Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

100.000 euros d'amende requis contre une entreprise après la mort d'un cordiste à Nîmes

-
Par , France Bleu Gard Lozère, France Bleu Hérault

Les entreprises Eiffage Construction et Sud Acrobatic comparaissaient ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour homicide involontaire après la chute mortelle d'un cordiste le 6 mars 2018. La procureure de la République a pointé les négligences des deux entreprises.

Salle d'audience au tribunal correctionnel de Nîmes (Gard), le 17 janvier 2020.
Salle d'audience au tribunal correctionnel de Nîmes (Gard), le 17 janvier 2020. © Radio France - Sylvie Duchesne

A la barre, le patron de Sud Acrobatic, les épaules voûtées, martèle : "Les vérifications, on les fait tous les jours, même plusieurs fois par jour." Ce vendredi, il comparait au tribunal correctionnel de Nîmes, aux côtés de l'entreprise Eiffage, pour homicide involontaire, après la chute mortelle d'un cordiste, le 6 mars 2018, sur l'un de leurs chantiers. Ce jour-là, en début d'après-midi, l'ouvrier, un homme de 38 ans, qui résidait près de Nîmes, travaille sur la pose de balcons en métal, sur la façade d'un immeuble, boulevard Natoire. Alors qu'il se déplace sur la paroi, le cordiste tombe de douze mètres de haut.

"Mais cette corde, utilisée par la victime, embraye le président du tribunal, elle était bien coupée. Donc vous n'avez pas vérifié." Le prévenu s'agace : "Je n'étais pas sur le chantier ! C'est la responsabilité des ouvriers !" Un soupire parcourt l'assemblée. Derrière le prévenu, la famille de la victime et ses collègues, ne peuvent pas entendre ça : le cordiste n'est pas fautif. Même s'il a roulé une cigarette juste avant sa chute, même s'il a pu faire preuve d'inattention, c'était un ouvrier sérieux, et expérimenté. Ce sont les entreprises, qui ont organisé et supervisé le chantier, qui sont responsables : Eiffage Construction, le donneur d'ordre, et Sud Acrobatic, entreprise basée dans l'Hérault, l'un des sous-traitants. 

"Mais cette corde, utilisée par la victime, embraye le président du tribunal, elle était bien coupée. Donc vous n'avez pas vérifié." Le prévenu s'agace : "Je n'étais pas sur le chantier ! C'est la responsabilité des ouvriers !"

Pour l'inspecteur du travail, l'accident est le "fruit d'une volonté d'aller toujours plus vite dans le chantier", qui a joué sur la lucidité des décisions prises. Il remet également en cause la méthodologie choisie : recourir à des cordistes était-elle la meilleure solution ? Des échafauds ou des nacelles auraient-ils pu êtres utilisés ? Selon lui, aucune preuve ne justifiait de recourir à des cordistes. Le gérant d'Eiffage Construction, qui passe à son tour devant les juges, assure que la complexité du chantier ne laissait aucune autre possibilité.

Malgré les zones d'ombre qui persistent dans le dossier et qui ont été pointées par les deux parties, la procureure de la République juge que les prévenus ont "incontestablement failli à leurs obligations de sécurité". Ils ont monté un chantier jugé "approximatif", avec des failles de sécurité et des négligences administratives. La preuve avec ce que le président qualifie lui-même de "mystère" : comment cette corde a-t-elle pu se retrouver coupée ? "Ça, je ne me l'explique pas", répond, penaud, le gérant de Sud Acrobatic. 

100.000 euros d'amende contre Eiffage et 10.000 euros contre Sud Acrobatic requis

"On ne peut pas considérer que c'est un défaut de contrôle qui a provoqué l'accident, mais peut-être et malheureusement une erreur individuelle, défend Florian Medico, avocat de l'entreprise. de Sud Acrobatic. Mon client se demande encore pourquoi l'ouvrier a saisi une corde trop courte alors même qu'il devait être assuré par une autre corde comme le veut l'usage et la réglementation de la profession." Pour Grégory Molina, représentant de l'association cordiste en colère, partie civile dans ce procès, c'est inadmissible de remettre la faute sur la victime : " Ce qui nous choque c'est qu'il n'y a pas de remise en question des pratiques dans l'entreprise, s'alarme Grégory Molina. Ça met en lumière qu'il faut vraiment un travail de fond de prévention." L'association recense 26 décès de cordistes sur les chantiers français depuis 2006.

La procureure de la République juge les deux entreprises coupables d'homicide involontaire et requiert 100.000 euros d'amende à l'encontre d'Eiffage et 10.000 euros à l'encontre de Sud Acrobatic. Le délibéré devrait être rendu d'ici un mois.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess