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La commissaire enquêtrice dit non aux éoliennes au nord de Béziers

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Par , France Bleu Hérault

Un avis défavorable a été rendu début novembre par la commissaire enquêtrice sur le projet éolien à Puissalicon. Le préfet de l'Hérault a deux mois pour se prononcer. Une première victoire pour les opposants, "mais la bataille n'est pas encore gagnée".

Illustration éoliennes
Illustration éoliennes © Radio France - Jean-Luc Flémal

Une étape importante vient d'être franchie dans le projet d'implantation d'une ferme éoliennes de Puissalicon, dans le Biterrois. La commissaire enquêtrice Martine Arquillière Charrière vient de rendre ses conclusions. Un avis défavorable a été émis le 6 novembre. Les arguments apportés par la filiale de Volkswind SAS (dont le siège est en Allemagne) n'ont pas convaincu. Le rapport est en faveur des opposants à ce projet éolien au nord de Béziers.

"Je considère que la population locale n’a pas été suffisamment informée des étapes d’avancement du projet et n’a pu prendre connaissance des éléments structurants du projet définitif et de la justification de ses dispositions. Le projet n’a pu bénéficier dans son élaboration d’une concertation à l’échelle du territoire concerné par ses impacts." - Martine Arquillière Charrière, commissaire enquêtrice

''Nous avons remporté une première victoire explique Maryline Leumaire, la présidente du collectif d'opposants à Puissalicon

Le maire Michel Farenc a toujours dit avoir été informé tardivement par le porteur du projet. La commissaire enquêtrice démontre le contraire dans son rapport s'appuyant sur les dires de la société. L'élu a bien rencontré à plusieurs reprises le porteur du projet dés le début de l'été 2019. Les élection municipales étant proches, Michel Farenc refuse de distribuer un livret aux habitants plutôt opposés à ce parc éolien.

Les élection municipales étant proches, Michel Farenc refuse de distribuer un livret aux habitants plutôt opposés à ce parc éolien.

Conclusions de la commissaire enquêtrice
Conclusions de la commissaire enquêtrice © Radio France - Stéfane Pocher

Cette ferme éolienne suscite une vive opposition des élus locaux depuis l'été dernier, mais aussi récemment de Kléber Mesquida, le président du Conseil départemental de l'Hérault. Robert Ménard, avait pris position très rapidement contre ce projet dès sa médiatisation par France Bleu : "Il faut mettre une bombe et faire péter toutes ces éoliennes" avait déclaré le aire et président de l'agglomération

"Je relève que les travaux nécessaires pour la réalisation des installations n’ont pas fait l’objet d’étude d’impact." - Martine Arquillière Charrière

Conclusions de la commissaire enquêtrice
Conclusions de la commissaire enquêtrice © Radio France - Stéfane Pocher

Des éoliennes de 150m de haut

La ferme éolienne au nord de Béziers pourrait accueillir en fait jusqu'à 30 aérogénérateurs. Le projet serait bien plus important que ne l'a laissé entendre initialement la société Volkwind France. La mairie de Puissalicon (Les Avants-Mont) évoquait seulement quatre éoliennes.

Les opposants avaient pointé du doigt des incohérences notables

C'est désormais au préfet de l'Hérault de se prononcer en faveur ou pas de ce dossier. Le représentant de l'État à deux mois pour émettre un avis. Le porteur du projet peut ensuite faire, ou alors décider d'implanter ces éoliennes dans un autre secteur. Dans son dossier de 1.500 pages, rendu public cet été, d'autres communes sont susceptibles de pouvoir accueillir ces éoliennes.

Trois autres sites (Pézenas, Coulobres, Thézan) sont à l'étude d'après le dossier déposé. Initialement il était prévu d'installer 60 éoliennes dans le secteur de Pézenas.

Pour la commissaire enquêtrice, les retombées économiques de l’installation du parc éolien sont substantielles. Elles viennent à l’échelle régionale jusqu’à l’aire biterroise alimenter principalement le secteur du BTP et les prestataires de la maintenance. Les collectivités locales ont, par leur décision, privilégié les enjeux de l’économie viticole et touristique des Avants-Monts et de l’arrière-pays Biterrois, en renonçant aux retombées économiques et fiscales du projet éolien sur Puissalicon. 

Concernant la crainte de dévalorisation des biens immobiliers, il peut être considéré que le panorama dégagé bénéficiant à l’urbanisation de la partie sud du village (qui regroupe plus de 60% des résidences) sera dégradé à des degrés variables par l’effet d’écrasement et la prégnance des éoliennes de grande hauteur à distance de 1000 m à 1600 m. Il convient d’en relativiser l’impact financier, la qualité paysagère de ce panorama ne constitue qu’un des paramètres rentrant dans l’évaluation globale du bien.

"Mon appréciation générale est que le dossier est conforme aux dispositions règlementaires, mais que les dispositions du projet, de par la diversité et l’importance des impacts, vont provoquer la dévalorisation du paysage emblématique d’un terroir viticole riche en patrimoines historiques, ainsi qu’une réduction des espèces à protéger, et dont les incidences sur le  cadre de vie et les activités économiques ne seront pas bénéfiques aux habitants de ce territoire", indique encore la commissaire enquêtrice.

Ce cadre préservé apparaît, pour les professionnels et les élus des collectivités territoriales, essentiel au développement de l’économie touristique (œnotourisme) de l’arrière-pays biterrois et territoire des Avants-Monts.

Enfin, les études acoustiques et de dangers répondent à des normes spécifiques qui laissent peu de place à l’interprétation ; néanmoins pour le public la qualification des niveaux sonores ou des risques (chutes..) restent peu compréhensibles et ne permettent pas d’en apprécier (ressentir) les effets. 

"Les résultats de l’étude acoustique et les précisions apportées par le DAe permettent de considérer des incidences peu gênantes (néanmoins perceptibles), qui exigent des contrôles réguliers en lien avec la population résidant au sud du village et les adaptations du bridage si besoin. L’impact sonore le plus fort concerne les abords des éoliennes dont la surface n’est pas négligeable et peut être un facteur limitatif des activités humaines (viticulture) et de la faune. Les risques d’accidents des éoliennes restent limités de par leurs faibles probabilités et l’installation de capteurs d’alerte, mais exigent une certaine vigilance et des procédures concertées avec les autorités locales. Les risques pour la santé humaine ne sont pas avérés", conclut le rapport de Martine Arquillière Charrière.

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