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Environnement

VIDÉO - Le "7e continent" sur la piste du plastique en Méditerranée

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Par , France Bleu Hérault

Une expédition scientifique part en Méditerranée pendant trois semaines pour collecter des données sur les taux de concentration de plastiques et nanoplastiques en surface et en profondeur.

La goëlette de l'association "Expédition 7ème continent" part avec 4 marins et 4 scientifiques à son bord.
La goëlette de l'association "Expédition 7ème continent" part avec 4 marins et 4 scientifiques à son bord. © Radio France - Marie Ciavatti

Sète, France

Le "7e continent" largue les amarres ce lundi à Sète (Hérault), direction la Méditerranée nord-occidentale, entre les Baléares et la Sardaigne. Cette goélette de 26 mètres de long part pour une expédition scientifique destinée à mesurer la présence de plastiques en mer. Huit personnes à bord : quatre marins et quatre chercheurs qui vont étudier les concentrations des micro et nanoplastiques, leur décomposition et leur impact sur les organismes marins.  

Nos poubelles débordent

"En tant que scientifiques, nous sommes des lanceurs d'alerte de ce qu'on voit en mer. Et c'est édifiant, explique Jean-François Ghiglione, biologiste, directeur de recherche au laboratoire d'océanologie de Banyuls-sur-Mer. On sait que 10% des déchets finissent en mer, nos poubelles débordent. Quand ça part en mer, c'est pour des générations et des générations. Il faut complètement diminuer notre consommation. Ce qu'on trouve en mer, ce sont tous les plastiques à usage unique. Ils ont une durée de vie très courte mais vont polluer les océans pendant des dizaines d'années."

Manque de données scientifiques

La Méditerranée est souvent présentée comme la mer la plus polluée du monde, avec quatre fois plus de plastique en surface que sur le 7e continent, le vortex de déchets du Pacifique nord, dont on estime que la surface est équivalente à trois fois celle de la France. 

Cette pollution des mers par le plastique est devenue un phénomène très médiatisé. Mais paradoxalement, on manque de données scientifiques précises pour évaluer l'ampleur du drame et donner un diagnostic. 

Un laboratoire à bord de la goélette pour conditionner les échantillons - Radio France
Un laboratoire à bord de la goélette pour conditionner les échantillons © Radio France - Marie Ciavatti

Des prélèvements jusqu'à 100 mètres de profondeur

Il s'agit de rapporter d'innombrables échantillons prélevés en surface et en profondeur jusqu'à 100 mètres sous l'eau, pour ensuite identifier la nature des plastiques et des organismes qui s'y accrochent. "Le plastique, on s'est aperçu qu'il était devenu un nouvel habitat, dit Jean-François Ghiglione. Ce n'est pas quelque chose d'inerte. Plein de micro-organismes se mettent dessus et c'est comme des petits radeaux." Le plastique peut ainsi transporter des agents pathogènes. 

Une soupe de plastique

Mais n'imaginez pas forcément des amas de plastiques flottant à la surface de l'eau. Le plus grand des dangers est ce plastique dégradé, que l'on ne voit plus à l’œil nu et qui a colonisé la Méditerranée. Un polluant invisible au cœur de cette expédition. Alexandra Ter-Halle, chimiste, est chargée d'étudier les microplastiques (de la taille d'un grain de riz) et les nanoplastiques, un million de fois plus petits. 

"On les a détectés, dit-elle, mais on ne sait pas encore quelle est leur structure exacte, leur nature chimique. Il a été montré que ces particules se déplaçaient dans tout l'organisme et qu'il y avait un transfert dans la chaîne alimentaire et à la génération suivante. C'est à dire que quand un poisson est contaminé, on retrouve ces particules dans les alevins". D'où l'importance de mener des tests de toxicité. 

Un groupement de chercheurs

Preuve d'un vrai tournant : cette année, un groupement de recherche ultra spécialisé autour du plastique a vu le jour, qui réunit près de 250 chercheurs en France issus d'une cinquantaine de laboratoires publics, pour faire accélérer la recherche sur le plastique, ses conséquences et ses alternatives.

"Des scientifiques, donneurs d'alerte". Jean-François Ghiglione, directeur de recherche au CNRS

Sur les traces du plastique. Reportage

Le danger de l'invisible. Reportage

La rosette, équipée de bouteilles Niskin, permet de prélever des échantillons à différentes profondeurs - Radio France
La rosette, équipée de bouteilles Niskin, permet de prélever des échantillons à différentes profondeurs © Radio France - Marie Ciavatti
La goélette est assez grande pour permettre la cohabitation de 8 membres d'équipage pendant trois semaines.  - Radio France
La goélette est assez grande pour permettre la cohabitation de 8 membres d'équipage pendant trois semaines. © Radio France - Marie Ciavatti
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