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CARTE - Canicule : neuf départements maintenus en vigilance rouge, 53 en orange

Douze mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité requis contre le maire de Gaillac

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Par , France Bleu Occitanie

Patrice Gausserand, le maire réélu de Gaillac (Tarn), était jugé ce jeudi pour prise illégale d’intérêts. Il est accusé d’avoir fait pression pour acquérir un restaurant. Le procureur de la République a demandé un an de prison avec sursis, 10 ans d’inéligibilité et 20.000 euros d’amende.

Le maire de Gaillac sera fixé sur son sort le 17 septembre prochain
Le maire de Gaillac sera fixé sur son sort le 17 septembre prochain - @mairie de Gaillac

Une audience très politique ce jeudi 2 juillet au tribunal correctionnel d’Albi. Le maire de Gaillac, Patrice Gausserand, qui vient tout juste d’être réélu pour un deuxième mandat, était jugé pour prise illégal d’intérêt et corruption passive. Au cœur du procès, le bail d’un restaurant: la Bodéga. 

En mai 2017, le gérant de ce restaurant reçoit le nouveau propriétaire des lieux et le maire. Les deux hommes sont associés et veulent créer à la place du restaurant une boutique de vins de Gaillac. Alors, pendant une heure de discussion, ce jour-là, les deux hommes expliquent au restaurateur qu’il doit quitter les lieux. Que s’il ne part pas, il y aura un procès parce que son bail n’est pas légal. Une conversation d’une heure qui a été enregistrée et qui a été donc disséquée ce jeudi devant le tribunal. 

Maladresses

Le maire de Gaillac explique longuement à la barre qu’il était là ce jour-là pour "apaiser. Pour tenter d’éviter un procès."  Et il reconnait aussi avoir été "maladroit" quand il dit qu’il peut "fermer en trois jours l’établissement." Et que les cinq lettres de mises en demeure envoyées par ses services en juin, non rien à voir avec la conversation.  Le president du tribunal tente alors de comprendre si Patrice Gausserand n'est pas gêné par le mélange des genre : sa fonction de maire et le fait d'être salarié d'une entreprise "Le comptoir des bastides" qui investit dans la commune. " Alors dit-moi quelle profession peut faire un maire ?" lui demande l'édile.

La partie-civile elle revient sur le préjudice du patron de la Bodega. Elle parle de "violences", de "menaces" et d’un restaurateur qui avait un très bel établissement et qui est aujourd’hui à la tête d’un "minuscule kebab". Et évidemment l’avocat charge le premier élu de la ville. _"Ce sont des pratiques d’un autre temps. Le maire est rémunéré, il est le seul salarié de celui qui fait des acquisitions immobilières dans la commune."  _Hors du tribunal, les avocats utilisent même le terme de pratiques mafieuses.   

Détournement d’un mandat public  

Une audience marquée en tout cas par la très grande tension entre le maire de Gaillac et le parquet. Le président est même obligé de faire la police. "On va se calmer. Non, M. le procureur, on ne vous a pas manqué de respect".  Le ton monte à plusieurs reprises. Mais le parquet enfonce surtout le clou dans ses réquisitions. Pour lui, la conversation enregistrée est "hallucinante, un morceau d’anthologie, de vulgarité" et elle est la preuve que Patrice Gausserand "s’affranchit de toutes les règles, qu'il est sans aucune limite, sans aucune probité." Le procureur parle de son "inquiétude pour la démocratie" et "de détournement d’un mandat public". 

Logiquement, il demande donc 10 ans d’inéligibilité. Un coup de massue pour la défense qui parle "d’intentions politiciennes" "de réquisitions irréelles" d'un parquet manipulé notamment par l’ancienne municipalité. Et par la presse aussi :  "Dès qu’un homme politique est mis en cause par un journaliste, le parquet ouvre une enquête et suit les Médiapart de province" conclut Maître De Caunes. 

Le décision du tribunal est attendue pour le 17 septembre. 

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