Champailler. La chargée de mission en agroécologie du Parc du Pilat raconte qu'il y a des profils de plus en plus nombreux et de plus en plus différents qui se portent volontaires. 

"D'habitude, on tournait autour de 1000 ou 2000 plants ! C'est la première année où on a autant de chantiers ! " - Caroline Champailler, chargée de mission en agroécologie du Parc du Pilat

Avec 9000 arbres plantés cet hiver contre 2000 environ les deux années précédentes, la chargée de mission en agroécologie du Parc du Pilat Caroline Champailler explique qu'agriculteurs et viticulteurs se portent de plus en plus volontaires.

"C'est la première année où on a autant de chantiers ! D'habitude, on tournait autour de 1000 ou 2000 plants ! Là, cette année, on a eu beaucoup de demandes et on en a encore beaucoup pour les hivers prochains. Il y a 10 ans en arrière, il fallait aller voir les agriculteurs pour faire des choses dans ce domaine d'agroécologie, d'agroenvironnement. Alors que maintenant c'est plutôt eux qui viennent nous voir et qui ont des projets comme ça. Et puis en plus comme ça on travaille avec des profils très différents. Cette année, dans les neuf exploitations qui travaillent avec nous, on a deux domaines viticoles, on a un arboriculteur maraîcher et les autres ce sont des éleveurs. On arrive à travailler avec tout le monde. Remettre un peu d'ombre pour les bêtes, rapporter un peu de fraicheur aux cultures, à l'environnement et au climat local, briser ce vent qui fait des épisodes violents, limiter l'érosion des sols : ils ont plusieurs objectifs qui sont proches du climat. "

La chargée de mission en agroécologie du Parc du Pilat précise que ces projets peuvent être aidés par des financements publics de l'Europe ou de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Avant d'ajouter qu'il y a aussi la possibilité de financements privés d'un fond pour l'arbre nouvellement crée cette année ou encore de la compagnie nationale du Rhône.

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