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Environnement

Les Parcs naturels des Bauges, de Chartreuse et du Pilat luttent contre la pollution de la lumière

L'obscurité est en péril ! Y compris dans les Parcs naturels. Isère, Savoie, Loire et Rhône s'unissent pour éteindre les lumières.Trois Parcs veulent sauver la voie lactée pure. Les lumières humaines détruisent la biodiversité.

"Un peu plus près des étoiles..."
"Un peu plus près des étoiles..." © Maxppp - Maxppp

Un éclairage raisonné pour des parcs étoilés. Voilà le combat de trois Parcs naturels régionaux qui s'associent pour une démarche de trois années. 

Le massif des Bauges, la Chartreuse et le Pilat militent pour aider les communes à moins éclairer. Ils ont lancé leur travail en commun la semaine dernière - mi-décembre 2019 -  à Saint-Jean-de Couz, en Savoie.  

Il s'agit d'une lutte contre la pollution lumineuse qui gâche la pureté de la voie lactée et qui trouble la biodiversité. On trouve des villages au sein des Parcs, et des agglomérations autour, dont le halo lumineux est perçu à trente kilomètres à la ronde : Annecy, Chambéry Grenoble ou Saint-Etienne. 

Vu des Bauges, le massif de la Chartreuse et les lumières de Chambéry. - Radio France
Vu des Bauges, le massif de la Chartreuse et les lumières de Chambéry. © Radio France - Christophe Van Veen

Des zones protégées pas protégées de la lumière

On pourrait croire les parcs préservés des orgies lumineuses des cités. Ce n'est pas le cas. Un tiers de l'humanité ne voit plus la voie lactée à cause de ces rayons artificiels et en quelques années en Europe, l'obscurité a diminué de 15 %. Y compris dans les zones naturelles protégées. 

"Les lumières de la Ville", ce n'est pas seulement un film de Charlie Chaplin. Les loupiotes urbaines polluent jusque dans les campagnes.

Privé de noir obscur, "l'homme n'a plus accès au mystère insondable des origines. Son rapport à l'obscurité est bouleversé." estime en substance Romain Serdello, spécialiste de l'impact de la lumière sur la biodiversité. 

Pour le vivant les conséquences sont bien réelles, comme le déplore Sophie Roy, chargée de mission "transition énergétique" au Parc naturel régional de Chartreuse. La lumière piège - les insectes - ou repousse - les chauve-souris. Les migrations nocturnes volent en éclat. Certaines espèces se repèrent à la voie lactée, elles sont désorientées par l'homme. Leur territoire nocturne est remis en cause. 

Sophie Roy avance des pistes de rénovation très concrètes. Sur le Parc de Chartreuse, la moitié des villages pratique l'extinction nocturne, mais on peut aller plus loin. "A trois parcs, on a plus d'impact ! Nous les parcs, nous pouvons conseiller les communes qui veulent rénover leur éclairage. Se poser les bonnes questions. est-ce qu'on éclaire tout le temps ? Moins fort au crépuscule et à l'aube, là où l'activité de la biodiversité est la plus importante. Privilégier les lumières LED orange, pas les blanches agressives. Éclairer vers le bas, éviter les boules lumineuses qui éclairent partout, vers le ciel, alors que ça n'a aucun sens. Pourquoi pas des détecteurs de présence ? Éclairer uniquement quand on en a besoin." 

La boule lumineuse. Une hérésie.  - Radio France
La boule lumineuse. Une hérésie. © Radio France - Christophe Van Veen

Objectif : une trame noire

Sarah Gillet, chargée de mission énergie-climat au Parc Naturel des Bauges, évoque l'étude "au cœur de son parc où l'on perçoit le halo lumineux des grandes cités". "On tend vers une trame noire entre la Chartreuse et les Bauges pour permettre aux espèces de passer d'un massif à l'autre la nuit, du crépuscule à l'aube. En s'y mettant à trois parcs, on se bat pour maintenir la qualité des ciels étoilés pour les habitants et les touristes. Et aussi pour la biodiversité. " 

Sarah Gillet du Parc des Bauges  - Radio France
Sarah Gillet du Parc des Bauges © Radio France - Christophe Van Veen

Dans les Bauges, parmi les 65 communes, certaines ont déjà fait de gros efforts en matière d'éclairage public. En 2019, Le Chatelard, Lescheraines, La Thuile. Le Noyer en 2020. "On est sur la bonne voie et on espère que d'ici cinq ans un maximum de communes suivront le mouvement." 

A trois, c'est mieux !

Sophie Badoil est chargée de mission "énergie-climat" au Parc régional naturel du Pilat sur les contreforts du Massif Central. "On s'est rendus compte qu'on avait les mêmes envies dans les trois Parcs et qu'on se posait les mêmes questions. Notamment sur l'impact nocturne sur la biodiversité. On va faire plus de mesures. On dit qu'on est des zones préservées. En fait, pas tant que ça ! La pollution lumineuse a aussi un impact sur la pollinisation. Sur la santé humaine. Cela n'a rien d'anodin. Nous allons tous en parler avec les élus et les accompagner pour changer les pratiques dans les villages. Et vers les populations, nous allons organiser des journées de sensibilisation, avec l'aide des clubs d'astronomie par exemple." 

Les lumières de la ville font de gros dégâts chez les animaux en zone protégée

Les Parcs pour avoir des arguments se font aider par le spécialiste français de l'impact de la lumière sur la biodiversité,  Romain Serdello, qui travaille au Jardins des plantes à Paris. Il est chef de projet à l'UMS Patrinat (Patrimoine Naturel) - un service commun entre l'agence française pour la biodiversité et le muséum d'histoire naturelle.

Romain Serdello le spécialiste

Romain Serdello - Radio France
Romain Serdello © Radio France - Christophe Van Veen
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