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Environnement

Projet de centrale à bitume à Miniac-Morvan : les riverains vent debout, le groupe Colas se défend

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel

La consultation publique lancée par la préfecture sur le projet de centrale à bitume à Miniac-Morvan, au sud de Saint-Malo, se termine ce vendredi 8 novembre. Le groupe Colas veut implanter une usine de fabrication de bitume et se montre rassurant. Mais l'inquiétude des riverains est forte.

Les riverains opposés au projet
Les riverains opposés au projet © Radio France - Loïck Guellec

Miniac-Morvan, France

Le groupe de travaux publics Colas, filiale de Bouygues, a obtenu en février 2019 l'accord de Saint-Malo Agglomération pour s'implanter sur un terrain de 5 ha situé sur la zone Actipôle de Miniac-Morvan au sud de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). L'entreprise veut y installer une centrale d'enrobage qui doit fabriquer 250 000 tonnes de bitume par an.  La consultation publique mise en place par la préfecture d'Ille-et-Vilaine se termine ce vendredi 8 novembre. Les riverains ont pu exprimer leurs inquiétudes et leur opposition à ce projet.

Mobilisation éclair

La mobilisation des riverains s'est faite rapidement car c'est par hasard qu'ils ont appris l'existence de cette consultation publique "ce n'est pas une usine quelconque" déplore Josian Marcille dont la maison est située à 600 mètres "des odeurs nauséabondes, des poussières, de la pollution, je n'ai pas envie de vivre dans un environnement où sur ma terrasse je respirerais du goudron". Pierrick Jamin travaille en GAEC où il produit du lait et des oeufs poule pondeuse de plein air en label rouge. Les rejets de la future centrale à bitume l'inquiète car "les particules fines vont tomber sur les prairies et l'herbe consommées par les vaches. Ces particules sont ingérées et restent dans les graisses des animaux, ce qui constitue un risque pour le consommateur".  Olivier Compain habite à 200 mètres du terrain concerné. Il a construit des gîtes chez lui. Si la centrale à enrobé est construite, il n 'aura plus de clientèle, c'est la mort de son activité. Quant à Florian Dubois, qui a emprunté sur 20 ans pour construire sa maison, il se demande s'il va vraiment pouvoir rester vivre dans ce petit coin de campagne.

Miniac-Morvan dit non

Dernièrement le conseil municipal de Miniac-Morvan vient de voter son opposition au projet à la quasi unanimité. Des conseils de communes environnantes ont fait de même. Des prises de position importantes pour Claude Sagrera-Bultureira, président de l'association Au fil des vents. "La cheminée de 30 m de haut va rejeter des hydrocarbures qui vont être chauffés et qui vont dégager des HAP (hydrocarbures aromatiques polycliques)" explique-t-il études scientifique à l'appui "ces HAP diffusés dans la nature sont très cancérigènes, ces particules fines avec un vent de sud de 60 kilomètres/heure ne mettront que 15 minutes pour atteindre Saint-Malo". Autre source d'inquiétude, l'eau "Colas va refroidir les bitumes avec de l'eau de consommation humaine alors qu'on manque d'eau à Saint-Malo" déplore Claude Sagrera-Bultureira.

Les riverains devant le terrain où doit s'implanter la centrale à bitume - Radio France
Les riverains devant le terrain où doit s'implanter la centrale à bitume © Radio France - Loïck Guellec

Le groupe Colas se veut rassurant

La filiale Colas centre-ouest (dont le siège est à Nantes) veut rassurer les riverains et rappelle qu'une réunion d'information s'est déroulée à Miniac-Morvan le 17 octobre.  "Les rejets c'est de la vapeur d'eau issue du séchage des cailloux" explique Matthieu Lemonnier responsable qualité et environnement chez Colas centre-ouest "des fumées proviennent du gaz de combustion identique à celui d'une chaudière domestique". Pour les nuisances sonores, des mesures spécifiques sont prévues comme "un silencieux sur le brûleur du tambour sécheur". Cette centrale d'enrobage, qui va bénéficier de toutes les dernières avancées technologiques, devrait remplacer deux centrales vieillissantes des années 70-80.

Prudence de Saint-Malo Agglomération

Saint-Malo agglomération s'en tient à la décision que prendra la préfecture d'Ille-et-Vilaine tout en reconnaissant la forte mobilisation des riverains. Les oppositions des communes dont celle de Miniac-Morvan pèsent dans la balance reconnait Patrick Charpy vice-président de Saint-Malo Agglomération en charge du développement économique. " parallèlement à l'aspect réglementaire de la consultation publique, c'est un élément dont on va tenir compte dans notre approche de la décision finale sur ce projet".  Patrick Charpy rappelle que le projet n'a pas démarré et que terrain n'est pas vendu

Une pétition

Les riverains restent mobilisés sachant que la préfecture a deux mois maximum pour se prononcer sur ce projet.  Une pétition en ligne a recueilli 1900 signatures. Les riverains continuent de sensibiliser la population et aussi les élus. 

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