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Environnement

Paris, Lille, Nantes, Grenoble, Clermont-Ferrand : cinq grandes villes interdisent les pesticides sur leur territoire

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Isère, France Bleu Paris, France Bleu Loire Océan, France Bleu Nord

Les villes de Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand ont annoncé, ce jeudi, qu'elles allaient interdire les pesticides sur leur territoire. Une manière de faire pression sur le gouvernement, en pleine polémique sur la distance d'épandage des produits phytosanitaires.

Une vue de Paris, où les pesticides sont désormais interdits dans les espaces publics mais aussi privés.
Une vue de Paris, où les pesticides sont désormais interdits dans les espaces publics mais aussi privés. © AFP - Gilles Targat

Ils ne veulent plus de pesticides dans le périmètre de leur ville. Les maires de Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand ont annoncé ce jeudi l'interdiction de l'utilisation des pesticides sur leurs territoires, pour faire pression sur le gouvernement en pleine polémique sur les distances minimales entre habitations et zones d'épandage.

"Il s'agit pour nous d'engager une démarche concertée pour faire changer la loi" - Les maires des cinq grandes villes

"Nous connaissons le statut juridique de tels arrêtés,  mais il s'agit pour nous d'engager une démarche concertée pour faire changer la loi et concourir à la sauvegarde du patrimoine inestimable de la biodiversité sur nos territoires et de la santé de nos concitoyens", ont écrit les cinq municipalités dans un communiqué commun. ces villes apportent leur soutien aux maires ayant pris des arrêtés anti-pesticides, contre lesquels les préfets ont déposé des recours.

Une action symbolique 

Puisqu'il s'agit de grandes villes et non de communes rurales qui abritent des champs cultivés, cette action est en grande partie symbolique. La loi interdit en effet déjà depuis 2017 l'utilisation de produits chimiques par les collectivités pour entretenir les espaces verts et la voirie. La même interdiction s'applique depuis janvier aux particuliers et jardiniers amateurs, qui ne peuvent plus utiliser que des produits phytopharmaceutiques d'origine naturelle.

"À Lille, il n'y a pas de champs, mais il y a par exemple toutes les voies appartenant à la SNCF et qui bien souvent se trouvent à proximité des habitations !" - Stéphane Baly, président des élus EELV à Lille

Reste donc principalement les espaces verts des copropriétés et des entreprises, notamment la SNCF, grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords immédiats. "A Lille, il n'y a pas de champs, mais il y a par exemple toutes les voies appartenant à la SNCF et qui bien souvent se trouvent à proximité des habitations !", a commenté Stéphane Baly, président du groupe des élus EELV à Lille. "Cette démarche conjointe avec un certain nombre de maires de grandes villes a notamment pour but de faire plier le gouvernement", a-t-il ajouté.

Élisabeth Borne dénonce un "coup de com"

La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne dénonce, pour sa part, un "coup de com" de ces grandes villes, rappelant que l'utilisation des pesticides dans les espaces publics est déjà interdite depuis 2017.

Le gouvernement veut proposer de fixer à 5 ou 10 mètres, selon les cultures, la distance minimale entre les habitations et les zones d'épandage de pesticides, un arbitrage dénoncé comme trop minimaliste par les écologistes et les associations. Un projet de décret est en consultation publique depuis lundi et jusqu'au 1er octobre.

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