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Parc éolien flottant au large de Belle-Île : le département du Morbihan dénonce le manque de concertation

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Le parc éolien flottant qui va voir le jour au large de Belle-Île ne passe vraiment pas. Les élus reprochent au éoliennes d'être trop proches des côtes. Avis partagé par le président du conseil départemental du Morbihan. David Lappartient était invité sur France Bleu Armorique ce jeudi à 7h45.

L'entrée du port de Belle-Île-en-Mer L'entrée du port de Belle-Île-en-Mer
L'entrée du port de Belle-Île-en-Mer © Maxppp - FRANCOIS DESTOC/LE TELEGRAMME

Alors que le gouvernement a précisé ce mardi la localisation exacte du parc éolien flottant dans le sud de la Bretagne, les premières éoliennes qui seront situées à 20 kilomètres des côtes de Belle-Île sont trop proches selon les élus et les associations de défense de l'environnement. Le président du conseil départemental du Morbihan, David Lappartient, critique également ce choix. Il était invité sur France Bleu Armorique ce jeudi à 7h45. 

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France Bleu Armorique : Vous avez discuté de ce parc éolien flottant en session du conseil départemental ce mercredi et vous êtes arrivé à la même conclusion que les élus de Belle-Île : vous êtes contre la localisation de ce projet. Pourquoi ? 

David Lappartient : Effectivement, parce qu'on les trouve trop près des côtes. C'est quand même des paysages emblématiques de la Bretagne. Nous soutenons le principe du parc éolien en mer. On a besoin des éoliennes en mer dans le mix énergétique français et en cela, on s'aligne sur les annonces du président de la République. Pour autant, la zone qui avait été mise au dialogue public comprenait des espaces beaucoup plus éloignés de Belle-Île. Ce qui nous navre, c'est qu'on a choisi la zone la plus près de Belle-Île en mer et que les dés étaient pipés depuis le début, puisque la concertation n'a eu de concertation que le mot. 

Selon vous, le problème est de gâcher le paysage. Quelles sont vos inquiétudes ? La colère des habitants ? Que ça fasse fuir les touristes ?

Il faut voir le nombre d'éoliennes qu'on va avoir sur place parce qu'il y a une première tranche qui va arriver, puis une deuxième tranche qui a été choisie par le par le gouvernement. C'est la partie la plus proche de Belle-Île dans la zone d'étude donc on a du mal à comprendre. Sachant que la présidente de la Commission nationale du débat public a même écrit elle-même que les dés étaient pipés depuis le début et que le gouvernement a dû s'abstenir de poursuivre les annonces pendant la concertation. Effectivement, les paysages emblématiques de la Bretagne vont être complètement gâchés par des éoliennes alors qu'on pourrait les mettre beaucoup plus loin. 

Vous êtes vous êtes en colère contre ce projet mais il va rapporter de l'argent aux communes quand même : 2 millions d'euros par an...

Oui mais je pense que si on demande aux habitants de Belle-Île, aux habitants du Morbihan, ils diront que les paysages ne sont pas à vendre. C'est dire : vous aurez de l'argent pour compenser les dégâts. On aimerait qu'on aperçoive les éoliennes, mais de manière moins forte. Quand vous êtes à Belle-Île aujourd'hui, vous voyez les éoliennes de Saint-Nazaire mais c'est supportable, mais elles sont deux fois plus loin et deux fois moins hautes. Il faut savoir la taille de ces éoliennes, c'est 270 mètres de haut donc on va les voir comme si on était dans le jardin. Nous ne sommes pas d'accord, tout comme les élus de Belle-Île-en-Mer et la plupart des élus de la côte du Morbihan. 

Justement, puisque la plupart ne sont pas d'accord avec ce projet, à qui profite cette localisation si proche des côtes d'après vous ? 

On sent qu'il y a eu des discussions entre l'État, la région Bretagne et le comité des pêches du Morbihan, donc ils se sont mis d'accord sur une zone avant de la mettre au débat public. Ça, c'est totalement inacceptable. C'est pas comme ça qu'on fait dans un pays démocratique. On se met au débat public, on tire les conclusions, on fait des évaluations environnementales. Or là, la zone choisie, c'est celle où il y a le plus d'enjeux environnementaux. Donc tout est fait à l'envers. C'est navrant que la concertation n'ait pas eu lieu comme elle aurait dû. C'est d'ailleurs ce que pointe la présidente de la Commission nationale du débat public. 

Cette concertation, c'est du vent ?

Oui, c'est du vent. Et c'est navrant que certains se soient prêtés à ce jeu. C'est ce que veulent dénoncer aussi les élus de Belle-Île-en-Mer et les habitants de Belle-Île. Le président de la République a dit à Saint-Nazaire qu'il fallait concerter sur ces zones, il souscrit totalement. Mais pour celles-là, ça n'a pas été le cas. 

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