Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Environnement

Neuf nouvelles plaintes des "pisseurs de glyphosate" en Charente-Maritime

-
Par , France Bleu La Rochelle

La lutte anti-glyphosate se poursuit en Charente-Maritime. Neuf plaintes ont été déposées ce vendredi au tribunal de grande instance de La Rochelle. Elles s'ajoutent aux 47 déjà enregistrées en juillet. Cela fait suite aux analyses d'urines menées le 4 mai dernier à Chambon, près de Surgères.

Aline et Alain ont porté plainte entre autres pour "mise en danger de la vie d'autrui" dans le cadre d'une opération d'analyse des taux de glyphosate dans les urines
Aline et Alain ont porté plainte entre autres pour "mise en danger de la vie d'autrui" dans le cadre d'une opération d'analyse des taux de glyphosate dans les urines © Radio France - Sonia Ghobri

Charente-Maritime, France

Désormais 141 plaintes ont été déposées en Charente et en Charente-Maritime dans le cadre de la campagne nationale anti-glyphosate. Les neuf dernières ont été enregistrées ce vendredi, au tribunal de grande instance de la Rochelle. 

Du glyphosate retrouvé dans tous les tests d'urine 

Les 56 plaignants de Charente-Maritime étaient volontaires pour faire analyser leurs urines, le 4 mai dernier à Chambon, près de Surgères. Tous les résultats sont positifs, des traces du pesticide ont été retrouvées en plus ou moins grande quantité :  de 0,232 ng/ml à 3,717 ng/ml. Le taux le plus élevé a été relevé chez un agriculteur. Alain est à 2,089 "c'est un taux élevé. Pourtant presque toute mon alimentation est bio mais j'habite à cinq mètres d'un champ de maïs..."  La limite "autorisée" de glyphosate dans l'eau potable est de 0.10 ng/ml. 

Il n'y a que la pression publique, les citoyens qui peuvent faire changer les choses

Cette démarche juridique à un coût puisqu'il faut payer 85 euros pour l'analyse puis 50 euros pour le contrôle d'huissier. Mais elle est nécessaire pour Patrick Picot, président de Nature Environnement 17 : "la lutte est inégale face aux lobbys qui influencent les élus. Eux, défendent des intérêts personnels, financiers. Nous, nous sommes des lanceurs d'alerte. Nous défendons l'intérêt général ! Alors il n'y a que la pression publique, les citoyens qui peuvent faire changer les choses"

Le combat maintenant c'est de préparer le prochain vote, en 2022, pour interdire définitivement le glyphosate

Toutefois, le glyphosate ne sera très probablement pas interdit avant juillet 2021, en France. C'est ce que prévoit le gouvernement. Et 2022 pour l'Union Européenne, puisqu'en 2017, la commission européenne a autorisé sa commercialisation pour cinq de plus. "La démocratie veut que lorsqu'un vote est acté, on ne revienne pas dessus sans cesse, jusqu'à ce qu'il nous convienne. _Le combat maintenant c'est de préparer le prochain vote, en 2022, pour interdire définitivement le glyphosate"_, explique l'eurodéputé Europe Ecologie les Verts Benoit Biteau, l'un des neuf nouveaux plaignants. Il est également agriculteur à Sablonceaux (Charente-Maritime). 

Plainte contre l'Etat français, la commission européenne et les fabricants 

Et en Charente-Maritime, les plaintes sont déposées pour "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée" et "atteinte à l"environnement". "Et ce n'est pas une plainte contre X mais une plainte contre l'Etat, l'Europe et les distributeurs de glyphosate. Tous ceux qui ont contribué au renouvellement de l'autorisation de commercialisation de cet herbicide en 2017 et qui contribuent toujours à sa consommation" précise Dominique Chevillon, président du Conseil Economique Social et Environnemental Régional (CESER) de Nouvelle-Aquitaine. 

Alain, l'un des plaignants le rejoint : "aujourd'hui nous n'avons plus besoin de prouver que tout le monde a du glyphosate dans son organisme. Tous les tests réalisés en France sont positifs. _Nous sommes empoisonnés - c'est le mot - à notre insu. Mais nos élus eux, connaissent la réalité_"

On porte plainte, on porte plainte mais à un moment il faut arrêter pour que la procédure soit engagée

D'autres collectes d'urines seront tout de même organisées prochainement en Charente-Maritime, à la Rochelle, Aytré ou encore Saint-Jean d'Angély. Aline habite au Gué-d'Alleret, elle a participé à la campagne d'analyse du glyphosate en mai. Et elle souhaite refaire une analyse " j'ai été très surprise des premiers résultats, j'étais à 2.1 ng/ml. J'aimerais prendre connaissance de l'évolution de ce taux". Toutefois, il est temps selon elle d'arrêter ces tests "parce qu'on porte plainte, on porte plainte mais à un moment il faut arrêter pour que la procédure soit engagée"

Plus de 4000 plaintes ont été déposées dans plus de 70 départements en France. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu