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Dossier : Coronavirus Covid-19

Le projet d'installation d'un laboratoire P3 près de la frontière française fait polémique en Andorre

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Par , France Bleu Roussillon

Le groupe pharmaceutique espagnol Grifols va installer en 2023 un nouveau laboratoire, classifié comme "pathogène de classe 3" (P3), à Ordino, en Andorre, pour y développer l'immunologie. Des habitants ont déjà lancé une pétition pour s'opposer au projet, par peur d'une "fuite de virus".

Le laboratoire P3 d'Ordino sera à la pointe de la recherche en immunologie.
Le laboratoire P3 d'Ordino sera à la pointe de la recherche en immunologie. © Maxppp - François Destoc

C'est un projet qui fait grand bruit après la crise sanitaire que nous venons de connaître. En Andorre, le groupe pharmaceutique espagnol Grifols compte installer un laboratoire de haute sécurité sur la commune d'Ordino en 2023. Il s'agira d'un laboratoire de type P3, autrement dit "pathogène de classe 3". Soit juste un niveau en-dessous du labo P4 de Wuhan, en Chine, toujours au coeur d'une enquête presque deux ans après l'apparition du Covid-19.

Ce nouveau laboratoire serait l'un des plus grands centres de recherche en immunologie d'Europe. Le gouvernement andorran s'y est engagé comme actionnaire à 20%. Mais le projet est encore très opaque et inquiète beaucoup d'habitants, dont certains ont lancé une pétition pour dire leur refus du projet. D'abord parce qu'on ne sait pas exactement ce qu'il s'y passera. Des virus pourraient y être étudiés, notamment le Covid-19, mais le groupe pharmaceutique refuse pour l'instant d'en dire plus.

Pas de loi de bioéthique en Andorre

Les opposants au projet se posent aussi la question du choix de l'Andorre pour un laboratoire de type P3. Ce n'est pas pour profiter du système fiscal avantageux, affirme Grifols. Pour la députée de l'opposition Carine Montaner, l'explication est simple : l'Andorre, contrairement à l'Union européenne, n'a signé aucune convention internationale de bioéthique. La principauté est donc beaucoup plus souple sur ces questions-là. Le gouvernement promet de signer une loi sur le sujet, mais uniquement une fois le projet lancé.

Se pose également le choix de l'emplacement retenu pour ce centre de recherche en immunologie. Il sera situé sur la commune d'Ordino, mais également en plein espace naturel protégé, une "réserve de biosphère" gérée par l'Unesco. L'autorisation a-t-elle été demandée à l'agence de l'ONU ? Là encore, silence radio. 

Impréparation en cas d'accident

Après cette période de crise sanitaire, et alors que l'hypothèse d'un virus "échappé" du laboratoire de Wuhan n'est toujours pas écartée, certains habitants craignent un scénario similaire à Ordino. "On peut avoir un virus qui s'échappe d'un laboratoire, notamment parce que le site est à côté d'une rivière et que les inondations sont monnaie courante en Andorre", s'inquiète Joamé, un citoyen engagé à l'origine de la pétition contre le labo. "Cela pourrait mettre en danger toute la région : la population, la faune et la flore, et ce jusqu'en France et en Espagne."

Si jamais il y a un accident de ce type dans le labo, nous serons incapables d'y faire face.

Joamé s'inquiète aussi de l'impréparation de l'Andorre en cas d'urgence sur de telles installations. "Si jamais il y a un accident de ce type-là un jour, nous serons incapables d'y faire face", affirme-t-il. "Nous n'avons pas de pompiers formés pour ça, pas le matériel adapté, pas un hôpital prêt à endiguer un tel problème, pas les médecins ou les infirmières... On devrait être capables de vérifier toute cette chaîne de sécurité."

De son côté, le gouvernement met surtout en avant sa volonté de diversifier l'activité économique de la principauté. Développer la recherche scientifique pour en finir avec la dépendance au tourisme et au commerce transfrontalier.

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