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VIDÉO - Le robot "Nessie" drague la Rance : est-ce vraiment utile ?

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Par , France Bleu Armorique

Depuis ce lundi 1er mars, EDF et l'entreprise Watertracks testent un nouveau procédé pour désenvaser l'estuaire de la Rance. Un robot dragueur plonge dans le fleuve pour extraire la vase, mais un collectif de citoyens doute de son efficacité.

Le robot Nessie doit déplacer 3.000 m3 de sédiments dans la Rance.
Le robot Nessie doit déplacer 3.000 m3 de sédiments dans la Rance. © Radio France - Benjamin Fontaine

Son petit nom évoque d'abord un lac mystérieux en Ecosse mais c'est bien dans un fleuve breton que "Nessie" plonge depuis le début de la semaine. Ce drôle de robot qui mesure sept mètres de long, cinq de large et pèse quinze tonnes, a pour mission de draguer la Rance et d'en extraire 3.000 m3 de sédiments.

Créé par la jeune entreprise montpellieraine Watertracks, "Nessie" va naviguer toute la semaine entre les moulins de Rochefort et le moulin du Prat, au niveau de La-Vicomté-sur-Rance dans les Côtes-d'Armor. Un endroit où les sédiments s'agglomèrent mais qui, d'après les relevés effectués, ne nécessiterait pas de désenvasement.

Une opération test à 150.000 euros

"Nous effectuons un curage préventif sur cette partie de la Rance car c'est un chenal de navigation," explique Stéphane Choley, directeur du centre d'exploitation Rance Energies pour EDF, chargé du nettoyage de la Rance. "Cette opération est aussi l'occasion d'un test pour le robot. Les sédiments vont être refoulés grâce au courant créé par la marée pour être emmenés vers le barrage puis évacués," ajoute Stéphane Choley.

A l'aide de son "cutter" le robot découpe puis aspire la vase, rejetée plusieurs dizaines de mètres plus loin. "Il faut imaginer de la mozzarella qui va être découpée puis mélangée à l'eau. Le robot peut plonger jusqu'à 300 mètres de profondeur pour aller la chercher, il est le seul à faire ça," confie Raphaël Gaillard, l'un des créateurs de "Nessie". 

Le robot est piloté depuis une cabine sur la terre ferme.
Le robot est piloté depuis une cabine sur la terre ferme. © Radio France - Benjamin Fontaine

Le robot peut traiter jusqu'à 150 tonnes de matière sèche en une heure. Habitué à travailler dans les lacs de montagne, il doit s'adapter à son milieu. "Pour nous, c'est tout nouveau de travailler avec la marée, le robot ne peut donc fonctionner que par tranches de cinq heures." Mais depuis le début de la semaines, "Nessie" n'a pas encore pu montrer l'étendue de ses talents. Quelques réglages techniques ont retardé sa mise en route. L'opération, chiffrée aux alentours de 150.000 euros, pourrait donc être prolongée jusqu'à dimanche.

Si le test s'avère concluant, "Nessie" pourrait trouver refuge dans la Rance et être régulièrement utilisé pour effectuer des dragages sur des zones ciblées. Mais tout le monde ne voit pas ces opérations d'un bon œil. Xavier Châtelet a fondé le collectif "Les envasés" pour sensibiliser la population à l'envasement de la Rance et demander à l'Etat de tenir ses promesses.

Une action criminelle.

"Nessie est un beau jouet mais la vase va aller se déposer sur des sites en aval déjà très envasés. C'est une action criminelle qui ne sert qu'à montrer aux élus et à la population qu'on mène une petite action," s'agace Xavier Châtelet. "3.000 m3, c'est peu compte tenu du volume qui devait être extrait dans le plan de gestion des sédiments décidé par le gouvernement précédent. Nous demandons un vrai plan de désenvasement massif car la biodiversité de la Rance est en danger."

Cet habitant de Plouër-sur-Rance s'alarme face au risque de voir des polders se créer dans la Rance. "Elle va devenir beaucoup moins maritime. Dans l'anse de la moinerie, il n'y a plus de chenal de navigation."

La semaine prochaine à La-Richardais

Des arguments réfutés par Stéphane Choley : "Les relevés ont montré qu'il n'y avait pas de dragage particulier à réaliser cette année. Par ailleurs, nous respectons le cadre établi par la loi en refoulant les sédiments. Nous n'avons pas d'autre obligation légale si nous traitons moins de 5.000 m3."

"Nessie" n'en a pas fini avec la Rance. La semaine prochaine, il sera immergé au barrage de la Richardais pour une nouvelle expérimentation.

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