Faits divers – Justice

12 ans de prison pour le chauffard qui avait tué 2 policiers parisiens

Par Nicolas Olivier, France Bleu Paris Région et France Bleu mercredi 30 novembre 2016 à 18:33

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Illustration © Radio France -

La cour d'assises de Paris a condamné mercredi le jeune homme responsable de la mort de deux policiers en février 2013 sur le boulevard périphérique parisien. Ce chauffard multirécidiviste écope de 12 ans de réclusion criminelle.

L'avocat général avait requis 17 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté des deux tiers. Les jurés ont finalement tranché pour une peine de 12 ans. La cour d'assises de Paris a condamné ce mercredi Malaminne Traoré, 25 ans, pour "violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Le jeune homme avait percuté à vive allure une voiture de police le 21 février 2013 au matin, peu après la porte de la Chapelle sur le périphérique intérieur. Un choc terrible, à 152km/h, qui avait tué sur le coup deux fonctionnaires de la BAC et blessé grièvement un de leurs collègues.

Ivre et sans permis

L'accident s'était produit vers 6h du matin alors que les forces de l'ordre avaient engagé une course poursuite pour tenter de stopper un 4x4. A l'intérieur du véhicule, Malaminne Traoré et un ami sont ivres après une nuit en discothèque. Le conducteur n'est plus titulaire du permis de conduire, et pour cause : il a déjà été condamné à dix reprises dont sept fois pour des délits routiers. Pris en chasse au niveau de la porte Maillot, il parcourt plusieurs kilomètres à pleine vitesse et évite deux premiers véhicules de police avant de foncer sur le troisième. Aucune trace de freinage ne sera relevée, ce qui avait emmené les enquêteurs à s'interroger sur une éventuelle intention de tuer. L'accusé était d'ailleurs initialement poursuivi pour "meurtres aggravés", un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Mais les juges avaient estimé que l'intentionnalité aurait été difficile à démontrer lors de l'audience.

Le drame avait bouleversé les policiers, qui avaient notamment participé à une marche blanche un an après les faits. Manuel Valls, ministre de l'Intérieur à l'époque, avait réclamé une "justice impitoyable". Dans son réquisitoire, l'avocat général Julien Eyraud a parlé de "faits gravissimes" et dépeint une personnalité "qui n'a pas accès à la culpabilité". Le représentant du ministère public a justifié la lourdeur de ses réquisitions par le fait que "les victimes sont des policiers, qui sont là pour nous protéger".

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