Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Environnement

Démission de Nicolas Hulot : un an après, "ce sont les citoyens qui mettent la pression sur les politiques"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Il y a un an jour pour jour, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot annonçait sa démission et disait vouloir provoquer un "électrochoc". Aujourd'hui, pour le député Matthieu Orphelin, proche de l'ancien ministre, l’électrochoc a bien eu lieu, mais surtout dans la société civile.

Matthieu Orphelin avec Nicolas Hulot à Angers, en juin 2017.
Matthieu Orphelin avec Nicolas Hulot à Angers, en juin 2017. © Maxppp - Josselin CLAIR

Il y a un an jour pour jour, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot annonçait sa démission en direct sur France Inter, et disait vouloir provoquer un "électrochoc" sur la prise en compte des questions environnementales, aussi bien de la part des politiques que de la société civile. Aujourd'hui, pour le député ex-LREM Matthieu Orphelin, la prise de conscience a bien eu lieu, mais elle part de la société civile, et ce sont bien les citoyens qui poussent les politiques à agir. Interrogé par France Bleu, le député du Maine-et-Loire souhaite que le gouvernement aille plus loin sur ces questions.

L'électrochoc souhaité par Nicolas Hulot a-t-il eu lieu ? 

Matthieu Orphelin : Cet électrochoc, il a eu lieu plus dans la société civile que dans la classe politique pour l'instant. Cette année, il y a eu une vraie prise de conscience des citoyens, et le départ de Nicolas Hulot en a été l'un des éléments. On l'a vu avec les marches pour le climat, qui ont débuté en France quelques semaines après le départ de Nicolas Hulot. Il y a eu la pétition "L'affaire du siècle", où 2,3 millions citoyens ont attaqué l'État en justice pour inaction climatique, il y a les grèves pour le climat de la jeunesse, des lycéens, des étudiants. Cette prise de conscience très forte des citoyens est aussi alimentée par les rapports du Giec, les alertes de plus en plus fortes des scientifiques. Il y a partout une vraie prise de conscience, poussée par la jeunesse.

En politique, ça reste malheureusement plus compliqué. Bien sûr, les partis parlent de mieux en mieux d'écologie, c'est allé dans la bonne direction, mais certains ont encore du mal à adapter leur action à l'urgence climatique. La prise de conscience des politiques est en retard par rapport à la société. 

Le gouvernement en a-t-il fait assez depuis un an ?

MO : Le gouvernement met sur la table des projets de loi qui vont dans la bonne direction. Mais on est toujours à un rythme inférieur à ce qu'il faudrait. Malheureusement, si le gouvernement peine à convaincre de la sincérité et de la force de son action sur l'écologie, c'est aussi parce que souvent, il choisit des compromis a minima plutôt que des mesures réellement ambitieuses. Sur la loi énergie climat, on a voté de beaux objectifs, mais sur la rénovation énergétique, le compromis est en-dessous de ce que portait Emmanuel Macron pendant la campagne. Sur la loi mobilité, le gouvernement a mis en place un forfait mobilité durable, pour favoriser les salariés qui vont au travail en vélo ou en covoiturage, c'est très bien. Mais il n'a pas réussi à le rendre obligatoire dans les grandes entreprises. Tout ça donne l'impression d'une transition "à moitié". Je crois que le gouvernement aurait tout avantage à enfin voir la transition en grand, et à mettre le paquet avec des mesures radicalement innovantes et fortes.

Emmanuel Macron a pourtant imposé le sujet des feux en Amazonie au G7...

MO : Il y a une volonté très marquée du président de la République à l'international sur le climat et la biodiversité. Mais il reste un grand écart entre la volonté affichée du président à l'international et la réalité de ce que fait le gouvernement français sur les politiques nationales, où on est encore trop souvent victime des arbitrages budgétaires, de compromis imposés par la situation, ou par le poids d'un certain nombre de lobbies. Le gouvernement pourrait faire beaucoup plus, surtout que les citoyens sont fortement demandeurs. 

Il y a un certain nombre de textes de loi qui arrivent au parlement à la rentrée : celui sur l'économie circulaire, le projet de loi de finances... ils doivent permettre au gouvernement d'enfin avoir une action écologique d'ampleur, ça fait deux ans qu'on l'attend.  

Le fait qu'Emmanuel Macron s'oppose à l'accord entre l'UE et le Mercosur, c'est un tournant ?

MO : Le gouvernement avait du mal à entendre les alertes des ONG sur le Mercosur (ndlr : traité de libre-échange entre l'UE et certains pays d'Amérique du Sud), elles disaient qu'il y avait un vrai problème avec cet accord, notamment en raison de la déforestation encouragée par le président brésilien Bolsonaro. Il a fallu cette crise terrible en Amazonie pour que la France s'oppose au Mercosur. Mais maintenant, il faut là aussi continuer, repenser les accords de commerce, pour les rendre compatibles avec les grands enjeux du climat et de la biodiversité.

Nous sommes aussi partie prenante, d'une certaine façon, de la déforestation. Une bonne partie de la destruction des forêts est due aux plantations de soja, or nous importons beaucoup de soja pour nourrir les animaux d'élevage en France. Ça nécessiterait des actions plus vigoureuses du gouvernement, pour faire évoluer notre modèle de consommation, notre modèle agricole, notre modèle d’alimentation. 

Le rôle de l'opinion publique a-t-il changé depuis un an ?

MO : Sans doute que sur la crise en Amazonie, il n'y aurait pas eu la même mobilisation sans cette pression citoyenne, et moi c'est ça que je retiens de cette année : les citoyens se mobilisent enfin sur ces thèmes du climat, de la biodiversité, de l'écologie. Ce sont eux qui mettent la pression positive, mais exigeante sur les politiques. Ça c'est nouveau, et c'est très bien. On a toujours eu des ONG et des militants, mais aujourd'hui l'ensemble de la société se réveille.

On sent très clairement le rôle qu'a eu la jeunesse : les parents qui ont vu leurs enfants, les grands-parents qui ont vu les petits-enfants se mobiliser, ça créé vraiment une prise de conscience nouvelle dans la société. Chacun voit les gens autour de lui se poser plus de questions. Quelque chose est en train de se passer. On est au début d'un renouveau de l'espoir pour l'écologie et le climat, et c'est très bien.

Choix de la station

France Bleu