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Faits divers – Justice

Douze mois de prison avec sursis requis contre le patron drômois Patrice Péricard

jeudi 5 avril 2018 à 21:47 Par Elodie Vergelati, France Bleu Drôme Ardèche

Patrice Péricard, PDG du groupe de transport Bert et de la compagnie de spectacle qui porte son nom, comparaissait ce jeudi après-midi au TGI de Valence pour homicide involontaire et travail dissimulé. En 2011, un technicien, non déclaré, était mort dans l'accident d'un camion de la troupe.

Patrice Péricard comparaissait ce jeudi devant le TGI de Valence suite à l'accident mortel provoqué par le conducteur d'un camion de sa société de spectacle en 2011.
Patrice Péricard comparaissait ce jeudi devant le TGI de Valence suite à l'accident mortel provoqué par le conducteur d'un camion de sa société de spectacle en 2011. © Radio France - Elodie Vergelati

Valence, France

Un costume foncé, classique, les épaules rentrées, rien d'ostentatoire chez Patrice Péricard à la barre... Le patron drômois du groupe de transport Bert, qui emploie 1200 salariés, et fondateur de la compagnie de spectacle qui porte son nom, comparaissait ce jeudi après-midi au Tribunal de Grande Instance de Valence. Pour une affaire qui remonte à 2011. Le procureur de la République a requis 12 mois de prison avec sursis, 15.000 euros d'amende et 6 mois de suspension de permis contre Patrice Péricard. 

Un convoi de la mort aux multiples irrégularités

Dans la nuit du 17 au 18 novembre 2011, un camion de la compagnie Péricard roule sur une autoroute de Moselle, dans l'Est de la France, où un concert doit avoir lieu. Au volant, un conducteur employé au noir et qui n'a pas respecté le temps de repos réglementaire. A l'arrière du camion, quatre employés, tous endormis sur des couchettes. Le chauffeur s'endort une fraction de seconde. Suffisant pour que le camion fasse une embardée. Un employé, pas déclaré non plus, tombe de sa couchette. Une chute mortelle pour ce technicien de 53 ans. Il travaillait de temps en temps pour Patrice Péricard, il prenait des photos et des vidéos des représentations.

Comment un patron aussi puissant a-t-il pu laisser rouler un tel convoi ? le procureur de la République

"Dans le monde du spectacle, on se dépanne souvent comme ça", explique le PDG drômois, interrogé par le tribunal sur ce travail dissimulé. Une attitude qui tranche avec l'esprit de sérieux dont Patrice Péricard fait preuve dans la gestion du groupe Bert. Un contraste dont s'étonne d'ailleurs le procureur de la République. "Comment un patron aussi puissant a-t-il pu laisser rouler un tel convoi", demande-t-il à l'audience. Un comportement "borderline, irresponsable et fautif", commente de son côté l'avocat des parties civiles.

Au coeur du procès, des couchettes non homologuées

L'autre irrégularité concerne les couchettes du camion. Elles ont été construites par des salariés et par Patrice Péricard lui-même. "Visiblement à l'emporte-pièce", tacle le parquet. Ces couchettes ne sont pas homologuées, ce n'est pas interdit. Ce qui l'est, en revanche, c'est de les utiliser quand le véhicule roule. "Vous auriez dû en informer vos salariés par écrit", lance le procureur de la République, qui a par ailleurs requis 3 mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende contre le conducteur. "Les salariés avaient été informés oralement, une trace écrite n'est pas obligatoire", rétorque l'avocat de de la défense, Me Serge Almodovar. 

Entre l'esprit de sérieux et la vie de bohème, le tribunal tranchera le 30 avril. 

Précision de Me Almodovar

Par un courrier reçu ce 10 avril, l'avocat de Patrice Péricard, Me Serge Almodovar, souhaite exercer un droit de réponse à cet article :

Patrice Péricard, par la voix de son avocat tient à apporter cette précision - Radio France
Patrice Péricard, par la voix de son avocat tient à apporter cette précision © Radio France - Xavier Demagny