Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
EN DIRECT - Paris : quatre personnes blessées à l'arme blanche, un suspect interpellé

Scandula va perdre son diplôme des espaces protégés

-
Par , France Bleu RCFM

Une distinction obtenue en 1985, et décernée par le Conseil de l’Europe, ne sera pas renouvelée, en septembre prochain. La faute à une fréquentation touristique trop forte et à ses impacts non-maîtrisés sur la biodiversité.

Des rochers de la réserve de Scandula
Des rochers de la réserve de Scandula © Radio France - Olivier Castel

La réserve naturelle de Scandula, étendue sur 1669 hectares, devrait bientôt perdre son diplôme européen des espaces protégés. Ainsi en a décidé, à l’unanimité, un groupe de spécialistes chargé de l’attribution de ce diplôme, lors d’une conférence virtuelle tenue les 18 et 19 mars derniers.

Cette reconnaissance a été obtenue en 1985 par la réserve, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Après plusieurs observations sur place, concernant la fréquentation des bateaux, qu’ils soient de tourisme ou de plaisance, et leur activité autour des lieux de reproduction des espèces, comme le balbuzard pêcheur, le constat est accablant.  

Malgré les nombreuses recommandations faites par le passé concernant la gestion des flux touristiques, et les conséquences chiffrées de ce tourisme sur la biodiversité du site, (selon le Muséum national d’Histoire naturelle, le nombre de poussins de balbuzard-pêcheurs à l’envol est passé de 50 en 2007 à moins de 10 en 2018), le manque de progrès quant à la gestion et le manque de communication aussi rendent impossible le renouvellement de ce diplôme.  

Le rapport de mars 2020 mentionne que "l'expert s'était de nouveau rendu dans la réserve en juillet 2019 et avait conclu qu'aucun progrès n'avait été réalisé et que la situation, en particulier l'augmentation de la pression touristique, empirait". 

En conclusion, _"l_e groupe de spécialistes a décidé à l'unanimité de ne pas renouveler le diplôme de la réserve naturelle de Scandola, en raison du manque considérable de progrès et des tentatives minimales de communication avec le secrétariat, et malgré plusieurs avertissements du groupe au cours des dernières années”. 

“C’est très triste, et en fait, on s’en doutait un petit peu”, déplore Muriel Segondy, pour l’association de défense de l’environnement le “GARDE”, qui suit le dossier depuis des années. “Il faut dire que jusqu'à présent (2019, ndlr), l’espace maritime de Scandola n’était pas géré par la Corse, mais par le continent (l'Etat, ndlr). La France a signé la convention de Berne, en 1979. Mais la France signe des conventions et ne donne pas les moyens. L’Europe a rappelé à l’ordre la France en lui demandant de faire le point sur cette convention, il n’y a pas eu de réponse”. 

L'Office de l'Environnement "surpris"

Parmi les différents rapports faisant état de problème de gestion dans la réserve, celui présenté devant le comité permanent de la Convention sur la préservation de la faune européenne et habitats naturel en décembre dernier est assez lourd de sens. Extrait : 

“La fréquentation incontrôlée de la Réserve par les visiteurs de tous bords et la forte pression sur le milieu sont inadmissibles et incompatibles avec les objectifs de la création de la Réserve naturelle de Scandola et avec les termes de référence du Diplôme européen. Les effets dommageables sur la nature du site, ses écosystèmes, les espèces de flore et de faune qui lui sont propres ont été mis en évidence dans plusieurs études [...]”.

Et Olivier Biber, expert suisse et rapporteur de Conseil de l'Europe, y précisait même qu'il était "indispensable de mettre en application au plus vite un règlement qui limite l’accès au site et qui permette de conserver les espèces de flore et de faune et les écosystèmes liés au site [...], seule et unique condition à poser pour le renouvellement du Diplôme". 

Contacté, le président de l'Office de l'Environnement de la Corse  s'est dit "surpris". "Cette décision est hors champ de ce que nous sommes en train de réaliser depuis l'an dernier. Je vais contacter les instances européennes", indique François Sargentini. Ce dernier précise que l'Office de l'Environnement travaille non-seulement au respect des écosystèmes par les touristes et les professionnels du secteur (une charte de bonne conduite avait été signée par l'association des bateliers en 2019, qui préconisait une distance de 250m entre les bateaux et les nids de balbuzards pêcheurs), ainsi qu'à l'extension de la réserve. Un vœu formulé depuis 2011 par les experts, et que les différents acteurs n'ont semble-t-il pas suivi dans les faits. 

De plus, les chiffres donnés concernant la fréquentation touristique et les populations animales dans la réserve sont contestés par François Sargentini, qui dit attendre "des chiffres vérifiés". Néanmoins, ce dernier prévoit la mise en place de comptages aux embarcadères des bateaux de découverte touristique. 

Le Parc Naturel Régional de Corse réagit

(Mise à jour du 21/04/2020 13h)  Le président du PNRC Jacques Costa n'avait pas répondu à nos sollicitations lors de la rédaction de cet article. Mais ce mardi, un communiqué de presse, co-signé des mains de Jacques Costa et de François Sargentini, a été diffusé : 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess