Vosges du Nord : deux lynx nés ce printemps, une première depuis plus de 300 ans
Une femelle lynx relâchée en Allemagne a donné naissance au printemps à une portée de deux petits chatons, dans les Vosges du Nord. C'est la première reproduction dans le massif depuis la disparition de l'espèce il y a plus de 300 ans.

C'est un carnet rose historique : pour la première fois depuis plus de 300 ans, des lynx sont nés dans le massif des Vosges. L'Office français de la biodiversité (OFB) confirme la nouvelle ce vendredi 06 août. "C'est un symbole fort de reconquête qui enchante et honore tous ceux qui s'impliquent pour la préservation de la biodiversité dans la région Grand Est", estime l'agence.
Une femelle relâchée en Allemagne l'an dernier
Cette grande nouvelle pour le massif a pour origine un lâcher en Allemagne d'une femelle lynx boréal, Lycka, dans le cadre du programme européen LIFE de réintroduction. Originaire de Suisse, la femelle est née en 2011 et a vécu dans le canton de Neuchâtel jusqu'à son transfert dans la forêt du Palatinat. Elle a ensuite traversé la frontière en mars 2020 et s'est établie dans une forêt des Vosges du Nord afin de mettre bas. Les agents de l'OFB ont identifié début juin deux petits lynx agés d'environ trois semaines.
"Cela représente un espoir énorme et puis cela montre aussi que la massif a tout pour accueillir du lynx", estime Stéphane Giraud, directeur de l'association Alsace Nature. "Le potentiel de développement de l'espèce est là, mais il manque la volonté politique", estime le militant.
Loin d'être suffisant pour pérenniser l'espèce
Car aujourd'hui, au sud de Saverne, on ne dénombre que trois à quatre lynx, "uniquement des mâles, donc il est urgent de lâcher des femelles". Selon lui, "le massif peut accueillir au moins une trentaine de lynx".
Au total, selon le réseau loup-lynx, à peine une dizaine de lynx sont recensés sur l'ensemble du massif, "Lycka étant la seule femelle connue" précise l'OFB.
Depuis janvier 2015, 12 femelles et 8 mâles lynx, provenant de Suisse et de Slovaquie, ont été relâchés dans la réserve de biosphère transfrontalière Vosges-du-Nord-Pfälzerwald. Mais plusieurs animaux ont depuis disparu, en raison de collisions avec des véhicules ou d'abattage illégaux.