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L'intensification de l'agriculture, principale cause de la pollution de la Loue selon des chercheurs bisontins

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Par , France Bleu Besançon

Les explications sont multiples, mais l'intensification de l'agriculture est la principale cause de la dégradation de l'état de la Loue. C'est une vaste étude scientifique menée de 2012 à 2018 par des chercheurs bisontins qui arrive à cette conclusion.

La Loue, avec au premier plan des algues vertes.
La Loue, avec au premier plan des algues vertes. © AFP - Bruno Mathieu

"Étude de l’état de santé des rivières karstiques en relation avec les pressions anthropiques sur leurs bassins versants" c'est le titre d'un travail scientifique mené de 2012 à 2018 par une équipe du laboratoire de chrono-environnement de l'université de Franche-Comté et du CNRS. Son objectif : rechercher et hiérarchiser les causes d'altération des rivières karstiques, en prenant l'exemple de la Loue. Des recherches financées par un million d'euros de fonds publics, provenant de l'Agence de l'Eau essentiellement, mais aussi de la région Bourgogne-Franche-Comté et du département du Doubs.

Les résultats de ces travaux viennent d'être rendus publics :  si la dégradation de l'état de la Loue est imputable à des facteurs multiples, l'origine des pollutions de la rivière est essentiellement agricole. Le sujet est délicat, en zone AOP Comté. "Il ne s'agit pas de jeter l'opprobre sur une profession" tient à souligner Pierre-Marie Badot, enseignant-chercheur en écotoxicologie et l'un des responsables de l'étude, "nous ne sommes pas dans l'opinion, nous recueillons des faits et produisons des conclusions scientifiques".

Des exploitations qui ont parfois grandi trop vite

Tous les paysans ne sont pas à mettre dans le même panier, mais les chercheurs montrent que c'est le développement de certaines pratiques agricoles qui au fil des années a largement contribué à faire gravement chuter la population piscicole et la qualité globale de la rivière. L'augmentation de la taille d'un certain nombre d'exploitations, avec des troupeaux de plus en plus importants, qui produisent plus de lait mais aussi plus de lisier. Parfois trop,  il faut bien s'en débarrasser en l'épandant. Et à trop forte dose le lisier devient plus un déchet qu'un engrais. 

Au lieu d'engraisser un champ, on engraisse la rivière" - Pierre-Marie Badot, l'un des auteurs de l'étude

"Plus de nutriments dans le sol, ça veut dire qu'on peut dépasser les capacité d'absorption par l'herbe", explique Eric Lucot, pédologue (spécialiste des sols),  "il y a un excédent qui reste dans l'eau et qui est transféré vers la rivière".  Le résultat: des nitrates qui finissent dans la Loue et asphyxient la rivière.

Autre évolution néfaste : le travail des sols. De plus en plus de prairies sont retournées, ce qui modifie l'équilibre chimique des sols, et provoque une libération de nitrates mais aussi de produits phytosanitaires qui y sont piégés depuis parfois très longtemps. Les chercheurs ont même retrouvé des traces de DDT ou de Lindane, interdits depuis des décennies. 

Un travail de longue haleine

Les scientifiques soulignent quand même que l'agriculture n'est pas seule en cause et qu'il y a une vraie prise  de conscience d'une partie de la profession.  "Certains sont peut-être allé trop loin", estime Pierre-Marie Badot, "mais j'ai une grande confiance dans la sagesse du monde agricole".  Mais tout ne se fera pas en un jour. "Il y a un ensemble de facteurs, et il faut les traiter tous simultanément pour retrouver le bon état de la rivière" précise Eric Lucot.

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