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La sécheresse tue les arbres en forêt d'Orléans

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Les pins sylvestres meurent en forêt d'Orléans à cause de la sécheresse. Pour l'instant, l'Office national des forêts ne mesure pas l'ampleur du phénomène mais constate qu'il accélère.

Les pins sylvestres sont les premières victimes de la sécheresse, mais les chênes pourraient eux aussi être endommagés d'ici quelques années.
Les pins sylvestres sont les premières victimes de la sécheresse, mais les chênes pourraient eux aussi être endommagés d'ici quelques années. © Radio France - Noémie Philippot

La sécheresse transforme les pâtures du Loiret en champ de paille mais elle s'attaque aussi aux forêts du département. Avec le manque d'eau, certains arbres comme les pins sylvestres meurent littéralement sur pieds. Le phénomène gagne du terrain en forêt d'Orléans depuis trois ans et risque d'empirer. 

Des arbres qui sèchent et meurent à cause du manque d'eau, cela arrivait déjà ponctuellement à la fin de l'été. "Les premières mortalités ont eu lieu à l'automne 2018. Le phénomène s'est accentué en 2019 avec la sécheresse et les très fortes chaleurs combinées et il se poursuit. La nouveauté, c'est la répétition" explique Christophe Poupat, directeur de l'agence Val-de-Loire pour l'Office national des forêts (ONF). 2018, 2019, 2020 ... Les étés pendant lesquels l'eau manque s'enchaînent, ils risquent de devenir la norme et pour l'instant, l'ONF ne sait pas comment y faire face. 

Les pins sylvestres rougissent et perdent leur écorce

Si on regarde au niveau du tronc, certains pins semblent ne pas avoir de problème, mais en levant les yeux, le verdict tombe : "Vous voyez des rameaux morts, des aiguilles très clairsemées, ce qui est très mauvais signe" décrit Christophe Poupat. Cet arbre est en train de mourir, comme plusieurs des autres pins qui l'entourent avant lui. À quelques mètres à peine : "nous sommes au pied d'un pin sylvestre qui a été victime de la sécheresse. L'écorce se décolle, toutes les aiguilles sont rouges."

Si on lève les yeux, le phénomène est flagrant : ce pin a rougi en mourant de sécheresse, il se détache sur le vert de la forêt.
Si on lève les yeux, le phénomène est flagrant : ce pin a rougi en mourant de sécheresse, il se détache sur le vert de la forêt. © Radio France - Noémie Philippot

Pour l'instant, l'ONF voit seulement des pins sylvestre mais cela ne veut pas dire pour autant que d'autres essences ne sont pas menacées. Même si pour l'instant ils ne présentent aucun signe visible, les chênes pourraient aussi mourir à petit feu de la sécheresse : "Face aux sécheresses très prononcées, le chêne ne réagit pas immédiatement mais en général de deux à cinq ans après les sécheresses. C'est pour cela qu'au printemps 2020, nous avons fait un état 0 de de l'état sanitaire de nos chênes pour nous permettre d'avoir une photo avant ce qui pourrait être un dépérissement plus important." Dans l'Allier par exemple, l'ONF constate déjà des morts de chênes. 

L'écorce des pins morts depuis plus longtemps tombe toute seule. Mais ces arbres deviennent aussi des niches pour les insectes et la biodiversité.
L'écorce des pins morts depuis plus longtemps tombe toute seule. Mais ces arbres deviennent aussi des niches pour les insectes et la biodiversité. © Radio France - Noémie Philippot

Un survol en drone pour mesurer l'ampleur du phénomène 

Face à cette transformation inévitable de la forêt, l'ONF mène deux actions : des tests d'implantation d'autres arbres et une observation détaillée de l'état de la forêt d'Orléans. En petite quantité, il plante par exemple des chênes originaires du sud de la France, _"plus habitués à des climats plus sévères"_pour voir comment ils réagissent. Le pin maritime se sent désormais très bien dans les forêts loirétaines. 

En parallèle, un protocole vient d'être élaboré pour mesurer l'étendu des dégâts : "Nous avons lancé cet été un programme d'observation par drone. On a mis au point la méthodologie, déterminé quelles parcelles allaient être observées et les vols vont avoir lieu en septembre" explique Christophe Poupat. "Nous attendons septembre qui, normalement, devrait marquer la fin des grosses mortalités estivales pour déterminer, préciser l'ampleur du phénomène et puis voir quelle stratégie nous allons adopter."

En attendant, s'ils ne se trouvent pas en bord de voie forestière et que leur chute s'avèrerait dangereuses, ces pins sylvestres morts restent dans les parcelles et deviennent des niches pour les insectes et donc des refuges de biodiversité.

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