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Le fléau des lingettes désinfectantes pour la station d'épuration de Belfort

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Un nouveau fléau envahit le réseau d'eaux usées du Grand Belfort: les lingettes. Utilisées en masse depuis le début de la crise du coronavirus, certains les jettent dans les toilettes. Problème: comme tous les déchets fibreux, elles ne se dégradent pas et bouchent les canalisations d'évacuation.

Un des bassins d'aération de la station d'épuration de Belfort Un des bassins d'aération de la station d'épuration de Belfort
Un des bassins d'aération de la station d'épuration de Belfort © Radio France - William Gay Costa

"Il ne faut pas confondre son toilette avec sa poubelle", rappelle Mélanie Sandoz, la responsable de la station d'épuration de Belfort. Des déchets non-dégradables en station d'épuration se retrouvent dans les eaux usées. De plus, le phénomène s'est accentué ces dernières semaines. Des milliers de lingettes sont jetées dans les toilettes et risquent de boucher les 600 km de canalisations qui parcourent les sous-sols du Grand Belfort. Les conséquences sont aussi destructrices pour l'usine de dépollution.

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Des déchets difficiles à éliminer

Dès l'arrivée des eaux usées dans la station, elles font leur apparition dans les bassins: les filasses. "Les gens déversent dans les toilettes des choses fibreuses dans les réseaux. Ça va un peu se déliter et puis elles vont s’agglomérer entre elles et ça va faire de longues fibres. C'est ce qu'on appelle des filasses", explique la responsable de la station. 

Des filasses extraites lors de la première étape de filtration © Radio France - William Gay Costa

Un phénomène existant aggravé par la crise sanitaire.

Les lingettes utilisées pour la désinfection et les masques se retrouvent maintenant dans les égouts. "On évacue quasiment 50 tonnes de déchets qui ne devraient pas arriver en station d’épuration, qui devrait être bien éliminé en amont et tout simplement mis à la poubelle au lieu d’être déversées dans les toilettes ou dans la rue par exemple", déplore la responsable.

Malgré une première filtration, ces déchets non dégradables parviennent à passer au travers des mailles du filet. Dans les bassins d'aération, presque trois étapes de dépollution plus tard, elles sont encore là, avec des conséquences graves sur les installations. "Il faut les sortir manuellement. Ça ne s’envole pas par magie, ça ne disparaît pas. Il faut une opération humaine et manuelle pour s’en débarrasser !", détaille Mélanie Sandoz.

Mélanie Sandoz, devant l'un des bassins d'aération © Radio France - William Gay Costa

Des interventions qui ont un coût. "On est obligé de mobiliser des équipes d’astreinte qui sont capables d'intervenir 7 jours sur 7 24h/24, précise Antoine Burrier, le directeur de l'eau et de l'environnement au Grand Belfort. Le coût est important et il se répercute effectivement quelque part : c'est sur la facture d'eau des consommateurs".

À la sortie de la station, l'eau rejetée dans la Savoureuse est finalement débarrassée de ses filasses. qui seront envoyées à l'incinération. 

Des risques en amont

Mélanie Sandoz et Antoine Burrier préviennent: les risques existent aussi en amont de la station d'épuration. Les filasses peuvent encombrer votre évacuation personnelle et nécessiter une intervention coûteuse. Elles peuvent aussi obstruer des canalisations en ville et boucher des pompes. Les eaux usées pourraient alors remonter dans les habitations et refouler par les toilettes et les bondes d'évacuation.

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