Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Environnement

Les agriculteurs de la FDSEA de la Somme mobilisés contre les zones de non-traitement

-
Par , France Bleu Picardie

Ils ont manifesté devant les locaux de la Direction de l'Agriculture et de la Forêt. Une mobilisation pour protester contre l’arrêté gouvernemental qui impose des distances entre les cultures et les habitations pour protéger les riverains des pulvérisations de pesticides.

Les agriculteurs ont manifesté devant le siège de la DRAAF
Les agriculteurs ont manifesté devant le siège de la DRAAF © Radio France - Claudia Calmel

Ils étaient environ soixante-dix, ce vendredi 17 janvier, rassemblés devant les locaux de la DRAAF (Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) rue St-Fuscien à Amiens. Des agriculteurs de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Somme opposés aux zones de non-traitement. Depuis le 1er janvier 2020, un arrêté impose des distances minimales entre les cultures et les habitations lors des pulvérisations de pesticides. Les exploitants redoutent des pertes financières et une recrudescence de l’ « agribashing », cette pratique qui consiste à attaquer les agriculteurs sur leur façon de travailler (notamment ceux qui pratiquent l’agriculture intensive) dans les médias ou sur les réseaux sociaux. 

« 200 millions d’euros de perte par an pour les Hauts-de-France »

Les distances entre les cultures et les habitations imposées par l’arrêté sont variables : 5 mètres pour les cultures basses comme les légumes et les céréales, 10 mètres pour les cultures hautes comme les arbres fruitiers et jusqu'à 20 mètres pour les produits les plus dangereux.

Laurent Degenne, le président de la Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles des Hauts-de-France  - Radio France
Laurent Degenne, le président de la Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles des Hauts-de-France © Radio France - Claudia Calmel

Selon la FDSEA, ces zones de non-traitement vont, mécaniquement, réduire les surfaces cultivées. Ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour les 24.000 agriculteurs de la région pour Laurent Degenne, le président de la Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles des Hauts-de-France : « On a fait une estimation basse : _pour les cinq départements, c’est 200 millions d’euros de perte par an pour les Hauts-de-France_. Ça commence à faire une somme importante. Il faut renouer le dialogue entre les riverains, la société et les agriculteurs. »

« Qui va me rembourser ? »

Ces zones de non-traitement sont un non-sens pour Jean-Luc Choquet. Il cultive notamment des betteraves, du blé et des pommes de terre à Aizecourt-le-Bas près de Péronne : « Personnellement, je fais le tour du village, je ne traite pas quand il y a du vent et quand je vois que mes voisins ou leurs enfants sont dans leur jardin, je ne traite pas non-plus. C’est une question de bon sens ! Toutes ces surfaces qui vont être perdues, c’est énorme. Sur mon exploitation, ça représente un demi-hectare sur cent. Qui va me rembourser ? On est respectueux du sol, on, l’entretient et on a besoin de lui pour vivre : on ne va tout de même pas l’empoisonner avec n’importe quoi. » 

« C’est comme si on participait à un match de foot et qu’on nous obligeait à jouer avec des chaussures de ski »

Les manifestants ont été reçus par des membres de la DRAAF pour évoquer ces zones de non-traitement. Un dossier qui pourrait encore renforcer l’agribashing pour Jean-Yves Bricout, le président de l'union des syndicats agricoles de l'Aisne : « Ce qu’on reproche au gouvernement, c’est de suivre une émotion qui peut être légitime, mais nous, on vit dans nos villages. Nous sommes sur le terrain, nos enfants sont dans les écoles et bien évidemment, nous sommes très attentifs à la santé de la population. Avec ce genre de dispositions, on va finir par importer à jet continu des produits bourrés d’OGM, de la viande aux hormones et aux antibiotiques et ça, ce n’est pas possible. _On nous impose toujours des décisions brutales, à nous les agriculteurs_. C’est comme si on participait à un match de foot et qu’on nous obligeait à jouer avec des chaussures de ski : ce n’est pas possible, on va forcément perdre à la fin. » 

Jean-Yves Bricout, président de l'Union des Syndicats Agricoles de l'Aisne  - Radio France
Jean-Yves Bricout, président de l'Union des Syndicats Agricoles de l'Aisne © Radio France - Claudia Calmel

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs de la Somme demandent un moratoire pour obtenir notamment de nouvelles études scientifiques sur les phénomènes de dérive des pesticides lors des pulvérisations et pour obtenir une prise en charge des pertes financières des agriculteurs.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu