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Néonicotinoïdes : l'Assemblée se penche sur le retour controversé de l'insecticide tueur d'abeilles

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Alsace

L'Assemblée nationale examine ce lundi le projet de loi controversé permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes dans les cultures de betteraves. Le possible retour de l'insecticide tueur d'abeilles est fermement condamné par les pro-environnements.

Une betterave sucrière touchée par la "jaunisse"
Une betterave sucrière touchée par la "jaunisse" © AFP - Emeric Fohlen / NurPhoto

Ambiance tendue ce lundi après-midi à l'Assemblée nationale. Les députés examinent le projet de loi portant sur le retour temporaire des néonicotinoïdes dans les cultures de betteraves sucrières, afin de lutter contre la jaunisse qui déciment les plantes. 

La réintroduction de cet insecticide, interdit en 2018, est souhaitée par l'exécutif afin de sauver la filière betteravière qui concerne 46.000 emplois, dont 25.000 agriculteurs. La décision fait bondir les écologistes et les pro-environnements qui s'insurgent contre le retour des néonicotinoïdes, néfastes pour les abeilles. 

Le dilemme est de taille pour le gouvernement et les députés marcheurs puisqu'il pose la question du choix entre préservation de l'environnement et sauvegarde de l'emploi sur fond de crise économique. L'exécutif est accusé par ses détracteurs de brouiller son message. 

"Aujourd'hui il n'existe pas d'alternative crédible" pour Julien Denormandie

"Oui ici nous sommes tous favorables à l'arrêt des néonicotinoïdes, oui ici nous sommes tous favorables à la transition agro-écologique, a déclaré en préambule le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. Mais cette transition ne peut pas être de tuer une filière française pour importer ensuite du sucre polonais, allemand ou belge". Un projet de loi qui n'est "en rien un renoncement" pour le ministre de l'Agriculture concernant  la loi de 2016 interdisant ces insecticides. 

"Non aujourd'hui il n'existe pas d'alternative crédible, estime Julien Denormandie. Les produits chimiques qui ont été utilisés au cours de l'hiver 20219 et 2020 présentent des impacts environnementaux mais surtout se sont révélés inefficaces. Les méthodes agronomiques nécessitent du temps pour être mis au point et surtout mis en oeuvre, et à ce jour malgré les efforts de recherche déjà réalisés, il est clair que cela prendra encore du temps, car qu'on le veuille ou non, faire pousser une haie dans la nature cela prend du temps"

Quant à "indemniser à 100% la filière pour la mettre sous perfusion, cela n'est pas possible, les règles européennes sont très claires" a déclaré le ministre.

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"C'est une faute qui va se commettre" s'insurge Jean-Luc Mélenchon 

Le député et patron de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi aux propos du ministre de l'Agriculture dans l’hémicycle. "Plus qu'une erreur, c'est une faute qui va se commettre" affirme-t-il. "Aujourd'hui la question qui est posée ce n'est pas la quantité de néonicotinoïdes qui sera déversée, c'est la conséquence que ça aura sur le temps moyen et long, et cette conséquences sera désastreuses" Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est le système économique actuel qui pose question. "La betterave française est malade du libre-échange. Quand il y avait des quotas on savait quelle quantité on pouvait produire et par conséquent on ne cherchait pas à produire davantage" évoque-t-il. 

"Le sucre qui vient de la betterave française doit être exempt de pesticides. Il ne doit pas contribuer à empoisonner l'eau, le sucre que nous allions manger les uns et les autres, et ce sera sa valeur ajoutée" a affirmé le député, sous des applaudissements. 

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Jean-Luc Mélenchon a cité la ministre de la Transition écologique Barbara Pompilli qui avait porté la loi de 2016 interdisant les néonicotinoïdes. "Dans ces conditions nous sommes conduits, faute d'autres recours et si vous n'admettez pas notre motion de rejet, à faire un signalement devant la Haute cour de justice".

"Vos propos d'estrade ne feront jamais pousser une betterave dans notre pays" lui répond Julien Denormandie. "Le problème de votre écologie c'est que c'est une écologie qui s'arrête à des frontières (...) la question c'est que le sucre que nous offrirons à nos enfants dans deux ans, sera du sucre importé de pays qui sont moins-disant environnementalement parlant"

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Hiver et printemps trop chauds

Les cultures de betteraves sont actuellement victimes de la prolifération d'un puceron vert, vecteur de la "jaunisse", une maladie qui affaiblit les plantes, surtout celles issues de semences non enrobées d'insecticide. La faute à un hiver et un printemps trop chauds.

La réintroduction de semences enrobées avec des néonicotinoïdes doit permettre de protéger les rendements sucriers. Problème, le pesticide a été interdit en 2018 et le gouvernement se voit obligé de rétro-pédaler. Il s'appuie sur le règlement européen sur les phytosanitaires permettant de déroger à l'interdiction en l'absence d'alternative.

Pour le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, c'est "une question de souveraineté" puisque 11 pays producteurs en Europe ont autorisé des dérogations pour les néonicotinoïdes. "Nombre de planteurs, en ce moment même, hésitent à replanter des betteraves" et "si les sucreries ferment, c'est toute la filière de la betterave qui peut disparaître en une ou deux saisons", fait valoir le ministre.

Plus de 130 amendements seront débattus dans l’hémicycle, sans la présence de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, qui avait elle-même porté en 2016 la loi interdisant ces insecticides et appuie désormais cette réautorisation ciblée.

Pas un "renoncement écologique"

Lors de l'examen de ce projet de loi qui s'annonce houleux, le gouvernement pourra compter sur le soutien de LR. Pour Grégory Besson-Moreau, le rapporteur LREM du texte, il ne s'agit pas d'un "renoncement écologique" puisqu'il souhaite la "fin des néonicotinoïdes" à l'horizon 2023. Le député de l'Aube, département où se trouve l'une des plus grosses sucreries d'Europe, déclare que "personne ne nie les dangers de cette substance". 

Une position que ne comprennent pas les opposants au projet de loi. Les pro-environnements et la gauche estiment que cette décision politique est dictée par la "pression des lobbys de l'agriculture". Ils y voient un "recul démocratique majeur" et un "contresens historique". Le camp du contre s'est fait entendre en organisant des happenigs près du Palais Bourbon et par la publication de tribunes.

Parmi eux, Nicolas Hulot, ancien ministre de l'Ecologie. Dans le JDD, il a appelé "les députés à ne pas voter" le projet de loi. "Ma fondation a estimé les pertes pour cette année à 77 millions d'euros pour les betteraviers. Indemnisons-les en échange de la mise en place de pratiques: allongement des rotations, réintroduction des haies...", propose-t-il.

Voix dissonantes chez les "marcheurs"

Le projet de loi a fait apparaître des voix dissonantes dans le groupe de la majorité. Matthieu Orphelin, président du groupe Ecologie démocratie solidarité, composé d'anciens "marcheurs", a réussi à obtenir un vote solennel sur l'ensemble du texte, plutôt qu'un vote en catimini. "C'est le dernier grand vote sur la biodiversité du quinquennat" attaque Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot. 

Grâce au vote solennel, tous les députés "pourront se positionner sur ce sujet important" se réjouit-il. Ce sera notamment le cas de Jean-Charles Colas-Roy, député LREM de l'Isère, qui votera contre le texte et contre son groupe parlementaire. Il était l'invité ce lundi de France Bleu Isère

"On sait très bien que la discussion va être serrée dans l'hémicycle", reconnaît Jean-Baptiste Moreau (LREM), agriculteur, qui soutient le projet de loi. Selon lui, des députés "ne veulent pas revivre la séquence" d'il y a deux ans autour du glyphosate, cet herbicide controversé dont la sortie n'a finalement pas été inscrite dans la loi. Un épisode vécu comme un "traumatisme" par certains, et qui avait coûté cher dans l'opinion publique.

Pour "verdir" sa position, le groupe LREM a fait voter en commission la création d'un conseil de surveillance où figureront quatre parlementaires. Et aussi l'interdiction, sur des parcelles où ont été utilisés des néonicotinoïdes, d'implanter des cultures attirant les abeilles afin de ne pas les exposer.

Les députés ont en outre précisé que les dérogations permises visaient explicitement les betteraves sucrières. Le gouvernement l'avait promis mais ne voulait pas l'inscrire dans le texte par crainte d'une censure du Conseil constitutionnel.

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