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Landes : la région refuse de financer la vague artificielle de Castets

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Par , France Bleu Gascogne

La région Nouvelle-Aquitaine dit non aux vagues artificielles. Il y a quelques semaines, la région réunissait une commission d'élus pour étudier deux projets de vagues artificielles dans la région. L'une à côté de Poitiers et l'autre à Castets dans les Landes. La région a émis un avis défavorable.

Le projet de parc Wavelandes Atlantique.
Le projet de parc Wavelandes Atlantique. - « The Cove® » - Wavelandes

Il y a  quelques semaines, fin mai, la région réunissait une commission d'élus et d'experts pour étudier et se faire présenter les deux projets de vagues artificielles dans la région. Celle à côté de Poitiers et dans les Landes, celle de la société Wavelandes à Castets. Après avoir écouté les arguments des porteurs de projet et ceux des opposants, la région a décidé de ne pas financer ces projets, pas convaincue notamment de leur impact environnementale. 

Anne-Laure Bedu, élue délégué à l’innovation à la région Nouvelle Aquitaine.

Pour rappel, la vague artificielle de Castets, c'est 40 à 60 millions d'euros de budget, c'est  9 hectares d'emprise au sol, un bassin de 155 mètres sur 155 mètres. Un projet qui prévoit d'embaucher 300 personnes en haute saison et d'accueillir 300 000 visiteurs par an, avec la possibilité de dormir sur place.   

Fin de la partie ? 

Ce refus de la région Nouvelle-Aquitaine de financer ces vagues artificielles signifie-t-il la fin des projets ? Non, la région Nouvelle-Aquitaine ne parle que pour elle mais explique que le fait que "l'on rejette ce projet n'est pas un bon signal pour les autres financeurs, collectivités,  banques ou investisseurs privés.  Mais le projet peut n’être porté que par des fonds privés".  

Et c'est d'ailleurs ce que répond la société Wavelandes que nous avons contactée et qui explique que pour elle, cette décision ne change rien. L'agence de communication, rattachée au projet landais, nous a d'abord répondu que les dirigeants ne feraient pas de commentaire  ... avant de faire elle-même, beaucoup de commentaires. 

Capture d'écran document présentation du projet Wave Landes daté du 25 mai 2020 à la région Nouvelle-Aquitaine
Capture d'écran document présentation du projet Wave Landes daté du 25 mai 2020 à la région Nouvelle-Aquitaine - PF

L'attaché de presse de Wavelandes s'est d'abord étonné de la décision de la région : "l'élue de la région parle du projet d'il y a deux ans. Il a beaucoup évolué". Selon lui, la société landaise n'a pas sollicité de subvention auprès de la région Nouvelle-Aquitaine et, de plus, elle n'a pas présenté son projet à cette commission de la région. Sauf que les élus de la région sont formels, Norbert Ducros, le patron de Wavelandes, était bien présent à la commission pour défendre son projet. Et le  document que nous nous sommes procurés montre que la société landaise sollicitait une subvention de 400 000 euros. 

"Un sanctuaire du surf et de la nature"

Si c'est l'argument environnemental qui semble en grande partie avoir dicté le refus de la région, et la colère des associations écologistes locales face au projet, c'est bien la carte verte que joue à fond Wavelandes. C'était déjà le cas lors de la présentation du projet en grande pompe il y a deux ans. Le projet était présenté comme éco-conçu. 

Mais dans la nouvelle version du projet que nous a présenté l'attaché de presse de la société landaise au téléphone, la défense de l'environnement est devenue la pierre angulaire.  

Désormais Wavelandes affiche l'ambition de faire de son parc : "un sanctuaire du surf et et de la nature". Un parc à "vocation militante où les associations écologistes viendront éduquer les visiteurs à l'écologie", ajoute l'attaché de presse. Avant de conclure  : "on va monter une fondation qui financera des associations écolos avec de l'argent reversé sur chaque vague surfée". 

Réaction de Didier Tousis, porte parole du collectif landais Noutous, opposé à la vague artificielle de Castets

Alors ont-il déjà des contacts avec des associations intéressées ? Comme Surfrider Foundation par exemple ? "Ah non  ... eux, ils sont contre les vagues artificielles", répond l'attaché de presse de Wavelandes embarrassé. Et effectivement sur le site de l'association, on peut lire ceci :  "nous sommes contre le développement de ces vagues artificielles. Ce sont des projets à vocation principalement économique et récréative, dont on peut largement questionner la pertinence, qui plus est quand l’implantation de ces structures est relativement proche de l’océan, à proximité de vagues naturelles."

L'enthousiasme refroidi

Pour voir si la décision de la région, l'avis défavorable émis, avait refroidi les collectivités concernées par le projet, nous avons contacté le maire de Castets, Philippe Mouhel, qui a donné le terrain à Wavelandes. Il s'est d'abord montré surpris que ce soit une commission, et non les élus en assemblée à la région, qui prennent une telle décision. Mais pour lui, cela ne change rien. 

Et quand nous lui avons demandé s'il avait des nouvelles de la recherche d'investisseurs par Wavelandes ou pour le début des travaux sur le site : "Non aucune nouvelle. Mais la vie continue et si cela ne se fait pas, on a d'autres projets pour la commune, je ne suis pas inquiet". 

Pour le président de la  communauté de commune Côte Landes Nature qui soutien le projet depuis le début : "en ce moment de vague verte, ce projet bouscule un peu les assos". Gérard Napias, non plus, n'a pas de nouvelle sur la recherche de financement de Wavelandes. "Mais la Fédération Française de surf et le ministère des sports sont pour", explique-t-il. 

Sauf que, visiblement, ce n'est plus aussi simple pour la Fédération Française de Surf. Dans les couloirs du bâtiment, face à l'océan à Hossegor, on marche sur des œufs quand il faut aborder le sujet des vagues artificielles. 

La dernière déclaration de Jean-Luc Arassus, le président de la fédération, date de fin janvier au magazine Surf Session. Et il disait ceci : "On ne soutiendra les projets que dans la mesure où il sont dans une logique de respect de l'environnement. Aujourd'hui il n'y a qu'un seul projet qui continue d'être d'actualité pour nous, c'est Sevran. Pour les autres, je n'ai plus de nouvelles." Selon nos informations, depuis cette déclaration, Jean-Luc Arassus aurait de nouveau vu les dirigeants de Wavelandes. Mais il n'a pas voulu nous répondre. Tout le monde semble avoir le pied sur la pédale de frein.

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