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Le nombre d'oiseaux a chuté de près d'un tiers en trente ans

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Le déclin des oiseaux, en ville comme à la campagne, se confirme en France. Leur population a chuté de près d'un tiers en 30 ans, et la situation continue de s'aggraver, alertent les experts de l'Office français de la biodiversité, du CNRS et de la Ligue de protection des oiseaux ce lundi.

Un geai bleu, comme on peut en voir dans certains jardins.
Un geai bleu, comme on peut en voir dans certains jardins. © AFP - David Himbert/Hans Lucas

Que ce soit en ville ou à la campagne, les oiseaux voient leurs populations s'effondrer à cause des activités humaines, alertent ce lundi les scientifiques de plusieurs instances. Ils soulignent notamment la nécessité de pratiques agricoles plus vertes et de créer des réserves naturelles, pour tenter de freiner cette hécatombe.

Il y a trois ans déjà, "un niveau proche de la catastrophe écologique"

Entre 1989 et 2019, des ornithologues bénévoles ont suivi l'évolution des populations de 123 espèces d'oiseaux les plus communes en France, via le programme de Suivi temporel des oiseaux Communs, car elles constituent un bon indicateur de l'état de la nature. En 2018, le Muséum national d'histoire naturel et le CNRS tiraient déjà la sonnette d'alarme, parlant d'un déclin à "un niveau proche de la catastrophe écologique". Trois ans plus tard, le MNHN, l'Office français de la biodiversité et la Ligue de protection des oiseaux , la LPO, ne sont pas plus optimistes, avec 43 espèces en déclin, une quarantaine stable et 32 en expansion.

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Hirondelles, moineaux, alouettes ou perdrix décimées 

Des oiseaux familiers des villes, comme les hirondelles ou les moineaux friquet sont "en fort déclin", alerte le communiqué des différentes organisations. En cause, "l'artificialisation toujours plus forte", la pollution et les rénovations de bâtiments, qui les privent de cavités où nicher. Plus globalement, "cette faune si familière est en fort déclin  : -28% d'oiseaux en moins depuis 1989".

La situation est pire pour les oiseaux des milieux agricoles, comme "l'alouette des champs et les perdrix, qui ont perdu près du tiers de leurs effectifs en 30 ans".

En forêt, la situation est moins mauvaise avec une baisse des effectifs de 10% en 30 ans. 

En plus de ces mauvaises nouvelles, les oiseaux doivent aussi composer avec le changement climatique.

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Des espèces ne développement, une fausse bonne nouvelle

Les chercheurs mettent par ailleurs en garde contre la "fausse bonne nouvelle" de l'augmentation de populations de certaines espèces plus adaptables, comme le pigeon ramier ou la mésange bleue : elle "révèle en fait une uniformisation de la faune sauvage".

Les pesticides et le modèle agricole en cause

"Le modèle agricole intensif développé après-guerre et encouragé par la PAC est en grande partie responsable, pour avoir fait disparaître ou transformé leurs habitats et pour avoir diffusé massivement des produits chimiques, dont les pesticides", "en particulier les néonicotinoïdes", affirment les experts.

Pour lutter contre leur déclin, plusieurs solution peuvent s'avérer efficaces, notamment les réserves naturelles, ou "des aides financières conditionnées à un 'scénario vert', qui doivent être développées dans le projet de la nouvelle Politique agricole commune".

La LPO, le Muséum d'histoire naturelle l'Office français de la biodiversité demandent "l'arrêt de l'utilisation massive et déraisonnée des pesticides, un soutien efficace à l'agro-écologie, une réduction de l'artificialisation des sols" et 'un soutien à la stratégie nationale des aires protégées".

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