Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Une pétition anti-moustiques à Bordeaux : qu'est-il possible de faire contre ces insectes ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Une pétition intitulée "Monsieur Florian engagez vous à traiter les moustiques sur la ville de Bordeaux" est en ligne sur Change.org depuis mercredi 27 mai. Nous vous expliquons pourquoi les moustiques pullulent sur Bordeaux métropole en ce moment et ce qu'il est possible -ou non- de faire.

illustration moustique.
illustration moustique. © Maxppp - Aurelien Morissard

Depuis le mois de mai, les moustiques sont de retour en Gironde. De quoi faire réagir Virginie de Kerkhor, qui a lancé mercredi 27 mai une pétition sur Change.org intitulée : "Monsieur Florian engagez vous à traiter les moustiques sur la ville de Bordeaux". Cet agent immobilier originaire de Caudéran explique en quelques lignes : "Les moustiques pullulent à Bordeaux et font de la vie des Bordelais un enfer ! Le moustique est un vecteur de maladies graves !!!! Notre ville construite sur des marécages est un terrain idéal pour leur prolifération. Monsieur le Maire, engagez-vous à éradiquer ce problème !" 

Par téléphone, Virginie de Kerkhor décrit ce qu'elle considère comme un fléau depuis trois ans : "Je le constate à titre personnel parce qu'à partir de 16h, on ne peut plus se mettre dans son jardin et en profiter, mais je le constate aussi à titre professionnel. En tant qu'agent immobilier, je me rends dans tous les quartiers bordelais, que ce soit les Chartrons, le Bouscat, Caudéran ou encore à Mérignac et les gens en ont ras-le-bol." 

"Il faudrait une concertation globale entre les citoyens et Bordeaux métropole"

Au-delà de la simple colère, cette Bordelaise espère que sa pétition va provoquer un débat public : "Je me fiche de savoir qui est responsable, je cherche juste à attirer l'attention des pouvoirs publics et notamment le maire de Bordeaux car il est garant de notre cadre de vie et surtout des conditions sanitaires. Or, nous savons que Bordeaux est construite sur des marécages, où les moustiques prolifèrent. Des moustiques qui peuvent être porteurs de maladie" ajoute Virginie de Kerkhor qui mentionne également les moustiques tigre. 

"Aujourd'hui il y a des contraintes écologiques qui empêchent des traitements type pulvérisations à grande échelle. Mais ce que je pense c'est qu'il faudrait une concertation globale entre les citoyens et Bordeaux métropole pour qu'ils nous expliquent quels moyens ils mettent en oeuvre, des moyens qui sont clairement insuffisants, et donc ce qu'ils peuvent faire de plus pour améliorer la vie des habitants de la Cub" expose fermement l'agent immobilier. 

Une compétence de Bordeaux Métropole depuis le 1er janvier 2020

Jusqu'au 31 décembre 2019, la démoustication était une compétence qui relevait du département et qui était gérée en Gironde par l'Etablissement Interdépartemental pour la Démoustication du Littoral Atlantique, un organisme dissout à la fin de l'année. Depuis le 1er janvier 2020, Bordeaux métropole a donc intégré ce rôle à son porte-feuille. Dans la foulée, une convention a été signée par 27 des 28 communes de la métropole, seule la ville de Saint-Médard-en-Jalles n'a pas joint cette convention.

Un service de démoustication a été mis en place composé de 11 personnes, dont neuf qui vont quotidiennement sur le terrain. Christophe Courtin s'occupe notamment d'analyser les zones humides de la Cub afin de cartographier les lieux où sont présents les moustiques. Pas moins de 16 espèces de moustiques vivent sur la métropole, "chacun avec sa carte d'identité en quelques sorte, ils peuvent se déplacer d'une centaine de mètres jusqu'à plusieurs kilomètres suivant l'espèce" explique le chargé d'études.

Le traitement contre les moustiques adultes interdit

Christophe Courtin coupe toute de suite court au fantasme d'une pulvérisation "par hélicoptère comme cela a pu être fait au dessus de New-York". La législation l'interdit aujourd'hui (article 120 de la réglementation sanitaire départementale), sauf cas sanitaire recensé par l'ARS comme la présence de cas de dengue ou de chikungunya par exemple. "Parce que les produits que l'on utilisait sur les moustiques adultes sont fortement impactant sur les insectes pollinisateurs comme l'abeille que l'on doit au contraire protéger. Et puis ce serait une réponse ponctuelle, cela ne réglerait pas le problème de fond" explique Christophe Courtin, notamment en raison de la migration des moustiques. 

Aujourd'hui, les agents de la métropole traitent de manière préventive les larves avec un produit biologique. Le Bacillus thuringiensis, à base de bactéries, est un agent sélectif et va donc cibler les larves de moustiques. 

Christophe Courtin reconnaît néanmoins une année compliquée en raison du confinement pendant lequel le service a fonctionné à moitié régime couplé à un phénomène météorologique exceptionnel : "En 15 jours, il est tombé 150 ml d'eau, ce qui a eu pour effet de remettre en eau toutes les zones humides et marais qui ont produit énormément de moustiques. En parallèle, le mois de mai est la période où le moustique tigre va émerger avec la chaleur." Depuis le 2 mai, le moustique tigre a été aperçu très localement dans plusieurs zones de la métropole. C'est pourquoi l'intégralité des agents est aujourd'hui sur le terrain, avec un immense territoire à couvrir. Mais le chargé d'études se veut optimiste : "C'est un phénomène météorologique que l'on ne voit que tous les dix ans et le moustique a une durée de vie d'un mois donc d'ici 15 jours, la situation devrait s'améliorer.

Sensibilisation auprès des particuliers

Le service de démoustication peut être alerté par les différents services municipaux de cas préoccupants de moustiques sur telle ou telle partie du territoire et intervenir dans ces cas-là. Mais le service se concentre majoritairement sur les zones problématiques comme les zones humides nombreuses sur Bordeaux métropole. Il est en revanche très rare que le service intervienne chez des particuliers. 

"Lorsque nous avons le temps, en parallèle des interventions préventives, nous menons des actions de sensibilisation auprès des particuliers pour leur expliquer les bons gestes " explique Christophe Courtin. Cela commence par couvrir hermétiquement les récupérateurs d'eau de pluie une fois l'averse passée. De même, il ne faut pas laisser traîner de récipient avec de l'eau stagnante (coupelle sous les pots de fleur, arrosoir, etc.) Si l'on possède une étendue d'eau, comme un bassin ou une mare, les poissons sont des prédateurs naturels pour les larves de moustiques. Ces bonnes pratiques sont résumées sur le site de la mairie de Bordeaux.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu