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La chasse à la glu déclarée illégale par le Conseil d'État

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Par , France Bleu

La chasse à la glu a été définitivement déclarée illégale par le Conseil d'État, ce lundi. Cette méthode de capture des oiseaux, très controversée, est donc désormais interdite en France.

Les grives sont parfois chassées à la glu.
Les grives sont parfois chassées à la glu. © AFP - Mike Lane/Biosphoto

La chasse à la glu a définitivement été jugée illégale, ce lundi, par la plus haute juridiction administrative française. Une décision qui met un terme à des années de bataille entre partisans et adversaires de cette méthode controversée, qui consiste au piégeage des oiseaux au moyen de tiges enduites de colle, appelées gluaux. Les oiseaux ainsi capturés sont mis en cage et servent, en chantant, à en attirer d'autres pour les chasseurs.

Cette méthode est destinée aux grives et aux merles, mais ses adversaires dénonçaient une méthode "cruelle" et non-sélective conduisant à la capture d'autres espèces, y compris protégées, que celles visées. Les chasseurs assurent que les oiseaux pris par erreur sont nettoyés et relâchés.

Un dommage "irrémédiable" à tous les oiseaux capturés

Après avoir interrogé la justice européenne, qui avait estimé en mars que cette technique de piégeage cause un dommage "irrémédiable" à tous les oiseaux capturés, le Conseil d'Etat a définitivement annulé les dérogations accordées par l'Etat pour cette chasse, jugée "contraire au droit européen".

Jusqu'en 2019, la justice administrative avait régulièrement débouté leurs adversaires, qui attaquaient chaque année les arrêtés gouvernementaux dérogeant à la directive "oiseaux" de l'Union européenne. Celle-ci interdit  les "méthodes de capture (...) non sélective", sauf quand "il n'existe pas d'autre méthode satisfaisante" que celles traditionnelles. Mais fin 2019, le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative du pays, s'était tourné vers la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour se prononcer sur le bien-fondé de ces dérogations. En attendant cette décision, le président Emmanuel Macron, arbitrant contre les chasseurs et en faveur de sa ministre Barbara Pompili, avait annoncé fin août 2020 la suspension de la chasse à la glu, en ne reconduisant pas le quota d'environ 40.000 oiseaux pouvant être capturés dans les cinq départements concernés (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse). La France était le dernier pays d'Europe à pratiquer la chasse à la glu. 

La lutte n'est pas terminée entre les ONG et les chasseurs

"Une avancée pour la biodiversité", s'est réjoui sur Twitter Barbara Pompili. "Enfin on tourne la page de cette chasse d'un autre temps pour entrer dans un XXIe siècle plus respectueux de l'environnement", a réagi pour l'AFP Allain Bougrain-Dubourg, l'emblématique président de la Ligue de protection des oiseaux, une des associations plaignantes. "Mais il reste d'autres techniques de chasse inacceptables", a-t-il ajouté. Il appelle le gouvernement à tirer les conclusions de cette première décision, alors que les ONG réclament aussi l'interdiction d'autres chasses traditionnelles, au moyen de pantes (filets) et matoles (cage tombante), pour les alouettes, dans des départements du sud-ouest.

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Côté chasseurs, la déception se voulait combative. "Le Conseil d'Etat a fini par céder au lobbying de la ministre de l'écologie et des antichasse", a regretté Eric Camoin, président de l'association nationale de défense des chasses traditionnelles à la grive. Willy Schraen, président de Fédération nationale des chasseurs, estime de son côté que les arrêtés pourraient être repris et mieux argumentés si le gouvernement en avait la volonté, replaçant le débat sur le terrain politique. "Qu'on leur fiche la paix avec leurs traditions, ils chassent des quantités infinitésimales sans aucune incidence sur les espèces", dit-il à l'AFP. "L'action punitive contre le monde rural continue. Mais on a bien vu que la ruralité s'est beaucoup exprimée dans cette élection, et nous reviendrons à la charge", lance-t-il au lendemain des scrutins régionaux et départementaux... et à dix mois de la présidentielle.

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