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Environnement

VIDÉOS - Ce qui a changé depuis le naufrage de l'Erika

Il y a 20 ans, l'Erika, pétrolier maltais affrété par Total, se brise en deux au sud du Finistère. À son bord 30.000 tonnes de fioul lourd. C'est l'une des pires marées noires en France. Depuis la catastrophe, les réglementations dans la sécurité maritime ont été renforcées.

Un militaire porte un sac rempli de pétrole de l'Erika sur l'île de Groix (56) en décembre 1999
Un militaire porte un sac rempli de pétrole de l'Erika sur l'île de Groix (56) en décembre 1999 © Maxppp - Maxppp

Le 11 décembre 1999, l'Erika, parti de Dunkerque pour rejoindre la Sicile, fait naufrage au large du Finistère. Les conditions météo sont très mauvaises. Les 26 membres d'équipage, tous Indiens, sont hélitreuillés et sauvés alors que les deux parties du pétrolier coulent par 120 m de fond.

Le bateau est vieux. Il a 25 ans. Il a changé huit fois d'armateur et de nom, trois fois de pavillon, trois fois de société de classification et quatre fois de gestionnaire nautique.

Le naufrage du pétrolier, "complètement rouillé de l'intérieur", selon le Bureau enquêtes-accidents mer (BEA-Mer), souille 400 kilomètres de littoral. Un audit chiffre les préjudices à près d'un milliard d'euros.

L'Erika coule au large de la Bretagne le 12 décembre 1999 - Reuters
L'Erika coule au large de la Bretagne le 12 décembre 1999 © Reuters - Yannick Le Gall

"L'Union Européenne a fixé des règles drastiques"

Ce naufrage, puis celui du Prestige en 2002, ont amené la France, et l’Union européenne, à renforcer la sécurité et la prévention via trois paquets législatifs "Erika" au niveau européen : l’interdiction des pétroliers à simple coque, la création d’une agence européenne de sécurité maritime ou encore le renforcement du contrôle des navires étrangers dans les ports européens.
Ces mesures européennes ont eu des effets sur la flotte mondiale. "L'ensemble de la réglementation de la prévention des accidents en terme de sécurité maritime a été considérablement renforcé" explique Thierry Coquil, directeur des affaires maritimes au Ministère de la transition écologique et solidaire. "L'Union Européenne a fixé des règles drastiques" poursuit-il. 

Depuis l'Erika, les réglementations sur le transport maritime ont été renforcées. Thierry Coquil, directeur des Affaires Maritimes.

Plus de 1000 navires étrangers sont inspectés

Au niveau national, la politique de sécurité des navires a aussi été renforcée, avec notamment des moyens de contrôle supplémentaires dans nos ports. Le nombre d’inspecteurs de sécurité des navires a quasiment été doublé dans les années après le naufrage.  Ces dernières années, la politique de sécurité des navires s’est ouverte à de nouvelles dimensions. Il s’agit de répondre aux défis environnementaux, technologiques, de sûreté, ou encore de prendre davantage en compte le facteur humain dans la sécurité.

Aujourd'hui, près de 11 000 navires français sont contrôlés tous les ans. Plus de 1000 navires étrangers sont inspectés dans les ports français chaque année.

La catastrophe de l'Erika aura aussi permis d'inscrire le "préjudice écologique" dans le code civil, qui reprend le principe du "pollueur-payeur".

Les moyens pour lutter contre la pollution en mer se sont affinés. Les scientifiques ont approfondi leurs connaissances sur les pollutions en mer. C'est le cas au Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), créé à Brest en 1979 un an après le naufrage de l'Amoco Cadiz. 

Aujourd'hui, les pollutions sont aussi traquées par satellite. La société CLS basée à Brest peut, grâce aux satellites qui surveillent l'espace maritime de l'union européenne, fournir une photo de la pollution en trente minutes à l'Agence de sécurité maritime européenne. En 10 ans, 6.300 nappes ont été découvertes. Elles peuvent mesurer plusieurs kilomètres. 

"Le risque est toujours présent"

Malgré une réglementation drastique, le risque d’accident maritime reste présent. Le nombre de naufrages (ou pertes totales) de navires dans le monde a baissé de 65 % au cours de la dernière décennie, atteignant son niveau le plus bas en 2018. En parallèle, le nombre d’accidents maritimes est stable depuis dix ans.

Malgré tout, un nouvel accident type Erika "ça peut bien sûr se reproduire" déplore Thierry Coquil, directeur des Affaires Maritimes. La sécurité maritime se renforce, mais en même temps le trafic maritime augmente, et les niveaux d'exigences ne sont pas les mêmes partout".  

20 ans de l'Erika : "le risque est toujours présent" selon Thierry Coquil, directeur des affaires maritimes

La fréquence des pollutions maritimes accidentelles aux hydrocarbures a diminué.  Les grandes marées noires ont également diminué : elles sont passées à deux par an dans les années 2010 (elles étaient à plus de 25 par an dans les années 1970).  Ainsi, sur les 5,7 millions de tonnes d’hydrocarbures déversées depuis 1970 dans le monde : 56 % l'ont été de 1970 à 1979 ; 20 % de 1980 à 1989 ; 20 % de 1990 à 1999 ; 3 % de 2000 à 2009 ; 1% de 2010 à 2016. 

De plus, le nombre de navires en infraction a connu une forte chute pendant les années 2000 et se maintient depuis 2009 à un bas niveau.

Aujourd’hui, la France continue à agir à l’échelle mondiale pour faire évoluer la réglementation, en particulier auprès de l’Organisation maritime internationale. Il s’agit de faire face aux nouveaux enjeux de la sécurité : gigantisme des navires, lutte contre les incendies à bord, transport de matières dangereuses... 

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