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Les habitants d'un village du Comminges se mobilisent contre un projet de méthaniseur

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Par , France Bleu Occitanie

A Ponlat-Taillebourg, près de Montréjeau (Haute-Garonne), une association vient de se créer pour s'opposer à un projet de méthaniseur, et dénoncer les risques de pollution. Pour les agriculteurs porteurs du projet, l'impact sera limité. Ils se disent prêts à discuter.

Le méthaniseur doit être installé à gauche de cette route, entre Ponlat-Taillebourg et Franquevielle.
Le méthaniseur doit être installé à gauche de cette route, entre Ponlat-Taillebourg et Franquevielle. © Radio France - Mathieu Ferri

Le vent de la discorde souffle sur les hauteurs de Ponlat-Taillebourg, un petit village du Comminges près de Montréjeau. Quelques agriculteurs (une dizaine au début, cinq ou six depuis) regroupés au sein de l'association "Metha 31210" souhaitent valoriser le fumier des vaches et autres déchets agricoles en installant un méthaniseur sur la commune. Avec la fermentation, les déchets créent du gaz, injecté ensuite dans le réseau public. Quant aux résidus, ils peuvent ensuite être épandus dans les champs, comme engrais.

Ce projet à près de cinq millions d'euros rencontre une opposition grandissante à Ponlat-Taillebourg, Franquevielle et Les Tourreilles, les communes voisines, au fur et à mesure que les habitants le découvrent. Les riverains en ont connu l'existence par hasard, quand le dossier est arrivé sur la table du conseil municipal de Ponlat-Taillebourg à l'automne dernier.

Le bruit des camions, l'odeur de la fermentation

Ce qui fait peur aux habitants, qui ont choisi de vivre ici pour le calme de la campagne, c'est surtout le bruit, et l'odeur. Les camions et leurs bennes, sur les petites routes, pour alimenter les cuves. Mais aussi les effluves de fermentation. "Ca sent l'oeuf pourri. C'est mélangé à du lisier, c'est-à-dire à de l'urine, mais pas que !" s'insurge Jean-Louis Gormand, de l'association "Bien Vivre en Pays Commingeois", qui estime que l'odeur pourrait être senti à "trois kilomètres à la ronde, sans vent". "On est partis pour le bonheur" ironise le retraité, dont le collectif d'habitants compte actuellement une cinquantaine de membres.

"Ca va sentir l'oeuf pourri à 3 km à la ronde !" - un opposant

Les agriculteurs parlent eux d'un cercle vertueux, dans le traitement de leurs déchets, pour obtenir du gaz vert. Une production qui apportera aussi un complément de revenu aux agriculteurs et qui leur permettra de continuer à exister sur le territoire.

Olivier Beaufils est un des éleveurs qui porte le projet. Il est le seul à s'exprimer publiquement pour le défendre. Il estime que l'impact sera limité, notamment au niveau des odeurs, qui s'atténueront au moment de l'épandage : "ça ne va pas sentir plus qu'aujourd'hui, même moins. A terme tout ce qui est épandage ne sent plus. Aujourd'hui on épand déjà des choses, et ça ne sent pas beaucoup. Demain, on continuera et ça sera pareil."

Des déchets uniquement locaux, promettent les agriculteurs

20.000 tonnes de déchets pourraient être mis en fermentation chaque année, soit environ 55 tonnes par jour. L'éleveur insiste sur l'aspect "agricole" du projet, et pas "industriel". Il précise aussi que ces déchets viendront du coin, et pas de plus loin. Pas question selon lui de faire une industrie à grande échelle : "nous, ce qu'on souhaite, c'est que ça soit un projet ancré sur son territoire, et alimenté par les cultures et les effluents produits sur ce territoire".

"Un projet de territoire, avec des cultures et des effluents du territoire" - un agriculteur porteur du projet

Didier, un habitant de Franquevielle, n'est pas du même avis. Il en a discuté avec un autre agriculteur membre du projet, et il a fait son calcul : vu les chiffres, il estime que l'équipement ne peut pas être alimenté par le seul fumier des agriculteurs locaux. Il craint que des déchets soient apportés de plus loin, en plus grande quantité.

Les opposants mettent aussi en avant le risque d'explosion d'un tel équipement, et le risque de pollution de l'air et des sols. La plupart disent cependant ne "pas être contre les agriculteurs", mais "contre un projet polluant".

Les opposants demandent le retrait pur et simple du projet. L'éleveur se dit prêt à discuter. L'association "Bien Vivre en Pays Commingeois" organise une réunion publique ce vendredi 21 février à 19h à la salle des fêtes de Ponlat-Taillebourg.

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