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Le canal de l'Escaut pourrait subir "l'une des plus grosses pollutions dans le Nord depuis 20 ans"

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Depuis le 9 avril dernier et la fuite constatée sur un bassin de stockage d'eau de lavage de betteraves de l'entreprise Tereos, à hauteur Thun-Saint-Martin (Nord), plusieurs tonnes de poissons ont été retrouvés morts tout le long du canal de l'Escaut jusqu'en Belgique.

La fédération du Nord pour la pêche et la protection du milieu aquatique alerte sur la pollution La fédération du Nord pour la pêche et la protection du milieu aquatique alerte sur la pollution
La fédération du Nord pour la pêche et la protection du milieu aquatique alerte sur la pollution - © Page Facebook de la fédération du Nord pour la pêche

"Je crois que c'est l'une des plus grosses pollutions depuis 20 ans dans le département du Nord" se désole Emmanuel Petit, le directeur de la fédération du Nord  pour la pêche et la protection du milieu aquatique qui fait le constat de plusieurs tonnes de poissons retrouvés morts en surface du canal de l'Escaut depuis le 9 avril dernier.

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Ce jour-là, une fuite est détectée dans l'après-midi par l'entreprise Tereos au niveau de la digue d'un bassin de stockage d’eau de lavage des betteraves situé sur la commune de Thun-Saint-Martin (Nord), à l'est de Cambrai. 

100 000 m3 d'eau se sont déversés

L'entreprise explique avoir "immédiatement" contacté un prestataire pour tenter de contenir cette fuite mais elle s'est étendue très rapidement et le bassin, d'une contenance de 100 000 m3, s'est entièrement vidé.

"L’incident a causé l’inondation de parcelles agricoles avoisinantes. Quelques jardins, garages et maisons situés à proximité sont également touchés.   Par ailleurs, l’eau du bassin s’est écoulée dans un ruisseau (La Râperie) qui se déverse dans l’Escaut" précise encore l'entreprise sucrière.

Dans les heures et les jours qui ont suivi cet incident et encore jusqu'en ce début de semaine, des milliers de poissons ont été retrouvés morts, flottants à la surface ou échoués sur les berge de l'Escaut depuis Thun-Saint-Martin jusqu'en Belgique en passant par Valenciennes. "On a vu aussi des poissons en difficultés, à la surface pour essayer de prélever un peu d'oxygène dans l'air" explique Emmanuel Petit.

Autant de signes qui font penser à une pollution d'origine organique. Cela signifie qu'une trop grande quantité de matière organique est présente dans l'eau et que sa dégradation par le milieu naturel absorbe l'oxygène présente dans l'eau et asphyxie les êtres vivants qui la peuplent. En l'occurrence, les poissons tels "l_es gardons, les brochets, les carpes, les anguilles_" mais aussi les insectes qui vivent dans l'eau détaille le directeur de la fédération. Ces matières organiques pourraient donc être des résidus de betteraves.

Le seul remède : attendre

Le problème de ce genre de pollution c'est qu'il n'y a pas grand-chose à faire si ce n'est attendre explique Bertrand Warnez, le chef du service départemental pour le Nord de l'office français de la biodiversité , la police de l'environnement.

"Il faut faire confiance à la capacité de résilience de la nature et des milieux naturels qui pourraient se rétablir et se reconstituer dans doute sur plusieurs années" poursuit-t-il.

Pour l'heure, l'enquête ne fait que commencer. Il y a le constat du déversement de ces eaux mais le lien entre cette réalité et donc la responsabilité de Tereos et la mortalité des poissons reste à établir. Les éléments de l'enquête sont transmis au parquet de Cambrai.

En effet, le fait de déverser des substances toxiques dans l'eau qui porte un préjudice grave à la biodiversité constitue un délit pénal puni jusqu'à 2 ans de prison et 75 000 euros d'amende.

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