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Plaimpied-Givaudins : la méthanisation n'a pas que des adeptes

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Par , France Bleu Berry

Mobilisation ce mercredi des opposants à la méthanisation agricole. Ils étaient une quarantaine, rassemblés à Plaimpied-Givaudins. Le préfet du Cher visitait les installations de méthanisation d'Agri Berry Energie, raccordées il y a deux ans au réseau GRDF.

Une quarantaine de manifestants ont accueilli le préfet en visite à l'unité de méthanisation agricole de Plaimpied-Givaudins
Une quarantaine de manifestants ont accueilli le préfet en visite à l'unité de méthanisation agricole de Plaimpied-Givaudins © Radio France - Michel Benoit

Ils sont neuf, neuf agriculteurs à avoir investi 4 millions d'euros (dont 700.000 euros de subventions européennes) pour produire du bio gaz issu de fermentation. Ce méthane (la consommation de 2.000 foyers) est injecté depuis deux ans dans le réseau et alimente la commune de Plaimpied-Givaudins. Le Cher est le département le plus à la pointe dans la région... mais les riverains ne sont pas toujours à la fête.  

Un cordon de gendarmerie sécurisait l'entrée des installations de méthanisation
Un cordon de gendarmerie sécurisait l'entrée des installations de méthanisation © Radio France - Michel Benoit

Il y aurait une vingtaine de projets de méthanisation dans le Cher. Douze sont en fonctionnement ou déjà bien avancés. Pas de quoi rassurer les manifestants. Parmi eux, Jean-Marie Giraudon. Cet agriculteur vit à 500 mètres du méthaniseur de Plaimpied-Givaudins : "On subit tous les désagréments _au niveau odeurs, selon le sens du vent. C'est insupportable. Sans parler des camions sur une route où deux voitures ne peuvent pas se croiser".  _Les propriétaires du méthaniseur ont réagi en aménageant une autre route pour y faire passer les camions (elle devrait ouvrir dans une dizaine de jours). L'un des cogérants d'Agri Berry Energie, Thibault Lecomte estime faire le maximum pour réduire les nuisances : "On a mis en place des filtres à charbon actif pour neutraliser le dioxyde de soufre et cette odeur d'œuf pourri. On a installé un cabanon pour éviter que le vent emmène les odeurs lorsqu'on alimente la cuve de mélange et on a pour projet de couvrir la plate-forme où sont stockés les co-produits à recycler." 

La plate-forme de stockage des déchets à recycler. Un projet prévoit de la couvrir pour réduire les mauvaises odeurs.
La plate-forme de stockage des déchets à recycler. Un projet prévoit de la couvrir pour réduire les mauvaises odeurs. © Radio France - Michel Benoit

Une plate-forme qui accueille des oignons pourris, des poussières de céréales, du marc de raisin notamment. Ils permettront de produire du méthane, une fois digérés par les bactéries. L'association Bien Vivre sur les Rives d'Auron s'est battue contre cette unité de méthanisation : "On a appris l'existence du projet, une fois qu'il était là" déplore Thierry Crop, président de l'association : "On a tout de même obtenu que les promoteurs du projet renoncent à l'aménagement de quatre lagunes à ciel ouvert pour recueillir le digestat, c'est à dire les résidus de fermentation. Finalement, ils en ont créé une qui est couverte mais on trouve qu'elle est très mal située. Elle se trouve en haut du site. En cas de fuite,  tout cela pourrait se retrouver dans la rivière Arnon en contrebas. Ce digestat nous pose également souci : une fois épandu, il s'infiltre dans les sols et peut atteindre les nappes phréatiques surtout en sols calcaires comme chez nous.  Les évaporations d'ammoniac génèrent des gaz à effet de serre très importants. Il y a notamment du protoxyde d'azote dont l'impact sur l'effet de serre est beaucoup plus important que la gaz carbonique. Il y a vraiment beaucoup de choses à dire sur cette soi-disant énergie propre mais qui ne l'est pas du tout. On n'est pas contre la méthanisation mais on est pour une méthanisation raisonnée. Le problème de la méthanisation agro-industrielle telle qu'elle se développe dans le département, c'est qu'en réalité on produit des déchets pour les mettre dans le méthaniseur. C'est une source de diversification et de revenus supplémentaires pour l'agriculture. La loi fixe à 15 % le seuil maximal autorisé de cultures principales incorporé dans les digesteurs, mais c'est loin d'être respecté et les agriculteurs risquent de se détourner de leur vocation qui doit rester celle produire pour nourrir la planète." 

Le préfet du Cher, Jean-Christophe Bouvier, en discussion avec l'un des cogérants d'Agri Berry Energie, Thibault Lecomte.
Le préfet du Cher, Jean-Christophe Bouvier, en discussion avec l'un des cogérants d'Agri Berry Energie, Thibault Lecomte. © Radio France - Michel Benoit

Des arguments que démonte Thibault Lecomte : "Nous ne mettons pas de cultures principales dans le méthaniseur. Nous ne mettons que des co-produits issus de l'agriculture et de l'industrie agro-alimentaire. Quant au digestat, on l'analyse, on sait sa composition. C'est un engrais on ne peut plus sain. Cela limite le recours aux engrais chimiques. Ces engrais qui viennent en camion de Rouen ou de Bordeaux. En plus, notre digestat est épandu directement dans nos champs grâce à un réseau qui peut être enfoui. Cela évite encore du transport sur des kilomètres. Cela améliore encore notre bilan carbone."  

Les installations de méthanisation d'Agri Berry Energie à Plaimpied-Givaudins (Cher)
Les installations de méthanisation d'Agri Berry Energie à Plaimpied-Givaudins (Cher) © Radio France - Michel Benoit

Reste à veiller à la qualité de vie des riverains et à mieux communiquer sur ces installations, comme s'est employé à le rappeler le préfet du Cher.

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