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Environnement
Dossier : Séisme du 11 novembre 2019 dans la Drôme et en Ardèche

Séisme : les centrales nucléaires de Cruas et Tricastin sont-elles assez résistantes ?

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Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

L'ampleur inédite du séisme qui s'est produit ce lundi en Vallée du Rhône suscite bien des questions sur la prise en compte du risque sismique dans la construction et le fonctionnement des centrales de Cruas et Tricastin. Elements de compréhension.

La centrale nucléaire de Cruas Meysse en Ardèche, février 2015
La centrale nucléaire de Cruas Meysse en Ardèche, février 2015 © Radio France - Stéphane Milhomme

Ardèche, France

Quelques secondes après le violent tremblement de terre de lundi, la question était dans bien des têtes dans la Drôme et en Ardèche : les centrales de Cruas et Tricastin avaient-elles résisté ? Il semble que oui. Des vérifications approfondies sont en cours à la centrale nucléaire de Cruas suite au déclenchement de l'un des cinq capteurs de sismicité. C'est la procédure et il n'y pas de risque à ce stade dit l'autorité de sûreté nucléaire qui précise que la secousse au niveau de la centrale de Cruas était cinq fois moins forte qu'à l'épicentre du tremblement de terre.

Un séisme plus fort que le séisme majoré de sécurité

Pas de risque immédiat donc mais l'inquiétude s'est installée. Car avec une magnitude de 5,4 sur l'échelle de Richter, le séisme de ce 11 novembre dépasse la valeur qui a servi de référence lors de la construction des centrales de Cruas et Tricastin qui était de 5,2 sur l'échelle de Richter. Les opposants au nucléaire ont évidemment réagi les premiers. "EDF minimise le risque sismique" commente la députée européenne drômoise Michèle Rivasi. D'autres ont suivi. Le député ardéchois LR Fabrice Brun a ainsi écrit au premier ministre ce mardi. "L'intensité du séisme de ce lundi 11 novembre commande à la plus grande prudence en matière de sûreté nucléaire et à une évaluation complète in situ par l'ASN".

Une marge de sécurité insuffisante ?

Ce qui a servi de base de calcul pour la construction des centrales, c'est le "séisme maximal historiquement vraisemblable" sur les mille dernières années. Ici, c'est celui de Châteauneuf-du-Rhône en 1873. Il était estimé à 4,7 sur l'échelle de Richter. Une marge de sécurité a été ajoutée pour aboutir à un "séisme majorité de sécurité" d'une magnitude de 5,2 sur l'échelle de Richter. 

Depuis la catastrophe de Fukushima, le niveau de résistance a été encore renforcé avec "le séisme de noyau dur" qui est 1,5 fois supérieur au séisme majoré de sécurité. Ces travaux ne sont pas terminés notamment pour la digue de Donzère-Mondragon qui protège la centrale du Tricastin. La date butoir d'achèvement de la mise aux normes est fixée à 2022. 

Que se serait-il passé si l'épicentre s'était trouvé sous l'une des centrales ?

L'épicentre du séisme de ce 11 novembre était situé à environ 15 kilomètres de la centrale de Cruas, environ 25 de Tricastin. S'il avait été sous l'une des centrales, y-aurait-il eu un risque ? Difficile de répondre de manière simple. Selon Caroline Coutout, chef de la division de Lyon de l'Autorité de Sûreté nucléaire, on ne peut pas se contenter d'utiliser la mesure de l'échelle de Richter, d'autres paramètres sont à prendre en considération notamment la profondeur du tremblement de terre qui conditionne la propagation des vibrations et les mouvements des sols. Par ailleurs, les capteurs de sismicité des centrales se déclenchent bien en amont d'un séisme majeur. Ensuite, la secousse provoquerait théoriquement l'arrêt automatique des réacteurs. 

Faut-il s'inquiéter pour l'avenir ?

Pour Bruno Chareyron, le directeur du laboratoire de la Criirad à Valence (commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité), il faut en tout cas "profiter de l'électro-choc du séisme de lundi pour être plus exigeant". Selon lui, "EDF ne garantit pas la résistance de l'ensemble de ses pièces. Plusieurs déclarations d'incidents à l'ASN en attestent." La Criirad réclame davantage de transparence de la part d'EDF. Et demande une réévaluation du risque sismique : "Les connaissances du passé ont évolué. On sait par exemple maintenant qu'à l'époque de la préhistoire, on a sans doute déjà atteint un séisme de magnitude 7 près de Cadarache !". A l'heure où il est envisagé de prolonger le fonctionnement des centrales au-delà de 40 ans, il est important de lever les doutes.

  - Visactu
© Visactu
Les centrales de Cruas, en Ardèche, et de Tricastin, dans la Drôme - Radio France
Les centrales de Cruas, en Ardèche, et de Tricastin, dans la Drôme © Radio France - Denis Souilla
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