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Environnement
Dossier : Le G7 à Biarritz

Incendies en Amazonie : le Brésil conditionne l'aide du G7 au retrait des "insultes" de Macron

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Le président brésilien, a refusé, ce mardi matin, les 20 millions de dollars proposés par le G7 pour éteindre les feux qui ravagent la forêt amazonienne. Quelques heures plus tard, le président Bolsonaro a indiqué qu'il accepterait cette aide à condition qu'Emmanuel macron "retire ses insultes."

Un incendie près d'Abuna, dans l'état de Rondonia au Brésil, le 24 août.
Un incendie près d'Abuna, dans l'état de Rondonia au Brésil, le 24 août. © AFP - CARL DE SOUZA

France

Au lendemain de la fin du G7, le Brésil a rejeté l'aide de 20 millions de dollars débloqués par les sept pays en clôture du sommet lundi 26 août, destinés à fournir des moyens humains et matériels pour combattre les flammes en Amazonie. C'est ce qu'a déclaré ce mardi matin le chef de cabinet du président brésilien Jair Bolsonaro. Il conseillait à Emmanuel Macron de s'occuper de "sa maison" et de "ses colonies" et l'a raillé pour l'incendie de Notre-Dame. Cet après-midi, le président brésilien a indiqué qu'"avant de discuter et d'accepter quoi que ce soit de la France", Emmanuel Macron "doit retirer ses paroles et à partir de là, nous pourrons parler".

Des moyens "plus pertinents" pour la reforestation de l'Europe

"Nous remercions le G7, mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l'Europe", avait écrit sur son blog Onyx Lorenzoni, dont le rôle est équivalent à celui d'un chef de gouvernement dans la matinée. "Macron n'arrive même pas à éviter un incendie prévisible dans une église qui fait partie du patrimoine mondial de l'humanité, et il veut nous donner des leçons pour notre pays?", a-t-il également lancé, en faisant référence à l'incendie qui a touché la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier.  

"Il a beaucoup à faire chez lui et dans les colonies françaises", a-t-il ajouté, faisant référence aux départements et territoires d'outre-mer de la France, dont fait partie la Guyane, frontalière du Brésil et qui comprend une petite partie de la forêt amazonienne.  "Le Brésil est une nation démocratique, libre et n'a jamais eu de comportements colonialistes et impérialistes comme c'est peut-être l'objectif du Français Macron. D'ailleurs, avec un fort taux interne de rejet", a aussi affirmé M. Lorenzoni. 

Bolosnaro prêt à discuter si Macron "retire ses insultes"

Quelques heures plus tard, Jair Bolsonaro a apostrophé Emmanuel Macron : "Monsieur Macron doit retirer les insultes qu'il a proférées contre ma personne", a-t-il déclaré à quelques journalistes, évoquant les accusations de son homologue selon lesquelles il avait "menti" sur ses engagements environnementaux. "D'abord il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte", a dit Jair Bolsonaro avant de rencontrer les neuf gouverneurs d'Etats d'Amazonie. Jair Bolsonaro évoque souvent "notre Amazonie" et a accusé Emmanuel Macron d'avoir une "mentalité colonialiste". Au dernier jour du sommet de Biarritz, Emmanuel Macron s'était interrogé sur l'opportunité de conférer un statut international à la forêt amazonienne, au cas où les dirigeants de la région prennent des décisions nuisibles pour la planète. "Avant de discuter et d'accepter quoi que ce soit de la France", Emmanuel Macron "doit retirer ses paroles et à partir de là, nous pourrons parler", a insisté le président brésilien.
Interrogé sur ces déclarations, la présidence française n'a pas souhaité commenter. 

Des relations tendues

Avant ces déclarations, le ministre de l'Environnement, Ricardo Salles, avait pourtant estimé que l'aide proposée par le G7 était "bienvenue". Mais Jair Bolsonaro s'est ensuite réuni avec quelques ministres et son chef de cabinet a changé de ton. "Personne n'a besoin d'une nouvelle initiative sur l'Amazonie", a abondé le chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, faisant valoir qu'il existait déjà des mécanismes sous l'égide de la Convention du climat de l'ONU "pour financer le combat contre la déforestation, et pour reforester".  

Jair Bolsonaro avait lui-même pourfendu la proposition d'Emmanuel Macron dès lundi, en tweetant: "Nous ne pouvons accepter qu'un président, Macron, lance des attaques déplacées et gratuites contre l'Amazonie, ni qu'il déguise ses intentions derrière l'idée d'une alliance de pays du G7 pour sauver l'Amazonie, comme si c'était une colonie".  

Les tensions entre la France et le Brésil se sont singulièrement accrues depuis la semaine dernière, lorsque le président Emmanuel Macron a appelé les dirigeants des membres du G7, qui s'est tenu à Biarritz de samedi à lundi, à discuter en urgence des incendies en Amazonie. 

Son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, l'avait alors accusé d'avoir une "mentalité colonialiste". Il s'en est ensuite pris au physique de Brigitte Macron, l'épouse du président français. Ce dernier a répliqué que c'était "triste d'abord pour lui et pour les Brésiliens" et qu'il espérait que "très rapidement" les Brésiliens "auront un président qui se comporte à la hauteur".

Une aide pour éteindre les flammes

Cette aide de 20 millions de dollars est pourtant l'annonce phare du G7. Une aide immédiate destinée à envoyer des avions Bombardier d'eau dans les huit pays d'Amazonie, en plus du Brésil. Aide qui devait d'ailleurs aussi permettre de financer la reforestation. D'autres pays avaient aussi prévu de donner, ainsi que des entreprises, comme le géant du luxe LVMH, ou l'acteur Leonardo Di Caprio.

Le G7 attendait l'accord du Brésil, qui vient donc de décliner. 

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