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Environnement

Perturbateurs endocriniens : après le Tarn, la Haute-Garonne s'engage à donner l'exemple

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Par , France Bleu Occitanie

Communication ou concrétisation du levier politique, les collectivités s'engagent progressivement contre l'exposition aux perturbateurs endocriniens. Fin du plastique dans les crèches ou les écoles, changement de matériau et de produits d'entretien, certaines en Occitanie ont franchi le pas.

Depuis 2015,  la France est le 1er pays au monde à interdire le bisphénol A dans tous les contenants alimentaires, mais ça n'empêche pas l’écoulement de stocks.
Depuis 2015, la France est le 1er pays au monde à interdire le bisphénol A dans tous les contenants alimentaires, mais ça n'empêche pas l’écoulement de stocks. © Radio France - Bénédicte Dupont

Haute-Garonne, France

Le Tarn l'avait fait il y a six mois. : le conseil départemental de la Haute Garonne a, à son tour, signé une charte "Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens". Certaines communes comme Toulouse, Ramonville, le Séquestre (Tarn) s'y étaient déjà engagées, la Région Occitanie aussi. 

La liste des pesticides susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens (2017)

Agir concrètement auprès des agents et des administrés dans les collèges notamment

Du "pipeau" diront certains à propos de cette charte, une façon de donner l'exemple de manière concrète se défendent les collectivités en réduisant dans leurs services au maximum l'usage des plastiques et autres produits qui contiennent  des substances susceptibles de provoquer toutes sortes de pathologies chroniques : anomalies génitales, problèmes d'infertilité mais aussi certains cancers hormonaux, voire même du diabète et de l'obésité. Ce sont ces bisphénols (le plus connu) et autres phtalates qu'on retrouve dans les produits d'entretien, dans les pesticides présents dans l'alimentation, dans les contenants alimentaires comme les tupperwares ou les biberons, dans les jouets aussi.

On peut agir sur les choix de produits de nettoyage utilisés par nos agents, le matériau des meubles dans nos collèges. On étudie de près aussi la qualité de l'air intérieur, avec une expérimentation dans 15 collèges du département. — Jean-Michel Fabre, vice-président du CD31 en charge de l'environnement

On s'en doutait, c'est confirmé : nous sommes tous contaminés par des perturbateurs endocriniens

La France vient d'entamer une procédure pour faire classer perturbateur endocrinien le bisphénol B, substance parfois utilisée hors d'Europe pour remplacer le bisphénol A. Notre pays est plutôt en pointe en la matière depuis une dizaine d'années, il tente d'entraîner avec lui d'autres pays européens. "Le problème justement c'est l'Union Européenne, car la force des lobbies de l’industrie chimique (plastique, cosmétique, pesticides) y est très forte", explique Gérard Bapt ancien député très impliqué dans les questions de santé publique. "Ils veulent nous persuader qu'on ne pourrait pas s'en passer". 

Quatre questions au Réseau Environnement Santé

Un collectif travaille beaucoup sur la question des perturbateurs endocriniens, c'est le Réseau Environnement Santé. En Occitanie, une chirurgien-dentiste est la déléguée de ce réseau, l'Albigeoise Nathalie Ferrand-Lefranc.

Quels dangers représentent l'exposition aux perturbateurs endocriniens ?

"Il y a une corrélation avec les pathologies chroniques comme l'obésité, le diabète, les cancers hormono-dépendants (thyroïde, ovaires, testicules, prostate), des problèmes de puberté précoce chez les filles, les troubles de la fertilité féminine (endométriose, baisse de la réserve ovarienne) et masculine (qualité du sperme). En 50 ans, les hommes ont perdu les deux tiers de leurs spermatozoïdes. Les trois périodes de vulnérabilité sont in utero chez la femme enceinte, la petite enfance et l'adolescence. Mais on est concernés à tout âge,e t les maladies peuvent être provoquées des années après.

Il ne faut plus approcher une assiette ou un biberon en plastique, c'est l'idée ?

Oui il faut éloigner le plastique de son quotidien, les ustensiles en silicone, préférer le bio dans les cosmétiques, le savon au gel douche, et les choses simples en matière d'entretien comme le savon noir, le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude. Plus les produits sont complexes, plus vous avez des risques d'y trouver des perturbateurs endocriniens. 

En Occitanie, les collectivités sont-elles mobilisées contre les perturbateurs endocriniens ?

Oui, la Région, le Tarn premier département de France, la Haute-Garonne, l'Aude va suivre aussi, les villes également : Toulouse, Ramonville, Saint-Jean, le Séquestre. Il y a une vraie dynamique dans notre région, c'est clair. Il reste des obstacles, de l'ordre de la prise de conscience et de la décision politique. 

L'ennemi, c'est l'industrie, la consommation, les usages ?

On a besoin de l'industrie, qu'elle change ses procédés. L'ennemi c'est la méconnaissance ou le déni en se disant "c'est le prix du progrès qu'il faut payer". Regardez les troubles de la fertilité, si on avait su avant que c'était lié à notre environnement, on aurait sans doute choisi un autre environnement, une autre alimentation, d'autres matériaux. Ensuite il faut la volonté politique, pour que nous soyons tous impactés, notamment le levier de la commande publique. Si par exemple, une collectivité exclut de ses appels d'offre de produits d’entretien les alkylphénols, alors les fournisseurs réaliseront que le marché se déplace, et l'industriel changera de procédé. C'est ce qui se passe avec le bio, la grande distribution comprend qu'il y a une réelle demande".

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