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Le bruit sismique de l'activité humaine a baissé de 50% pendant le confinement

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Une étude parue ce vendredi dans la prestigieuse revue "Science" montre l'importance de l'activité humaine dans le bruit de fond sismique. Éric Larose, chercheur CNRS à Grenoble (Isère) est l'un des auteurs de l'article.

Les grenoblois ont mieux respiré pendant le confinement Les grenoblois ont mieux respiré pendant le confinement
Les grenoblois ont mieux respiré pendant le confinement © Radio France - Véronique Saviuc

On le sait depuis Lucky Luke : pour savoir si un train arrive, il suffit de coller son oreille sur le rail. C'est un peu ce qu'ont fait 76 chercheurs venus de 27 pays dont la France. Ces scientifiques, qui appartiennent notamment à l'Institut de Physique du Globe de Paris et de Strasbourg et à l'Institut des Sciences de la Terre, ont analysé les données enregistrées pendant le confinement par quelques 300 stations sismiques disséminées un peu partout sur la planète. Leur synthèse, publiée ce vendredi dans la prestigieuse revue Science ("Global quieting of high-frequency seismic noise due to COVID-19 pandemic lockdown measures"), étudie le phénomène de "quiétude" observée dans le sous-sol durant la période de confinement. 

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Si, historiquement, les capteurs sismiques ont été conçus pour étudier les tremblements de terre, ils perçoivent et enregistrent ce que les scientifiques appellent "le bruit de fond sismique", des vibrations générée principalement par l'activité humaine et, en premier lieu, par le transport et l'industrie. Il s'agit d'infrasons (des notes très graves inaudibles par l'oreille humaine) dont les fréquences varient de 4 à 14 Hertz.   

Légère reprise de l'activité au bout de trois semaines de confinement  

Première observation de l'étude : le "bruit de fond" a diminué de 50% durant le confinement... une chute inédite dans l'histoire des observations, de mémoire de scientifique. Il faudrait revenir plusieurs décennies en arrière pour atteindre le niveau mesuré durant le confinement. "On ne s'attendait pas du tout à cette ampleur, note Éric Larose, chercheur au CNRS et géophysicien à l'ISTerre (Institut des Sciences de la Terre, Grenoble). Cela montre bien que l'activité humaine est extrêmement importante dans les vibrations du sous-sol." Le niveau de vibration a d'abord diminué en Chine à partir de janvier, avant de suivre le trajet des pays qui ont successivement adopté des mesures de confinement, jusqu'à la France. 

L'étude permet aussi de déduire le degré d'observance des mesures prises pour endiguer l'épidémie de Covid-19 . "On apprend par exemple qu'il a fallu une semaine au moment du confinement pour que l'activité baisse réellement, souligne Éric Larose ; c'est-à-dire qu'on n'arrête pas les transports et l'industrie comme ça du jour au lendemain. On a observé aussi en France, comme en Europe, qu'au bout de trois semaines, alors qu'on était toujours dans un confinement aussi strict, il y a eu une petite reprise d'activité des vibrations. Ce qui pourrait suggérer - c'est une question que l'on se pose - que ce confinement strict, il est socialement ou économiquement difficile de le prolonger au-delà de trois semaines."   

Une nouvelle méthode d'analyse plus protectrice de la vie privée  

Au-delà de ces observations, l'étude parue dans Science suggère aussi que les relevés sismiques peuvent servir d'indicateurs de l'activité humaine. Une méthode alternative qui permet de se passer d'autres types de données comme celles générées par la téléphonie mobile, dont l'utilisation est soumise à controverse. "Les vibrations sont anonymes, note Éric Larose : on ne peut pas dire exactement d'où elles viennent et de qui elles viennent, ce qui garantit une certaine protection de la vie privée."

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