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Six mois après la tempête Gloria, la rivière Le Tech a toujours des allures de décharge

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

En janvier dernier, la rivière en crue a déterré une ancienne décharge de Céret, éparpillant des centaines de tonnes de déchets sur plusieurs kilomètres. Six mois plus tard, les bords du Tech offrent toujours un spectacle de désolation. Le nouveau maire annonce des travaux d’urgence.

Six mois après la tempête Gloria, les rives du Tech ont toujours des allures de décharge à ciel ouvert
Six mois après la tempête Gloria, les rives du Tech ont toujours des allures de décharge à ciel ouvert © Radio France - Francois David

Le Tech : fleuve des Pyrénées-Orientales qui coule entre deux rives de plastique… Six mois après le passage de la tempête Gloria, le cours d’eau réputé pour être l’un des plus sauvages de France est toujours méconnaissable en aval de Céret. Sur une dizaine de kilomètres, les rives sont recouvertes de déchets en tous genres

Le 23 juin 2020, les pluies diluviennes ont fait déborder le fleuve, et les eaux tumultueuses sont venues ronger les rives à la sortie de la commune de Céret. Voilà comment une ancienne décharge totalement oubliée a refait surface et des centaines de tonnes de déchets ont été emportés par le courant.

Un travail de fourmi pour nettoyer

Face au désastre, des bénévoles multiplient les opérations de nettoyage depuis plusieurs mois. Armés de sacs- poubelles, ils ont nettoyé quelques secteurs parmi les plus touchés. Mais la tâche est immense, presque démesurée. Car les déchets –principalement du plastique et du textile- sont parfois ensablés ou enchevêtrés avec des branches et des souches. Et la végétation commence à reprendre ses droits, ce qui n’arrange rien.

« A perte de vue, le sol est recouvert de plastique », se désole Stéphane, membre de l’association "Bien Vivre en Vallespir" « On en retrouve jusqu’au Boulou, de manière très intense sur les deux ou trois premiers kilomètres. Quand on voit l’ampleur des dégâts, on peut parler de catastrophe écologique. Il faudra encore beaucoup de temps et d’énergie pour tout ramasser ». Surtout que la configuration du terrain ne permet pas aux machines d’intervenir : tout doit se faire à la main…

« En réalité, nous payons aujourd’hui les pots cassés, pour les mauvaises pratiques du passé », analyse Yolane, une riveraine du Tech qui dit avoir été « sous le choc » lorsqu’elle a découvert l’ampleur des dégâts après la crue. Très investie dans les opérations citoyennes de nettoyage, elle regrette que les pouvoirs publics n’aient encore entamé aucuns travaux. « Maintenant, il faut agir vite,  il faut que le Département en fasse une priorité. N’attendons pas qu’une nouvelle inondation se produise… »

Des travaux d’urgence « dès le mois d’octobre »

Récemment élu maire de Céret, Michel Coste annonce justement des travaux d’urgence dès le mois prochain. « La priorité absolue, c’est de consolider les rives du Tech, pour éviter que la décharge soit de nouveau mise à nue en cas de nouvelle crue. ». Des blocs de pierre de plusieurs tonnes seront disposés sur une trentaine de mètres. 

Enchevêtrement de bois et de plastiques sur les berges du Tech
Enchevêtrement de bois et de plastiques sur les berges du Tech © Radio France - Francois David

Selon le maire de Céret, il faudra ensuite lancer un chantier beaucoup plus coûteux et compliqué : le nettoyage complet du site de l'ancienne décharge.  D’après une étude, il resterait encore 10.000 tonnes de déchets sous terre, datant des années 60, 70 et 80.  « Nous allons les extraire à l’aide de moyens mécaniques. Ensuite, ces déchets seront traités sur place, les plastiques seront recyclés. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a aucun déchets dangereux ou toxiques, mais uniquement des déchets ménagers et organiques. Des études ont permis de le vérifier ». 

Qui va payer ?

Selon les premières projections, ces travaux d’élimination de l’ancienne décharge se chiffrent entre 1,2 et 1,8 millions d’euros. « Nous allons devoir trouver des financements, reconnait Michel Coste, mais d’ores et déjà la préfecture a promis de nous accompagner : ces travaux seront inscrits dans le cadre du plan de relance. »

Très technique, ce chantier nécessite de nombreuses études. Le temps de monter un cahier des charges, nommer un maître d’œuvre, trouver des entreprises : « nous espérons avoir terminé au plus tard au début de l’année 2022 ».  Parallèlement, la communauté de communes envisage de lancer un audit pour inventorier toutes les anciennes décharges « oubliées » sur son territoire. 

Concernant le ramassage des ordures éparpillées sur une dizaine de kilomètres en aval de Céret, aucun budget n’est prévu pour l’instant. Mais la mairie s’engage à organiser ou soutenir des opérations citoyennes. 

En aval de Céret, les arbres ont stoppé les plastiques dérivant sur le Tech en crue
En aval de Céret, les arbres ont stoppé les plastiques dérivant sur le Tech en crue © Radio France - Francois David
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