Le gazoduc MidCat enterré par Emmanuel Macron, soulagement pour les militants des Pyrénées-Orientales

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Le gazoduc reliant l'Espagne à la France, en passant par les Pyrénées-Orientales, ne verra pas le jour. Le projet MidCat a été définitivement enterré par Emmanuel Macron ce lundi. Un soulagement pour les associations qui luttaient contre ce projet depuis des années.

Le gazoduc partait de l'Aube jusqu'à la Catalogne, en passant par les Pyrénées-Orientales (illustration)
Le gazoduc partait de l'Aube jusqu'à la Catalogne, en passant par les Pyrénées-Orientales (illustration) © Maxppp - PHOTOPQR/EST ECLAIR

Le projet MidCat définitivement enterré par Emmanuel Macron. Le gazoduc qui devait relier l'Espagne à la France, de l'Aube à la Catalogne, en passant par les Pyrénées-Orientales, a été relancé ces dernières semaines. Pour faire face à la pénurie de gaz russe, le chef du gouvernement espagnol et le chancelier allemand plaidaient pour sa relance. Mais le président français a mis les choses au clair ce lundi 6 septembre. Le projet est abandonné, un soulagement pour les associations écologistes.

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Aucune "évidence de besoin" selon le président

Il n'y a "pas d'évidence" au "besoin" d'un nouveau gazoduc entre la France et l'Espagne, a estimé Emmanuel Macron. En Europe, "on a besoin de plus d'interconnexion électrique. Je ne suis pas convaincu qu'on ait besoin de plus d'interconnexion gazière, dont les conséquences, en particulier sur l'environnement, et en particulier sur l'écosystème, sont plus importantes. (...) Il n'y a pas d'évidence de besoin, il n'y a pas d'évidence aujourd'hui, pas d'évidence demain, il y a de vraies difficultés", a déclaré M. Macron, lors d'une conférence de presse, au sortir d'un entretien avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

"Une cicatrice large de 30 mètres." - Eric Le Balier, membre d'Alternatiba 66

Un soulagement pour Eric Le Balier, membre d'Alternatiba 66, qui lutte contre le projet depuis son lancement. Il craignait de voir le paysage défiguré : "Le gazoduc devait traverser les Albères, à hauteur du Boulou, monter vers le Perthus, et ils auraient choisi la ligne de crête pour passer." Selon le militant, ce projet qui devaient concerner plus d'une quarantaine de communes, aurait laissé "une cicatrice large de trente mètres".

Autre victoire pour les militants, celle d'avoir été écouté par le gouvernement. Pour Philippe Assens, porte-parole du collectif Non au Gazoduc MidCat, "le président Macron a repris les arguments du collectif, à savoir que ce n'est pas un projet pertinent du point de vue énergétique, et ce malgré la guerre en Ukraine. Pas pertinent d'un point de vue économique non plus, et qui porte atteinte à l'environnement et la biodiversité." Le porte-parole du collectif l'assure, les arguments avancés par Emmanuel Macron sont ceux qui collectif : "Il n'y a eu aucune étude d'impact, donc il reprend le travail que l'on a mené sur les Pyrénées-Orientales."

Afin d'aller plus loin et tenter de "convaincre désormais le gouvernement espagnol", le collectif Non au Gazoduc MidCat organise ce jeudi 8 septembre une conférence de presse avec la "Plateforma de Reposta al MidCat", qui fédère les associations catalanes, à la délégation de la Generalidad de Catalogne à Gerone.

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