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Environnement

Participants, experts, réunions : tout savoir sur la Convention citoyenne pour le climat, qui commence ce vendredi

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

La Convention citoyenne pour le climat commence ce vendredi. 150 citoyens, tirés au sort, vont se pencher sur des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique, dans un esprit de justice sociale. France Bleu vous explique en quoi consiste ce dispositif.

Lors d'une manifestation de "Gilets jaunes" à Paris, en mars dernier.
Lors d'une manifestation de "Gilets jaunes" à Paris, en mars dernier. © AFP - Laure Boyer / Hans Lucas

Proposer des mesures équitables pour lutter contre le réchauffement climatique, sans relancer la colère des "Gilets jaunes" : c'est le but de la Convention citoyenne pour le climat, qui commence ce vendredi, alors que la France est loin de tenir ses engagements. Ce dispositif, inédit en France, fait suite au Grand débat qui a suivi la crise des "Gilets jaunes". La convention rassemble 150 Français tirés au sort, qui se réunissent à partir de ce vendredi, et vont plancher sur des mesures pour le climat pendant six week-ends, jusqu'à fin janvier. France Bleu répond aux questions que vous vous posez sur cette convention. 

Pourquoi une convention sur le climat avec des citoyens ? 

Après la crise des Gilets jaunes, dont la colère a été déclenchée par l'augmentation de la taxe carbone sur les carburants, le gouvernement a bien compris qu'il fallait accompagner les mesures pour le climat de mesures sociales. Pour répondre à cette demande, mais aussi au désir de davantage de démocratie directe et au sentiment de manque de représentation des citoyens, également exprimés pendant la crise des "Gilets jaunes", Emmanuel Macron a mis sur pied cette convention. 

Elle est chargée de définir des mesures environnementales "dans un esprit de justice sociale". Le but est de parvenir à "réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% d'ici à 2030 par rapport à 1990", comme le préconise l'accord de Paris.

Qui sont les participants ? 

Les 150 participants ont été tirés au sort, dans une liste de 255.000 numéros de téléphone. Ils représentent l'ensemble du pays, comme une "France en petit". Ils ont été sélectionnés selon des critères de représentativité comme le sexe, l'âge, la catégorie professionnelle, ou encore le lieu d'habitation. 

À l'image de la population française, le groupe est donc constitué de 51% de femmes et de 49% d'hommes, avec notamment 3% de 16/17 ans et 11% de 18/24 ans. 27% sont retraités. 26% de personnes sont sans diplôme ou avec un niveau Brevet des collèges. 13% vivent dans un quartier prioritaire, et deux personnes étaient encore SDF il y a peu. 1% sont agriculteurs. Quatre personnes habitent en Outre-mer.

"Les citoyens ne sont pas des experts et n'ont pas vocation à le devenir, on cherche leur jugement éclairé, il n'y a pas besoin d'avoir bac+8", a souligné Thierry Pech, le directeur de la fondation Terra Nova, coprésident du comité de gouvernance de la Convention.

Comment les participants ont-ils été tirés au sort ? 

L'échantillon a été constitué grâce à un tirage au sort parmi 255.000 numéros de téléphone générés automatiquement, dont 85% de portable et 15% de fixe. 30% des personnes contactées ont immédiatement donné leur accord pour participer. 35% ont demandé du temps pour réfléchir ou s'organiser, et au final, 35% des personnes contactées ont refusé, principalement en raison du temps nécessaire aux réunions. Une "réserve" de 40 suppléants a été mis en place en cas d'éventuelles défections.

Parmi les citoyens tirés au sort, Daniel Cohn-Bendit a été appelé. L'ancien eurodéputé EELV a décliné, faute de temps. Mais il n'est pas sûr qu'il aurait été retenu de toute façon. 

Comment vont se réunir les participants ? 

Les participants vont se réunir à Paris, dans les locaux du Conseil économique, social et environnemental.  Ils vont assister à six week-ends de réunion, la plupart sur trois jours, d'ici à fin janvier. Grâce à un nouveau tirage au sort, ils seront répartis en groupes de travail sur des grandes thématiques : se déplacer, consommer, se nourrir, se loger, produire et travailler. Ils se réuniront aussi régulièrement en séances plénières, retransmises sur le site de la convention.

Environnement oblige, ils sont fortement encouragés à se rendre aux réunions en train, à l'exception de ceux qui viennent d'Outre-mer. Les participants reçoivent une indemnité journalière pour compenser leur perte de revenus, comme pour les jurés d'assises. Leurs transports, l'hébergement et les frais de garde d'enfants sont également pris en charge.

Comment vont-ils pouvoir proposer des solutions pour le climat ? 

Pour enrichir leurs connaissances, les participants pourront consulter une documentation spécifique, également accessible à tous sur le site de la convention. Pendant les sessions de réunions, ils auront accès à de nombreux experts, scientifiques mais aussi économistes, chercheurs en sciences sociales ou encore politiques.

Une fois que les membres auront "un socle d'information, un état des lieux" sur le changement climatique et les moyens de lutter contre, il s'agira de déterminer "pourquoi ça ne marche pas suffisamment, où sont les points de blocage et les leviers possibles", précise à l'AFP Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat qui copréside le comité de gouvernance de la Convention. 

Le gouvernement va-t-il influencer leurs propositions ? 

En principe, non. Le gouvernement a souhaité garantir l'indépendance du processus : l'organisation en est confiée à un comité de gouvernance, coprésidé par Thierry Pech, le directeur de la fondation Terra Nova, et Laurence Tubiana, la présidente de la Fondation européenne pour le climat. Ce comité compte aussi un rapporteur et douze personnalités qualifiées dans le domaine de l'écologie, la démocratie participative, l'économie et le social. Cyril Dion, le co-réalisateur du documentaire "Demain", qui ne cache pas ses désaccords avec le gouvernement, fait par exemple partie du comité.

"Nous avons une paix royale, et je ne doute pas que ça va continuer", a assuré Thierry Pech à l'AFP à propos des relations avec le gouvernement. 

Le Premier ministre doit s'exprimer devant la convention ce vendredi, jour de son installation, mais uniquement pour en rappeler les enjeux. Une éventuelle intervention du président de la République  devrait aussi respecter "l'indépendance" de la convention.

Que vont devenir les propositions des citoyens ? 

Les citoyens vont proposer de faire adopter les mesures préconisées par plusieurs moyens : la réglementation, la loi, ou même par référendum. Les propositions seront publiques, et le gouvernement y répondra aussi publiquement. Emmanuel Macron s'est aussi engagé à publier un calendrier d’exécution. des mesures. La Convention pourra aussi exprimer son avis sur les réponses du gouvernement.

Cette convention peut-elle aboutir à des résultats ? 

En principe, oui, puisque les propositions seront soumises à une application par la réglementation ou un vote, au Parlement ou par référendum. En tout cas, ce modèle de Convention citoyenne, inédit en France, a été utilisé plusieurs fois en Irlande. Il a notamment débouché sur les référendums sur la légalisation de l'avortement ou le mariage pour tous.

Cette convention est-elle une opération de communication ? 

La démarche a beau être innovante, elle ne convainc pas tout le monde. Pour Greenpeace, les moyens d'agir contre le réchauffement sont connus, et l'exécutif se cache derrière cette convention pour ne pas assumer ses responsabilités. "La profusion de déclarations et d'instances est la parfaite illustration des manœuvres dilatoires du gouvernement," dénonce l'ONG auprès de l'AFP. 

Le député de La France insoumise François Ruffin, lui, affiche une certaine sympathie ironique pour une "sorte de Loft Story écolo", mais craint surtout une "opération d'enfumage, excuse pour ne rien faire en attendant".

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