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Environnement
DOSSIER : Tempêtes de 1999, 20 ans après

Tempêtes de 1999 - 20 ans après, les forêts se rétablissent peu à peu

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Par , , France Bleu, France Bleu Paris

20 ans après les tempêtes de 1999, les forêts de France se sont régénérées mais la filière bois garde des cicatrices de cette catastrophe climatique hors normes.

Les 26, 27 et 28 décembre 1999 les tempêtes Lothar et Martin balaient la France, tuant 92 personnes et provoquant des dégâts considérables. Les forêts, qui couvrent un tiers du territoire français, sont durement touchées. Un million d'hectares sont endommagés, la moitié détruits à 50% ou plus. 12.000 forestiers sont mobilisés pour dégager et sécuriser les voies de circulation, évaluer les dégâts, enlever et stocker les bois et préparer la reconstitution des forêts.

Un traumatisme

"Je me souviens avoir téléphoné à des collègues, et l'un d'eux m'a répondu : je n'ai plus de forêt", raconte Franck Saintipoly, technicien territorial ONF basé à Armainvilliers (Seine-et-Marne), "sur cette parcelle d'environ 7 hectares, tous les arbres, des tilleuls, étaient étalés par terre, enchevêtrés ou les uns sur les autres, tout s'est renversé comme un château de cartes." Dans ce département francilien, 1.500 des 40.000 hectares de forêt sont dévastés. Plus d’1.5 million d’arbres sont broyés ou déracinés, l'équivalent de huit années de récolte.

"On ressent une forme de désolation (...) et puis on ne sait pas trop comment s'y prendre, comment on va gérer cette crise là -la quantité des bois, les dégâts occasionnés, le renouvellement du peuplement qui n'était pas prévu...- Nous sommes habitués à suivre une feuille de route avec des orientations pour la transformation de la forêt, pour son renouvellement, et un événement comme celui-là bouleverse complètement le programme."

Une économie bouleversée

Ces tempêtes sont un coup dur pour l'économie de la filière qui souffre toujours d'un manque à gagner car replanter nécessite des années de travaux : il a fallu estimer le volume de bois, trouver un moyen de l'exploiter, le faire évacuer, puis nettoyer et préparer les sols pour pouvoir replanter. "Entre le jour de la tempête et les premiers coups de pioches pour planter les arbres qu’on voit aujourd'hui, il s’est écoulé cinq ans" résume Franck Saintipoly. 

Entre 2000 et 2006, près de 260.000 euros ont été investis sur la seule forêt d’Armainvilliers, plus 4 millions d’euros pour l'ensemble des forêts du département. Au total, le déblaiement et la reconstitution des massifs, financés à 60% par l'État et à 40% par des fonds européens, ont coûté environ 500 millions d'euros pour la forêt publique.

Des forêts transformées

Lorsque les conditions le permettaient, la régénération naturelle a été privilégiée dans les forêts publiques. Mais en de nombreux endroits, la catastrophe a été l'occasion de revoir les plans de gestion, afin que les forêts résistent mieux aux prochaines tempêtes comme l'explique Franck Saintipoly : "Là on avait un taillis, des arbres qui poussent à plusieurs sur la même souche, qui offrent une grosse prise au vent, et qui sont donc plus sensibles en cas d'événements climatiques comme celui-là. Ce mode de gestion a été abandonné, entre autres pour ça." Dans la plupart des zones sinistrées de Seine-et-Marne, l'ONF a également choisi de remplacer les bouleaux et les tilleuls par des chênes. "On a constaté que les seules parcelles atteintes par la tempête étaient celles qui n'avaient pas de chênes, et par ailleurs c'est un bois qui, économiquement, a des débouchés multiples."

20 ans après, les espaces reconstitués sont toujours sous surveillance. "On peut espérer que les peuplements tels qu’on les travaille aujourd'hui seront un peu plus résistants. En 1999, on était sur un phénomène d’une violence exceptionnelle donc rien ne prouve qu’au prochain ouragan de cette intensité, on aura moins de dégâts, mais on essaie de faire le nécessaire." Restaurer complètement le patrimoine naturel prendra encore plusieurs décennies mais, pour ce professionnel, "c'est tout de même une belle satisfaction quand on se remémore l'état dans lequel c'était il y a 20 ans et que l'on voit l'état dans lequel c'est aujourd'hui."

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